
La mouette va schématique,
De son aile brève synthétique,
Volant apathique…
Blanche l’aigrette squelettique.
Et la rameur rame.
(Jorge Guillén)
Publié par arbrealettres le 26 octobre 2011

La mouette va schématique,
De son aile brève synthétique,
Volant apathique…
Blanche l’aigrette squelettique.
Et la rameur rame.
(Jorge Guillén)
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Publié par arbrealettres le 26 octobre 2011

Ces vieux airs du pays, au doux rythme obsesseur,
Dont chaque note est comme une petite soeur,
Dans lesquels restent pris des sons de voix aimées,
Ces airs dont la lenteur est celle des fumées
Que le hameau natal exhale de ses toits,
Ces airs dont la musique a l’air d’être en patois !…
(Edmond Rostand)
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Publié par arbrealettres le 26 octobre 2011

Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas
Meuse adieu : j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas.
Voici que je m’en vais en des pays nouveaux :
Je ferai la bataille et passerai les fleuves;
Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,
Je m’en vais commencer là-bas les tâches neuves.
Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,
Ô Meuse inépuisable et que j’avais aimée.
(Charles Péguy)
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Publié par arbrealettres le 26 octobre 2011

Une pensée et sa réflexion.
Une branche et son reflet, cette branche particulière
avec ses feuilles au milieu des autres feuilles.
Et tantôt le vent l’agite au-dessus de l’eau en extase,
patiente, et toujours recommençant le même signe,
étudiant lentement la réponse.
Et tantôt c’est elle qui reste immobile et c’est l’eau
paresseusement qui s’émeut et désagrège le reflet.
Répondant à ce choc inconnu ailleurs là-bas.
(Paul Claudel)
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Publié par arbrealettres le 26 octobre 2011

Dans leur grave recoin, les joueurs
Gouvernent les pièces lentes.
L’échiquier
Les retient jusqu’à l’aube dans son sévère
Territoire où se haïssent deux couleurs.
A l’intérieur irradient de magiques rigueurs
Les formes : tour homérique, léger
Cavalier, redoutable reine, roi ultime,
Oblique fou et pions querelleurs.
Quand s’en seront allés les joueurs,
Quand le temps les aura consumés,
Assurément le rite n’aura pas cessé.
Dans l’Orient s’alluma cette guerre
Dont le théâtre est aujourd’hui toute la terre.
Comme l’autre ce jeu est infini.
(Jorge Luis Borges)
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Publié par arbrealettres le 25 octobre 2011

Cette nuit Saint-Jacques a parcouru son chemin de lumière dans le ciel
[...]
Où va le pèlerin céleste le long du clair sentier infini?
(Frederico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 25 octobre 2011

Le vent se lève!… Il faut tenter de vivre!
L’air immense ouvre et referme mon livre.
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
(Paul Valéry)
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Publié par arbrealettres le 25 octobre 2011

Le buffet
C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;
- C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
- Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.
(Arthur Rimbaud)
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Publié par arbrealettres le 25 octobre 2011

Romance
Le bleu matin
Fait pâlir les étoiles.
Dans l’air lointain
La brume a mis ses voiles.
C’est l’heure où vont,
Au bruit clair des cascades,
Danser en rond,
Sur le pré, les Dryades.
Matin moqueur,
Au dehors tout est rose.
Mais dans mon coeur
Règne l’ennui morose.
Car j’ai parfois
A son bras, à cette heure,
Couru ce bois.
Seule à présent j’y pleure.
Le jour paraît,
La brume est déchirée,
Et la forêt
Se voit pourpre et dorée.
Mais, pour railler
La peine qui m’oppresse,
J’entends piailler
Les oiseaux en liesse.
(Charles Cros)
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