OPHÉLIE (Arthur Rimbaud)
Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

OPHÉLIE
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir ;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d’or.
(Arthur Rimbaud)












Lara a dit
je découvre ce tableau d’Ophélie ..sans ses voiles ..
Un grand classique que je n’ai cesse de savourer
arbrealettres a dit
Pas un tableau… mais une photo!! Il en a fait d’autres ce photographe (cf lien) c’est une idée intéressante je trouve (((-: Finalement je crois que j’aime mieux ses poèmes de jeunesse! (((-:
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