Arbrealettres

Poésie

Archive pour novembre 2011

Même semblant (Marcel Migozzi)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011

Les ans sur toi. Les tiens
d’être transparents
sur la distance du désir.
Les miens comptés.
Limités à ta peau.
Aime-moi. Même après.
Encore.
Sans. Même semblant.

(Marcel Migozzi)

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Gacela du souvenir d’amour (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011

N’emporte pas ton souvenir.
Laisse-le tout seul en mon coeur,

frisson de blanc cerisier
dans le martyre de janvier.

Un mur de songes mauvais
me sépare des trépassés.

Je donne une peine de lys
frais pour un coeur de plâtre.

Toute la nuit, dans le jardin
mes yeux, comme deux grands chiens.

Tout au long de la nuit, traquant
le coing et son venin.

Le vent, qui semble quelquefois
une tulipe de frayeur,

est une tulipe souffrante,
par une matinée d’hiver.

Un mur de songes mauvais
me sépare des trépassés.

La brume couvre, silencieuse,
la vallée grise de ton corps.

Sous l’arche de notre rencontre
la ciguë maintenant grandit.

Mais laisse-moi ton souvenir,
laisse-le tout seul en mon coeur.

(Federico Garcia Lorca)

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A l’oreille d’une jeune fille (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011

Je n’ai rien voulu
rien voulu te dire.
J’ai vu tes yeux
deux jeunes arbres fous
de brise, de rire et d’or,
qui remuaient.
Je n’ai rien voulu
rien voulu te dire.

(Federico Garcia Lorca)

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Gacela de la terrible presence (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011

Je veux que l’eau demeure sans lit.
Je veux que le vent demeure sans vallées.

Je veux que la nuit demeure sans yeux
et mon coeur sans la fleur de l’or;

que les boeufs parlent aux grandes feuilles
et que le verre de terre se meure d’ombre;

que brillent les dents de la tête de mort
et que la jaunisse inonde la soie.

Je peux voir le duel de la nuit blessée
qui lutte enlacée avec le midi.

Je résiste au couchant de vert poison
et aux arcs brisés où souffre le temps.

Mais n’éclaire pas ta nudité limpide
comme un cactus noir ouvert dans les joncs.

Laisse-moi dans une angoisse de planètes obscures,
mais ne me montre pas ta hanche fraîche.

***

Gacela de la terrible presencia

Yo quiero que el agua se quede sin cauce.
Yo quiero que el viento se quede sin valles.

Quiero que la noche se quede sin ojos
y mi corazón sin la flor del oro.

Que los bueyes hablen con las grandes hojas
y que la lombriz se muera de sombra.

Que brillen los dientes de la calavera
y los amarillos inunden la seda.

Puedo ver el duelo de la noche herida
luchando enroscada con el mediodía.

Resisto un ocaso de verde veneno
y los arcos rotos donde sufre el tiempo.

Pero no me enseñes tu limpio desnudo
como un negro cactus abierto en los juncos.

Déjame en un ansia de oscuros planetas,
¡pero no me enseñes tu cintura fresca!

(Federico Garcia Lorca)

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Mort au petit matin (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011

Nuit aux quatre lunes
avec un seul arbre
une seule ombre,
un seul oiseau.

Je cherche sur mon corps
la chaleur de tes lèvres.
La source baise le vent
sans le toucher.

J’ai le Non que tu m’offris
dans la paume de ma main
comme un citron de cire
presque blanc.

Nuit aux quatre lunes
Avec un seul arbre.
A la pointe d’une aiguille
tourne, tourne mon amour!

(Federico Garcia Lorca)

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Ne devinez-vous pas pourquoi je meurs d’amour ? (Arthur Rimbaud)

Publié par arbrealettres le 24 novembre 2011


Ne devinez-vous pas pourquoi je meurs d’amour ?
La fleur me dit : salut : l’oiseau me dit bonjour :
Salut ; c’est le printemps ! c’est l’ange de tendresse !
Ne devinez-vous pas pourquoi je bous d’ivresse ?
Ange de ma grand’mère, ange de mon berceau,
Ne devinez-vous pas que je deviens oiseau,
Que ma lyre frissonne et que je bats de l’aile
Comme hirondelle ?…

(Arthur Rimbaud)

Illustration: William Robert Symonds

 

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La nuit bouge tes cils (Jean-Claude Renard)

Publié par arbrealettres le 23 novembre 2011


La nuit bouge tes cils
et ta tête est ma tour.

Verrai-je,
en veillant avec la rivière,
ce que j’ai vu
dans le sommeil
- ou soudain, frais comme des framboises,
mes rêves
s’incarner nus
sur l’oreiller?

(Jean-Claude Renard)

Illustration: Henry Picou

 

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Je cherche un jardin de sable (Jean-Claude Renard)

Publié par arbrealettres le 23 novembre 2011



Je cherche un jardin de sable avec trois blocs de pierres parfaites,
des mousses riches de silence
et des arbres beaux comme des îles
pour y enterrer mes démons.

(Jean-Claude Renard)

 

 

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Le désert (Jean-Claude Renard)

Publié par arbrealettres le 23 novembre 2011


Le désert du désert est,
comme le silence du silence,
habité.

(Jean-Claude Renard)

 

 

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Non-réponse (Jean-Claude Renard)

Publié par arbrealettres le 23 novembre 2011


Ne demande pas:
D’où?
QUI?
Où?
- Vis-en seulement la non-réponse.

(Jean-Claude Renard)

 

 

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