
Dessous la courtine mouillée
Du matin soucieux,
Tu balances, harmonieux,
Ta branche dépouillée,
Beau peuplier qui de l’été
Fais voir encor la grâce:
Pourquoi l’âge a-t-il sur ma face
Aboli ma fierté?
(Paul-Jean Toulet)
Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Dessous la courtine mouillée
Du matin soucieux,
Tu balances, harmonieux,
Ta branche dépouillée,
Beau peuplier qui de l’été
Fais voir encor la grâce:
Pourquoi l’âge a-t-il sur ma face
Aboli ma fierté?
(Paul-Jean Toulet)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Dans l’iris une impression de jamais vu
La charmante ride de l’aventure.
(Régis Decaix)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Il est en nous un lieu
qui ne peut être touché
où personne ne viendra
où seul la douleur
peut parler
(Jean-Louis Giovannoni)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Les enfants sortent joyeux
De l’école.
Ils mettent dans l’air tiède
D’Avril une note tendre.
Quelle allégresse au profond
Silence de la ruelle!
Un silence pulvérisé
Par des rires d’argent clair.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

L’ombre de mon âme
s’enfuit dans un couchant d’alphabets,
Brouillard de livres
Et de paroles.
L’ombre de mon âme!
J’ai atteint la ligne où cesse
La nostalgie,
Où se fige la goutte des larmes,
Albâtre de l’esprit.
(L’ombre de mon âme!)
Le flocon de la peine
S’efface,
Mais en moi demeure, substance et motif,
Un ancien midi de lèvres,
Un ancien midi
De regards.
Un trouble labyrinthe
D’étoiles obscurcies
S’enlace à mes regrets
Presque fanés.
L’ombre de mon âme!
Une hallucination
Aspire mes regards.
Je vois le mot amour
Qui se délabre.
Rossignol!
Mon rossignol!
Chantes-tu toujours?
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Doux peuplier
Doux peuplier
Te voici
Tout doré.
Hier tu étais vert
D’un vert radieux
D’oiseaux
Glorieux.
Aujourd’hui tu gis
Sous le grand ciel d’août
Comme moi sous le ciel
De mon esprit pourpre.
La bonne odeur captive
De ton tronc
Reviendra souvent
A mon coeur
Aimant.
Rude aïeul des prés!
Tous deux
Nous voici
Dorés.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Les peupliers d’argent
Qui s’inclinent sur l’eau
Savent tout, mais ne parleront jamais.
Le lys de la fontaine
Tait sa tristesse.
Tout est plus digne que l’humanité!
Face au ciel étoilé, la science du silence
Appartient à la fleur tout autant qu’à l’insecte.
La science du chant pour le chant
Habite les bois murmurants
Et les flots de la mer.
Le silence profond de la terre qui vit,
C’est la rose qui nous l’enseigne
Au rosier épanouie.
Il faut répandre le parfum
Que nos âmes enclosent!
Il faut être musique,
Tout lumière et bonté.
Il faut s’ouvrir entier
A l’obscur de la nuit
Pour nous emplir d’immortelle rosée!
Il faut coucher le corps
Dans notre âme inquiète!
Aveugler nos regards du jour de l’au-delà.
Nous devons nous pencher
Sur l’ombre de nos coeurs
Et jeter à Satan l’astre qu’il nous tendit.
Il faut imiter l’arbre
Constamment en prière
Et l’eau de la rivière
Fixe en l’éternité!
Il faut blesser son âme aux griffes des douleurs
Pour qu’y entrent les flammes
De l’horizon astral!
Alors dans l’ombre de l’amour défait
Jaillirait une aurore
Tranquille et maternelle.
Des cités dans le vent disparaîtraient
Et sur un nuage Dieu même
Viendrait nous visiter.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Rien que ton coeur brûlant,
Rien d’autre.
Mon paradis: un champ
Sans rossignols
Ni lyres,
Avec une fontaine
Et un filet d’eau vive.
Pas de vent qui éperonne
Les frondaisons
Ni d’étoile qui veuille
Se faire feuille.
Un jour immense
Y serait
Le ver luisant
D’un autre jour
Dans un champ de
Regards brisés.
Lumineux repos
Où tous nos baisers,
Grains de beauté sonores
De l’écho,
Iraient là-bas éclore.
Et ton coeur brûlant,
Rien d’autre.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Je regardais tes yeux,
Etant tout jeune et sage.
Et toi, tu m’effleuras
La bouche d’un baiser.
(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)
Mon coeur s’épanouit
Tel la fleur au soleil
Pétales de luxure
Etamines de rêve.
(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)
Chez moi je sanglotai
Comme un prince de fable
Pour la bergère d’or
Qui s’en fut des tournois.
(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)
Je m’éloignais de toi
(Je t’aimais en secret.)
J’ignore comment sont tes yeux
Tes mains ou bien ta chevelure,
Mais il me reste sur le front
Le papillon de ton baiser.
(Les montres ont toujours la même cadence
Les nuits les mêmes étoiles.)
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2011

Mon coeur repose au bord de la froide fontaine
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)
L’eau lui disait tout bas sa douce cantilène
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)
Mon coeur qui s’éveillait lui conta ses chagrins
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)
Et l’eau en l’écoutant reflétait sa tristesse
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)
Voici mon coeur qui glisse à la froide fontaine
(O blanches mains lointaines
Retenez l’eau légère.)
Et l’eau chantant de joie le saisit et l’entraîne
(O blanches mains lointaines
L’eau demeure déserte!)
(Federico Garcia Lorca)
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