
Tu écris, peut-être, pour voir
ce que tu ne pourras retenir
(Jean-Louis Giovannoni)
Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Tu écris, peut-être, pour voir
ce que tu ne pourras retenir
(Jean-Louis Giovannoni)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Rien ne t’écoute
Ainsi commence l’entrée dans le monde
(Jean-Louis Giovannoni)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Il n’est pas de père.
Aucune parchemin
ne m’a convaincu.
Je crois en la grâce.
Je parie pour elle.
C’est la respirer
que d’en être épris.
(André Frénaud)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Un jour peut-être, de l’autre côté,
je pourrai m’élever sans encombre
parmi les mains blanches de la lumière.
(André Frénaud)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Hilaire est à la foire.
Il pense à sa femme
qui garde la ferme.
Alors il achète un cadeau.
Une valise blanche
garnie de linge fin.
Il rentre tôt.
Il pose le présent sur la table.
Sa jeune femme est médusée.
Jamais elle n’a vu de valise blanche.
Elle a une idée.
Vite elle dénoue son tablier,
elle met son manteau
et prend la valise.
Elle se regarde
dans le grand miroir,
elle est élégante,
elle marche,
elle arrive à la ville,
elle monte dans le train pour Paris.
Paris, Hilaire!
Le paysan se tait.
Il attend patiemment
qu’elle revienne.
C’est son premier voyage.
(Georges-L. Godeau)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Au milieu du clocher la grand poule a pondu
un gros oeuf qui marque les heures.
Le soleil se pose sur lui à midi pour le remonter.
Le matin, le soir le couvent, chacun à tour de rôle.
La lune, la nuit, l’endort pour qu’il se repose,
mais il continue sa besogne en rêvant.
Et à l’aube un petit coq en sort, qui chante,
qui saute, se perche vite sur le paratonnerre.
Les cloches sonnent pour le distraire ou le consoler.
Voilà mon pays où le temps se forme comme il faut
pour que je désire t’y voir naître et imaginer.
(André Frénaud)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Tu m’attends derrière la porte fermée.
J’entends ta présence,
et tu sais que je vais frapper.
Mais je ne frappe pas,
j’hésite,
car je sais qu’avec toi
m’attendent toutes les bonnes choses de la vie.
Je sais que tu as fait un cortège d’amour
pour me recevoir.
J’entends ton cœur derrière la porte.
Entrerai-je?
Ai-je peur d’être heureux?
Mais je redescends l’escalier;
du trottoir;
je t’appelle par la fenêtre,
et je crie :
«Je t’aime trop!»
(Bernard Delvaille)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Plus souple à dénouer mes plis
Que le serpent n’ondule,
Ayant tous, ô Vénus Pendule,
Tes rites accomplis;
Quand vint l’heure où le coeur se navre,
Et des fatals ciseaux,
Je mourus, comme les oiseaux,
Sans laisser de cadavre.
(Paul-Jean Toulet)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

Quand je mourrai,
enterrez-moi avec
ma guitare
sous le sable.
Quand je
mourrai,
parmi les orangers
et la bonne menthe.
Quand je
mourrai,
enterrez-moi, si vous voulez,
dans une girouette.
Quand je mourrai!
***
Memento
Cuando yo me muera,
enterradme con mi guitarra
bajo la arena.
Cuando yo me muera,
entre los naranjos
y la hierbabuena.
Cuando yo me muera,
enterradme si quereís
en una veleta.
¡Cuando yo me muera!
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 18 novembre 2011

La flèche qui se prépare, qui te dépasse, qui t’agace,
qui se rapproche, qui se détourne,
la flèche qui se fichera,
qui te délivra,
ta flèche.
Qui la garde?
Tenue sous quel sein
qui peut-être s’y blesse.
Empennée d’un sang qui cherche le tien.
Elle chemine en vain, se tend, elle tremble.
Elle doit t’atteindre… Oh! Comme elle te manque,
celle qui t’attend, qui ne sait pas, qui gémit.
(André Frénaud)
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