
Volupté des mots
Plonge mon âme en secret
Dans les saisons de mon cœur.
Moisson de couleurs.
(Joëlle Mesnildrey)
Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Volupté des mots
Plonge mon âme en secret
Dans les saisons de mon cœur.
Moisson de couleurs.
(Joëlle Mesnildrey)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Apprends-moi bien,
ma conseillante,
le mot de passe de ta main
dans la mienne.
(Jacques Simonomis)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Volant autour de la source,
La changeante libellule
M’éjouit depuis longtemps :
Tantôt sombre et tantôt claire,
Comme le caméléon.
Tantôt rouge et tantôt bleue,
Tantôt bleue et tantôt verte.
Oh! Si je pouvais, du moins,
Voir de tout près ses couleurs!
Elle bourdonne et plane et point ne cesse!
Mais, chut! Au tronc du saule elle se pose.
Ah! Je la tiens! Ah! Je la tiens! Sur l’heure,
Je l’examine avec précision,
Et je ne vois que du bleu triste et sombre …
Voilà ton lot, ô l’analyste de tes Joies!
***
Die Freuden
Es flattert um die Quelle
Die wechselnde Libelle,
Mich freut sie lange schon;
Bald dunkel und bald helle,
Wie dern Chamäleon;
Bald rot, bald blau.
Bald blau, bald grün.
O dass ich in der Nähe
Doch ihre Farben sähe!
Sie schwirrt und schwebet, rastet nie!
Doch still, sie setzt sich an die Weiden.
Da hab ich sie! Da hab ich sie!
Und nun betracht ich ihn genau,
Und seh ein traurig dunkles Blau.
So geht es dir, Zergliedrer deiner Freuden!
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

L’âme de l’homme
Ressemble à l’eau:
Venant du ciel,
Montant au ciel,
Devant descendre
Sur terre encore,
Changement éternel.
Le pur filet jaillit
De la paroi
Haute et abrupte,
Puis asperge avec grâce
D’eau vaporeuse
Le rocher lisse,
Légèrement s’y pose
Et ondoie comme un voile,
Dans un murmure
Gagnant le gouffre.
Si des rochers
S’opposent à sa chute,
De dépit il écume
Et, par degrés,
Va vers l’abîme.
En son lit plat
Il glisse par les prés du val,
Et c’est dans l’onde unie d’un lac
Que tous les astres
Baignent leur face.
Le vent est pour la vague
Un amant caressant;
Le vent jusqu’au fond mêle
Les vagues écumantes.
Ame de l’homme,
Que tu ressembles à l’eau!
Destin de l’homme,
Que tu ressembles au vent!
***
Gesang der Geister Ueber den Wassern
Des Menschen Seele
Gleicht dem Wasser:
Vom Himmel kommt es,
Zum Himmel steigt es,
Und wieder nieder
Zur Erde muss es,
Ewig wechselnd.
Strömt von der hohen,
Steilen Felswand
Der reine Strahl,
Dann stäubt er lieblich
In Wolkenwellen
Zum glatten Fels,
Und leicht empfangen
Wallt er verschleiernd,
Leisrauschend
Zur Tiefe nieder.
Ragen Klippen
Dem Sturz entgegen,
Schäumt er unmutig
Stufenweise
Zum Abgrund.
Im flachen Bette
Schleicht er das Wiesental hin,
Und in dem glatten See
Weiden ihr Antlitz
Alle Gestirne.
Wind ist der Welle
Lieblicher Buhler;
Wind mischt vom Grund aus
Schäumende Wogen.
Seele des Menschen,
Wie gleichst du dem Wasser!
Schicksal des Menschen,
Wie gleichst du dem Wind!
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Ce petit corps charmant que semble avoir sculpté la main la plus habile
Comme il est là flottant, souple et sans ossature, au mollusque pareil!
En lui tout est organe, et tout s’y articule, et tout y plaît aux yeux.
Tout y est fait selon les normes, tout y est mobile à volonté.
Des hommes, j’en connais, des animaux aussi, tant oiseaux que poissons,
Et maints reptiles bien à part, miracles nés de la grande nature;
Pourtant je te regarde avec stupeur, Bettine, adorable miracle,
Toi qui es tout cela ensemble et qui, de plus, es un être angélique.
***
Wie, von der künstlichsten Hand geschnitzt, das liebe Figürchen,
Weich und ohne Gebein, wie die Molluska nur schwimmt!
Alles ist Glied, und alles Gelenk, und alles gefällig,
Alles nach Maßen gebaut, alles nach Willkür bewegt.
Menschen hab ich gekannt und Tiere, so Vögel als Fische,
Manches besondre Gewürm, Wunder der großen Natur;
Und doch staun ich dich an, Bettine, liebliches Wunder,
Die du alles zugleich bist, und ein Engel dazu.
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Ne pas savoir ce qui est dit:
accorder une Passion.
Serions-nous seuls en nous-mêmes?
Vision terrible…
Nous si muets, sous les paupières,
avec pourtant une vague impression d’être saisis.
Tous ces mots/maux ruminés intérieurement
avant de naître.
Chaque heure qui passe est une épreuve
pour perdre la mémoire.
(Raphaële George)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

Cette façon de résumer l’espace au toucher,
à l’effleurement de l’invisible.
Nos traces viennent ainsi nourrir l’enfer de la platitude,
tandis qu’erre, en elles, l’ombre du banal…
d’un noyé.
Présence qui manque, prise dans les parois:
nos mots épousent le silence,
et là, étrangement,
y prennent leur épaisseur.
Délivrons l’autre de sa pesanteur,
par l’Amour,
afin que tout désir devienne
l’inconsciente pureté.
(Raphaële George)
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Publié par arbrealettres le 27 novembre 2011

L’écriture remonte en nous
- la calligraphie de l’intérieur reste la même.
Verdict du très haut,
du profond de soi.
Irons-nous vers la fin,
dignes de ce corps qui nous fait être,
et sans peine aucune,
proches peut-être de la pureté.
Et si la parole pouvait nous sauver?
Vivre dans un monde tout autre,
et ne plus éprouver les limites qui nous enferment.
(Raphaële George)
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Publié par arbrealettres le 26 novembre 2011

Mon baiser était une grenade
Profonde et ouverte,
Ta bouche, une rose
De papier.
Au fond un champ de neige
Mes mains étaient des fers
Pour les enclumes
Et ton corps, le couchant
D’un angélus.
Au fond un champ de neige.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 26 novembre 2011

Mon pauvre coeur angoissé
Ressent aux abords du jour
La douleur de ses amours
Et l’illusion des distances.
Le clair de l’aurore apporte
Des graines de nostalgie
Et la tristesse sans yeux
Du plus profond de mon âme.
Le sépulcre de la nuit
Elève son voile noir
Pour cacher avec le jour
L’immense voûte étoilée.
Que ferais-je en ces campagnes
A cueillir branches et nids,
Environné par l’aurore
Et l’âme emplie de nuit!
Que ferai-je si tu gardes
Tes yeux morts à la lumière,
Si ma chair ne doit sentir
La chaleur de tes regards!
Ah, pourquoi t’ai-je perdue
Pour toujours en ce soir clair?
Aujourd’hui, mon coeur est sec
Autant qu’une étoile éteinte.
(Federico Garcia Lorca)
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