Arbrealettres

Poésie

Archive pour décembre 2011

Un scarabée s’est mis au soleil (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



Sur le pylône bourdonnant d’une ligne à haute tension,
un scarabée s’est mis au soleil.
Sous ses élytres luisants, les ailes reposent, aussi judicieusement repliées
qu’un parachute empaqueté par un spécialiste.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Soeur limace (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



Soeur limace
est presque immobile dans l’herbe, ses antennes se contractent
et se déroulent, incertitude et perturbations…
Ce qu’elle me ressemble dans ma quête!

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Avec nos vies (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



Avec nos vies nous exprimons quelque chose
dans le choeur des lapsus fredonnés.

(Tomas Tranströmer)


Illustration: Joan Miró

 

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A l’abri du vent (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011


 

A l’abri du vent, on peut entendre l’herbe pousser -
un léger roulement de tambour par le bas, le faible
grondement de millions de flammèches, c’est ainsi qu’on entend l’herbe pousser.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Quand la brume était épaisse (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



Quand la brume était épaisse : visibilité réduite, vitesse
limitée. D’une enjambée, la presqu’île sortait de
l’invisible et se tenait à proximité.
Un beuglement toutes les deux minutes. Les yeux
lisaient droits dans l’invisible.
(Avait-il le dédale en tête?)
Les minutes passaient.
Les fonds et les îlots remémorés comme des psaumes.
Et cette sensation d’être « et nulle part ailleurs» qu’il
fallait conserver, comme lorsqu’on porte un vase
rempli jusqu’à ras bord et qu’on ne doit rien renverser.

Un regard jeté dans la salle des machines.
La machine compound, aussi robuste que le coeur
humain, travaillait avec des gestes délicatement
élastiques, acrobates d’acier, et des parfums montaient
comme d’une cuisine.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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ÉLÉGIE (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



ÉLÉGIE

J’ouvre la première porte.
C’est une grande chambre inondée de soleil.
Une lourde voiture passe dans la rue
et fait trembler la porcelaine.

J’ouvre la porte numéro deux.
Amis! Vous avez bu de l’ombre
pour vous rendre visibles.

Porte numéro trois. Une chambre d’hôtel étroite.
Avec vue sur une ruelle.
Une lanterne qui étincelle sur l’asphalte.
Belles scories de l’expérience.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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TARD EN MAI (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011



TARD EN MAI

Pommiers et cerisiers en fleur aident le village à planer dans
la douce, la sale nuit de mai, gilet de sauvetage blanc,
les pensées prennent le large.

Herbes et mauvaises herbes aux coups d’ailes silencieux, obstinés.
La boîte dix lettres luit paisiblement, on ne peut
revenir sur ce qui est écrit.

Un vent tiède frais traverse ma chemise et touche du doigt le coeur.
Pommiers et cerisiers rient tout bas de Salomon,
fleurissent dans mon tunnel. J’ai besoin d’eux,
non pour oublier, mais pour me souvenir.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

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LA CONGRÉGATION DISPERSÉE (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011


LA CONGRÉGATION DISPERSÉE

I
Nous avions accepté de montrer nos foyers.
Le visiteur a pensé: vous vivez bien.
Les taudis sont dans vos âmes.

II
À l’intérieur de l’église: des piliers et des voûtes,
blancs comme du plâtre, comme la bande de plâtre
sur le bras cassé de la foi.

III
À l’intérieur de l’église, l’assiette du mendiant
s’élève d’elle-même du sol
et passe entre les bancs.

IV
Mais les cloches des églises doivent s’en aller sous terre.
Elles s’accrochent aux tuyaux des égouts.
Elles tintent sous nos pas.

V
Le somnambule Nicodème sur la route
de l’Adresse. Qui a l’adresse?
Ne le sais pas. Mais c’est là que nous allons.

(Tomas Tranströmer)

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Je rentre chez moi (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011


Les cinq musiciens sont en train de jouer.
Je rentre chez moi par de tièdes forêts au sol élastique,
me pelotonne comme un embryon, m’assoupis, roule
dans l’apesanteur de l’avenir, et remarque soudain
que les plantes ont des pensées.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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L’ascenseur (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 31 décembre 2011


[...]

Comme jadis, lorsque j’avais dix ans et que je rentrais tard.
Dans la cage d’escalier, les lampes s’éteignaient,
mais l’ascenseur où j’étais rayonnait, et l’ascenseur montait
comme une cloche de plongée dans les bas-fonds obscurs
étage par étage, alors que des visages imaginaires
se pressaient contre la grille…

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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