La neige est tombée
Sur les sommets
Esprit de la montagne
Où es tu?
(Shan Sa)
Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011
La neige est tombée
Sur les sommets
Esprit de la montagne
Où es tu?
(Shan Sa)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011
Malgré le mal hideux, l’élévation des cimes.
Les rires des torrents, les sapins crêtés d’or.
Le chevreuil de profil flairant l’air de l’aurore.
La neige qui baise l’azur du ciel azyme.
La rose toute émue de l’odeur de la nuit.
L’arbre dont le feuillage est né de la lumière.
Les épousailles de la lune avec la mer.
Le temps perdu d’où sort la verdeur d’aujourd’hui.
Les enfants innocents dans les bras d’Élohim.
Le meurtri que materne un bon samaritain.
L’agonisant guidé vers le premier Jardin
Malgré le mal hideux, la Tendresse unanime.
(Jean Mambrino)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011
J’y suis résolu :
je vais de ce pas m’enrhumer
Pour voir la neige.
(Sugiyama Sampû)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011
L’Equilibre
sous les glaciers toujours ivres de nuit
sous les sapins à l’encre d’enfant
et le papier froissé des neiges
une ombelle
plus ouverte qu’un désir
(Daniel Boulanger)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011
Tu écoutes pleuvoir ainsi depuis des heures.
Tu ne penses à rien.
Tu écoutes la pluie ruisseler sur ton cœur
Comme sur les sapins.
Tu ne sais pas pourquoi tu n’es ni gai ni triste,
Ni pourquoi ce murmure
D’eau molle te laisse,le front contre la vitre,
Vide comme une armure.
Tu écoutes pleuvoir ainsi depuis des heures,
Mais es-tu bien certain
Que ce n’est que la pluie qui frappe sur ton cœur
Comme sur les sapins?
(Maurice Carême)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011

Orage en montagne
Un roulement sans fin:
La boule de l’orage
Fait s’écrouler soudain
Tout un échafaudage
De quilles de sapins.
Quand donc le pigeon noir
Que des balles transpercent
Nous laissera-t-il voir
Par les trous de l’averse
Le bleu d’un bel espoir?
(Pierre Menanteau)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011

«Droit vers la vallée,
droit vers la hauteur»
Dans la forêt de sapins, à minuit,
Quand la blême clarté de la lune timidement
Traverse les cimes d’un sourire de spectre,
Je te vis debout, solitaire, à part.
Pas un mot; le vent léger glisse furtivement,
Il monte de la vallée avec un bruissement étouffé,
Et dans le murmure des roseaux, effrayante douceur,
Résonnent des voix d’esprits qui sortent du marais.
Main crispée, 1′oeil étincelle
Que fascine la roche escarpée,
Ton coeur est comme sous la houle d’une sauvage marée
Dont les vagues battraient la plage.
Murailles en débris, colonnades orgueilleuses,
Le Burg sous la lumière crue de la lune
Le regarde d’en haut en riant de son oeil vide
Ricane, le salue, s’incline, et dit :
“Droit vers la hauteur, droit vers la vallée :
“Le soleil tue, la lune donne vie,
“Pourquoi regardes-tu, pâle et livide, vers là-haut?
Fais la montée, car toute chose s’efforce vers la lumière ! »
Il se hisse au sommet, l’escalade, guette
Le murmure qui parcourt les roseaux,
Le vent qui bruisse au long de la falaise,
La chouette dont l’aile frôle la hauteur.
Et la rumeur se rapproche, accent magique,
Souffle, frémissement, comme une vibration de harpe,
à présent se plaint doucement, en douloureuse angoisse :
Expirer — s’effacer — se noyer dans le Tout.
Cela lui saisit le coeur — il monte et se penche,
Et ouvre les bras, étreignant le monde.
Se noyer — sombrer — la colonnade s’efface,
Expirer — se perdre — tomber vers la terre en mille morceaux.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011

Automne
Brouillard d’automne alentour ; fondus
en vapeurs grises,
passent en glissant les fantômes des monts.
Oeil rougeoyant le soleil décline
tête sombre et sans cesse assombrie
il descend à son tombeau de vagues.
Brouillard d’automne alentour; en vapeurs humides
d’horreur nocturne,
le feuillage tremble, fatigué de vivre.
Gais de l’été, tristes de l’automne,
les oiseaux s’enfuient par le ciel.
Brouillard d’automne alentour ; le hibou ulule,
resserrés
les sapins frémissent, les chênes gémissent.
Noyées de nuit,
blêmes, les figures du brouillard tremblent,
vers la tombe, vers la fosse.
(Friedrich Nietsche)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011

En vieillissant,
la forêt sent le sapin.
(Sylvain Tesson)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2011

Une clarté rose reste sur la crête
suspendue au-delà des sapins noirs
— reprendre souffle quand les jours nous lâchent —
toujours j’ai été vieux comme l’écorce
le rocher, forgé de la matière même
de douleur, nouée, renouée d’obscures ravines
sur quelle aube — demain sera ma jeunesse
au corps d’éther — un homme devant sa maison
me guette, un enfant dans son lit a peur
(Gérard Pfister)
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