Archive pour décembre 2011
Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Quelle chose est difficile à cacher? Le feu!
Car le jour il se trahit par la fumée,
La nuit par la flamme, le monstre.
Difficile à cacher est aussi
L’amour: si secrètement qu’on le nourrisse,
Il jaillit pourtant aisément des yeux.
Mais ce qu’il y a de plus difficile à cacher c’est un poème,
On ne le met pas sous le boisseau.
Si le poète vient de le chanter,
Il en est tout pénétré;
S’il l’a élégamment calligraphié,
Il veut que le monde entier l’aime.
Il le lit à chacun, joyeux et bien haut,
Peu lui chaut s’il excède ou nous édifie.
***
Geständnis
Was ist schwer zu verbergen? Das Feuer!
Denn bei Tage verrät’s der Rauch,
Bei Nacht die Flamme, das Ungeheuer.
Ferner ist schwer zu verbergen auch
Die Liebe; noch so stille gehegt,
Sie doch gar leicht aus den Augen schlägt.
Am schwersten zu bergen ist ein Gedicht;
Man stellt es untern Scheffel nicht.
Hat es der Dichter frisch gesungen,
So ist er ganz davon durchdrungen.
Hat er es zierlich nett geschrieben,
Will er, die ganze Welt soll’s lieben.
Er liest es jedem froh und laut,
Ob es uns quält, ob es erbaut.
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Toute trace de l’homme est
perdue. Aucune voix ne résonne,
si j’écoute. Toute souffrance
humaine m’abandonne.
Je n’ai plus de nom.
Et je sens que mon visage
se dore de l’or
méridien,
et que ma barbe
blonde brille
comme la paille marine;
je sens que le rivage sillonné
par le travail
si délicat des vagues
et du vent s’assimile
au creux de ma main
là où le toucher s’affine.
Et ma force passive
se grave sur le sable,
se répand dans la mer;
et le fleuve devient ma veine,
la montagne mon front,
la forêt mon pubis,
le nuage ma sueur.
Et moi je suis dans la fleur
du typha, dans l’écaille
de la pomme de pin, dans la baie
de genévrier; je suis dans le fucus,
dans la paille marine,
dans chaque chose insignifiante,
dans chaque chose immense,
dans le sable contigu,
dans les sommets lointains.
Je brûle, je brille,
Et je n’ai plus de nom.
(Annunzio)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
N’écoute pas
l’oiseau frapper à
La vitre
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux
Je voudrais faire un jour de gloire
d’une femme et d’une guitare
d’un arbre et d’un soleil d’été
Je voudrais faire une aube claire
pour voir jusqu’au bout de la terre
des hommes vivre en liberté
Assis entre deux équilibres
dans ce monde qui se croit libre
et qui bâtit des miradors
je voudrais bien que nul ne meure
avant d’avoir un jour une heure
aimé toutes voiles dehors
A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux
De mes deux mains couleur d’argile
je voudrais bâtir une ville
blanche jusqu’au-dessus des toits
Elle serait belle comme une
chanson du temps de la Commune
bâtie de bonheur hors-la-loi
Et puis que le printemps revienne
pour revoir à Paris sur peine
des enfants riant aux éclats
Lorca errant dans Barcelone
tandis que l’abeille bourdonne
dans la fraîche odeur des lilas
A peine a-t-on le temps de vivre
qu’on se retrouve cendre et givre
adieu
et pourtant j’aurais tant à faire
avant que les mains de la terre
me ferment à jamais les yeux.
(Henri Gougaud)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Dans la respiration sont incluses deux grâces:
Aspirer l’air, et s’en délivrer.
L’un oppresse, l’autre soulage;
Tel est le merveilleux mélange de vie.
Remercie donc Dieu quand il te presse,
Et remercie-le encore quand il te relâche à nouveau.
***
Im Atemholen sind zweierlei Gnaden:
Die Luft einziehn, sich ihrer entladen.
Jenes bedrängt, dieses erfrischt;
So wunderbar ist das Leben gemischt.
Du danke Gott, wenn er dich presst,
Und dank’ ihm, wenn er dich wieder entlässt.
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Réel ne disait pas
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Lettres filtrant leurs noms
Quand la lumière est
un asile
Les morts oublient-ils
qu’ils sont morts?
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Mes origines
n’ont pas commencé
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 23 décembre 2011
L’eau devient cristal
les lucioles s’éteignent -
rien n’existe
(Chiyo-ni)
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