Firmament:
le sens
qui scintille.
(Dominique Grandmont)
Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Firmament:
le sens
qui scintille.
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Elle n’avait pas tout dit:
La caresse de sa hanche
Sur une main avide,
Ses lèvres butinées
Par la gourmandise d’un baiser.
Elle n’avait pas tout dit:
Le chant de sa chevelure
Qui lui faisait tourner la tête
Et déployer les bras en croix
Dans l’attente d’un sacrifice délectable.
Elle n’avait pas tout dit:
Le défi lancé après l’offrande,
Quand le bout de son pied de satin
Étoilé d’écailles de roses
Pointait insolemment entre les draps défaits.
(Jeanine Moulin)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Couteau rouillé dans ma poitrine
Douleur de ne pas connaître
Tes rires des temps futurs
Eclats de joie sans retour!
Qui après moi entendra la brise
De tes cils battant les instants
Tes cils ouverts sur l’inconnu?
[...]
Couteau rouillé dans ma poitrine
Douleur de ne pas connaître
Le soleil des temps futurs
Et sur tes cheveux la neige!
(Claire Goll)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Aimée d’un chant de rivière
Le givre fond sur tes cils
Ta prison blanche se craquelle.
Je prends mon vol. L’oie sauvage
Des monts ancestraux de la lune
M’a prêté ses ailes.
Je fends les géométries
Que l’école m’apprenait.
Notre planète embellie
De ton rire, perle ou galet
Tes cheveux à claire-voie de l’ombre.
Déjà la main se prononce
Pour une soie non filée.
À l’eau vive l’eau dit ton visage.
(Pierrette Micheloud)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Si vous craignez de ne pas me reconnaître
je bois la rose au verre
l’étoile dans l’oeil
et l’or dans les cheveux
et puis je deviens folle dans les forêts
pour que flambent les feuilles.
Aujourd’hui m’égare jusqu’à la violence de l’orangé.
Au cercle du temps
ma joie s’inscrit entre deux armes.
(Gisèle Prassinos)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Ephèbe éclaboussé par le noir
Et le jaune des bougies instables
Homme ailé que les cadences soulèvent
Du tapis vibrant de la chambre
Tourne fouetté par la musique
Dans ton boléro de peau musquée
Mime le rapt de l’âme ivre
Danse sur le sol incertain
Ta rage canaille ta perte
La joie proche des larmes acides
Les lacets de feu contre la neige
Tu ressembles aux bougies
A leur volupté de brûler un soir
(Claire Goll)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Le Chemin du cèdre
J’ai rencontré le cèdre
Nous nous sommes tous deux reconnus. Il m’a dit :
« C’est toi, toi que je sais, dont les bras sont enduits
de ma résine blanche et dont les cheveux brillent
de mes fines aiguilles
et dont les poches craquent
de mes pommes de cèdre… »
Je n’ai rien dit.
Mais son odeur à lui,
d’encens, d’ambre et de cèdre,
est bien ce que je sais comme il sait tout le reste.
Le Chemin du chêne
J’ai rencontré le chêne,
le vieux chêne aux abeilles,
Il a toujours le cœur ouvert, mais moins d’abeilles,
moins de miel semble-t-il au fond de son cœur noir.
Des essaims l’ont quitté peut-être –
ou j’ai passé trop tard ce soir.
Le chêne secouait sa vieille tête
comme un homme bien seul…
Le Chemin de l’ormeau
J’ai rencontré l’ormeau.
Pas un ormeau célèbre,
mais un ormeau sans ex-voto,
tournant le dos à la route des hommes.
Sa colonne de bois, rugueuse, nue, énorme,
quelqu’un l’a-t-il jamais serrée entre ses bras?
Nous l’avions mesurée avec un fil de soie
la colonne de bois qui ne s’arrête pas
de grossir en silence.
Mais grossir – qui jamais voit grossir un ormeau?
Tant de jours et de nuits, tant de soleil et d’eau,
de paix, d’oubli, de chance…tant et tant!
Entre les émondeurs, les chenilles, l’autan,
J’ai rencontré la Patience.
Le Chemin des genévriers
J’ai retrouvé mes petits genévriers,
tordus, piquants roussis, cramponnés aux rochers
comme des acrobates.
Ah! le bleu d’outremer de leurs petites baies
le long des couchants écarlates!
Ils se hérissent, ronds ou si déchiquetés
que tout le ciel traverse
leurs petits corps fantasques.
Le gazon ras joue au tapis de Perse
mais le vent s’y jette en bourrasque.
Ici, les lièvres et les chèvres
Échappent aux hommes d’en bas
Ici bleuissent les genièvres
pour l’oiseau que l’on ne voit pas.
Petit grain bleu, sauvage, amer,
semé parmi les toisons rousses
d’arbres nains que l’hiver rebrousse
comme les oursins dans la mer.
Le Chemin du roseau
Puis j’ai rencontré le roseau,
le roseau vert qui dit : « Je plie et ne romps pas ».
Les pieds dans l’eau,
il se courbait si bas
que ses rubans encombraient le ruisseau.
Il avait oublié son âme de pipeau.
Son front vert saluait, saluait sans relâche,
son dos se balançait comme un dos de serpent
et jamais le soleil ne le voyait en face.
Il disait aux pipas :
« je plie et ne romps pas, je plie et ne romps pas… »
enfin, ce qu’il disait au chêne
de Monsieur Jean de La Fontaine.
Et l’âne qui broutait l’a brouté tout de même.
Je n’ai pas rencontré le baobab.
(Sabine Sicaud)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Les étreintes du sang ont une pauvre flamme,
Les regards de l’amour s’arrêtent à nos yeux
Et le parfum intime et profond de notre âme
Doit en elle à jamais rester mystérieux.
Il faut que sur la lèvre à jamais étrangère
La coupe du baiser brise son frêle orgueil
Et répande sur nous le froid d’un cimetière:
Mon âme est dans ma chair comme dans un cercueil.
(Cécile Sauvage)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Faisais d’une ombre
cent visages.
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 20 décembre 2011
Au mois de mai
quand les forêts
sont frustrées de fleurs de muguet
elles ressemblent trait pour trait
aux églises désaffectées
Et les filles sont déroutées
par des fauves candeurs qui perlent à leur cou
Si l’un se met à genoux
l’autre pleure sous la feuillée
Les jeux sont faits
Sauve qui peut
Mais le mal n’a pas l’existence
Il n’est que le temps et le lieu
où il n’a pas pris conscience
de Dieu.
(Angèle Vannier)
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