Te voilà verbe (Hector de Saint-Denys Garneau)
Publié par arbrealettres le 11 février 2012

Te voilà verbe
Te voilà verbe en face de mon être
un poème en face de moi
Par une projection par delà moi
de mon arrière-conscience
Un fils tel qu’on ne l’avait pas attendu
Être méconnaissable, frère ennemi.
Et voilà le poème encore vide qui m’encercle
Dans l’avidité d’une terrible exigence de vie,
M’encercle d’une mortelle tentacule,
Chaque mot une bouche suçante, une ventouse
qui s’applique à moi
Pour se gonfler de mon sang
Je nourrirai de moelle ces balancements.
(Hector de Saint-Denys Garneau)











