La nuit s’est coulée entre nous (Gaston Puel)
Publié par arbrealettres le 20 février 2012

Annoncée par une ronde de cris
La nuit s’est coulée entre nous
Nous sommes pris dans ses glaces
Plus loin que nos mains
Que voir d’autre que nous?
Que rêver ?
Le monde s’achève quelque part
Dans l’abandon d’une banquise
C’est le moment de dire notre saveur mortelle
Car la chaleur dont nous mourons se déprend chaque
jour de nos haillons de gloire
Ni la grotte ni la barque
Ni l’âne ni la vache
Ni la caverne ni la jument
Ne nous réchaufferont
Tous les ventres sont froids
Les choses nous regardent
Notre dos s’arrondit
Chaque grain de splendeur élevé sur sa tige
Distance chaque jour notre élan moissonneur
Nous voudrions séparer ce qui nous désaltère de ce qui
nous terrasse
Mais nous ne savons plus nommer les choses par leur grâce
Étranges dans l’étrange
Uniques dans le divers
Nous attendons l’éclipse
Qui nous décimera
(Gaston Puel)
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