L’AMOUR (Melih Cevdet Anday)
Publié par arbrealettres le 24 avril 2012

L’AMOUR
La forêt commençait quand tu me prenais la main.
Elle s’ouvrait par le milieu comme une figue
Nous courions vers le haut, courbés en deux, hors d’haleine.
Avec les truites, à grand-peine, les aiguilles de pin
Brisaient notre allure. Ne Laisse Pas Ma Main,
Ne Laisse Pas Ma Main…
Après, nous glissions tout en bas.
Et le silence descendait comme un arbre
Il poussait des racines en toi et en moi, cherchant
L’eau de la terre qui attendait son tour.
Tournesols, tes seins tendent vers la lumière.
Je marchais à tes deux côtés comme l’arcade d’un monument.
Après, nous recommencions à courir,
En haut, plus haut, vers les eaux qui se creusent
Dans les cieux. Je t’embrassais, tu tremblais, l’amour qui réunit
Les instants éclatés ne fait pas de rêve : ô forêt,
Ô sort du cheval pourchassé, ô tourterelle affamée
Du recommencement ! Pour nous il n’y a pas de sort.
Nous l’avons brûlé, comme une tache dans l’oeil
Des oiseaux migrateurs, une graine unique dans leur bec,
Tandis que le jour se lève une fois de plus. Pour nous il n’y a pas de sort.
(Melih Cevdet Anday)












Lara a dit
J’aime cette image de la forêt
arbrealettres a dit
Forêt Eden
Forêt pleine de Silences et de Mystères
Forêt qui nous rappelle un Monde Magique? Mystique? Poétique ? en tous cas encore vierge des cons-des-tructions de l’homme
et où l’on se baigne comme dans une fontaine de Jouvence!