Arbrealettres

Poésie

Tu croyais tout tranquille tout apaisé (Hector de Saint-Denys Garneau)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2012




Tu croyais tout tranquille
Tout apaisé
Et tu pensais que cette mort était aisée

Mais non, tu sais bien que j’avais peur
Que je n’osais faire un mouvement
Ni rien entendre
Ni rien dire
De peur de m’éveiller complètement
Et je fermais les yeux obstinément
Comme un qui ne peut s’endormir
Je me bouchais les oreilles avec mon oreiller
Et je tremblais que le sommeil ne s’en aille

Que je sentais déjà se retirer
Comme une porte ouverte en hiver
Laisse aller la chaleur tendre
Et s’introduire dans la chambre
Le froid qui vous secoue de votre assoupissement
Vous fouette
Et vous rend conscient nettement comme l’acier

Et maintenant
Les yeux ouverts les yeux de chair
trop grand ouverts

Envahis regardent passer
Les yeux les bouches les cheveux
Cette lumière trop vibrante
Qui déchire à coups de rayons
La pâleur du ciel de l’automne

Et mon regard part en chasse effrénément
De cette splendeur qui s’en va
De la clarté qui s’échappe
Par les fissures du temps

L’automne presque dépouillé
De l’or mouvant
Des forêts
Et puis ce couchant
Qui glisse au bord de l’horizon
A me faire crier d’angoisse

Toutes ces choses qu’on m’enlève

(Hector de Saint-Denys Garneau)

 

 

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