Arbrealettres

Poésie

Archives du 12 juillet 2012

Tout le monde est un peu bizarre (dicton du Yorkshire)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



Tout le monde est un peu bizarre,
sauf toi et moi,
et même toi, tu es un peu bizarre!

*

Everyone’s a little queer
save thou and me,
and even thou’s a little queer

(dicton du Yorkshire)

Illustration: Siegfried Zademack

 

Publié dans humour, méditations | Tagué: , , , | Poster un commentaire »

IL ME SEMBLAIT ALORS (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



IL ME SEMBLAIT ALORS que l’amour restait en
suspens. Et ce n’était pas cela. Simplement toi tu
n’allais jamais revenir.

*

ME PARECÍA AHORA como si quedase en
suspenso el amor. Y no era eso. Tan sólo tú no
volverías nunca.

(José Ángel Valente)

Illustration: Alberto Galvez

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , | Poster un commentaire »

SUR LE SABLE (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



SUR LE SABLE je trace de mes doigts une
double ligne interminable comme signe de
l’infinie durée de ce rêve.

*
SOBRE LA ARENA trazo con mis dedos una
doble línea interminable como señal de la
infinita duración de este sueño.

(José Ángel Valente)

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

LES DOIGTS (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



LES DOIGTS sur le tambour, la peau tendue,
l’air qui s’emplit d’un murmure d’empreintes
digitales, d’amorces d’écoute, d’oreilles ou de
silences subits, plénitude du son, le silence est la
pure plénitude du son. Percussion plus rapide.
des doigts. L’appel du dieu. Les doigts seuls sur la
pure vibration.
*

DEDOS sobre el tambor, la piel tendida, el aire
que se llena de un susurro de huellas dactilares,
de comienzos de oír, de oídos o silencios súbitos,
plenitud del sonido, el silencio es la pura
plenitud del sonido. Acelerada percusión. Los
dedos. La llamada del dios. Los dedos solos sobre
el puro temblor.

(José Ángel Valente)

Illustration

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

LE CENTRE (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



LE CENTRE est un lieu désert. Le centre est un
miroir où je cherche mon visage sans pouvoir le
trouver. C’est pour ça que tu es venu jusqu’ici ?
avec qui avais-tu rendez-vous ? Le centre est
comme un cercle, comme un manège de chevaux
de couleurs. Parmi les crinières vertes et jaunes,
le vent fait voler ton enfance. Retiens-la, dis-tu.
Nul ne peut t’écouter. Musique et drapeaux. Le
centre s’est effacé. Il était là, là où tu as été.
Rapide le trait fait mouche au centre. Reste la
vibration. La sens-tu encore ?

*

EL CENTRO es un lugar desierto. El centro es un
espejo donde busco mí rostro sin poder
encontrarlo. ¿ Para eso has venido hasta aquí ?
¿ Con quién era la cita ? El centro es como un
círculo, como un tiovivo de pintados caballos.
Entre las crines verdes y amarillas, el viento hace
volar tu infancia. — Detenla, dices. Nadie puede
escucharte. Músicas y banderas. El centro se ha
borrado. Estaba aquí, en donde tú estuviste.
Veloz el dardo hace blanco en su centro. Queda
la vibración. ¿ La sientes todavía ?

(José Ángel Valente)

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

JE VOIS, JE VOIS (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



JE VOIS, JE VOIS. Et que vois-tu ? Je ne vois pas.
De quelle couleur ? Je ne vois pas. Le problème
n’est pas ce qui se voit, mais le voir lui-même. Le
regard, non pas l’oeil. Anté-pupille. La non
couleur, non la couleur. Ne pas voir. La
transparence.

*

VEO, VEO. Y tú ¿ qué ves ? No veo. ¿ De qué
color ? No veo. El problema no es lo que se ve,
sino el ver mismo. La mirada, no el ojo.
Antepupila. El no color, no el color. No ver. La
transparencia.

(José Ángel Valente)

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Commentaires »

IMMERSION de la voix (José Ángel Valente)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



IMMERSION de la voix. Les eaux. Tu es entré
dans l’origine. Tête décapitée près de la mer.
Ensuite, plus d’autres silences.

*

INMERSIÓN de la voz. Las aguas. Entraste en el
origen. Cabeza decapitada junto al mar. Después
no quedan más silencios.

(José Ángel Valente)

Illustration: Raed Al-Rawi

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

MUR (Béatrice Bastiani-Helbig)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



MUR

Le soir est tombé
et le mur aussi
Puis ce fut elle
dans ses bras à lui
Et malgré l’obscurité
et malgré la myopie
ses yeux ont croisé
ses yeux
Et tout autour d’eux
s’est évanoui
Et tous deux
ont pris feu
est et ouest
réunis

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Illustration: Koloman Moser

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

INNOCENCE (Béatrice Bastiani-Helbig)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



INNOCENCE

Deux enfants
sur un trampoline
se tenant par la main
cheveux au vent
Et dessous
un chien
courant en cercles

(Béatrice Bastiani-Helbig)

Illustration

 

Publié dans haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Poster un commentaire »

Petit mort pour rire (Tristan Corbières)

Publié par arbrealettres le 12 juillet 2012



Petit mort pour rire

Va vite, léger peigneur de comètes !
Les herbes au vent seront tes cheveux ;
De ton œil béant jailliront les feux
Follets, prisonniers dans les pauvres têtes…

Les fleurs de tombeau qu’on nomme Amourettes
Foisonneront plein ton rire terreux…
Et les myosotis, ces fleurs d’oubliettes…

Ne fais pas le lourd : cercueils de poètes
Pour les croque-morts sont de simples jeux,
Boîtes à violon qui sonnent le creux…
Ils te croiront mort — Les bourgeois sont bêtes —
Va vite, léger peigneur de comètes !

(Tristan Corbières)

Illustration: Gustave Moreau

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 209 followers