
Agapê
Ce frais silence
regard d’eau
tenue secrète
en sous-bois
ronceux
toucheur d’âme
qui vive
lointaine
est-ce toi
ou rien
n’y a-t-il
rien que cris
sans voix ?
(Christine Bonduelle)
Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Agapê
Ce frais silence
regard d’eau
tenue secrète
en sous-bois
ronceux
toucheur d’âme
qui vive
lointaine
est-ce toi
ou rien
n’y a-t-il
rien que cris
sans voix ?
(Christine Bonduelle)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Solidaires
les voix
à s’attendre
chercheuses
de chaque côté
du mur
remueuses
de pierres
à tâtons
perceuses
de jour
en trouées
éparses
étirant l’œil
à l’intérieur.
(Christine Bonduelle)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

je m’éveille au cri matinal de la mouette grise
Je me lève au cri matinal de la mouette grise
Je ne regarde pas en direction de l’obscurité
Je regarde au cœur de la lumière
***
I awake with the morning cry of the grey gull
I rise with the morning cry of the grey gull
I do not look towards the darkness
I look into the light
(poème eskimo)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

La Justice
Omar, le bon Omar se précipite aux pieds du sultan-philosophe.
– Seigneur, pourquoi m’accabler de douleurs ?
Et qu’ai-je fait pour mériter vos châtiments ? –
D’où te vient cette idée, cher Omar, qu’on a ce qu’on mérite ?
Pour le coup, telle erreur mérite un châtiment.
(Norge)
Publié dans poésie | Tagué: (Norge), accabler, châtiment, douleur, erreur, justice, mériter, philosophe, se précipiter, sultan | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Le Travail
On répara le tonneau et les Danaïdes furent bien attrapées.
Il leur vint d’ailleurs une mauvaise graisse et cela fit peine à voir.
Sisyphe n’en revenait pas. Pourvu que mon rocher continue, pensait-il.
Ah, ceux qui ont la vocation du travail, ça leur paraît tout drôle quand la besogne est faite.
(Norge)
Publié dans poésie | Tagué: (Norge), attrapée, besogne, Danaïdes, drôle, graisse, réparer, revenir, rocher, SiSyphe, tonneau, travail, vocation | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Où donc est la voix
de la mélodie inouïe ?
*
Ubi tunc vox
inauditae melodiae ?
(Wolmarus)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lingua_Ignota
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Ni rossignol, ni alouette
Tu appuies ton visage sur la mélancolie et tu n’entends
même pas le rossignol. Ou est-ce l’alouette ?
Tu peux à peine supporter l’air, partagé
entre la fidélité que tu dois
à la terre de ta mère et au bleu
presque blanc où l’oiseau se perd.
La musique, donnons-lui ce nom,
a toujours été ta blessure, mais aussi
au milieu des dunes ton exaltation.
N’écoute pas le rossignol. Ni l’alouette.
C’est en toi
que toute la musique est oiseau.
(Eugenio de Andrade)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

J‘entraîne mes pas.
Dans une demeure que je n’attendais pas,
si frêle
où ma voix
comme une torche
s’éteint.
Ne s’entend plus
que sur un bûcher.
Mais la voix revient, chargée de foin :
Où sommes-nous ?
Quelle heure est-il ?
Il n’est que maintenant.
Et c’est le livre.
Et je n’ai rien trouvé d’autre.
Mais je sème.
Tout ce que je suis.
Pour qu’il y ait un chemin au croisement de nos voix.
Je me tais.
J’écoute.
Un oiseau s’est posé sur moi.
Quelqu’un dans la haie
a ouvert un livre
malgré les épines
(Thierry Metz)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Traduction
Donne moi la flûte et chante,
L’immortalité s’étend dans le chant
et même après la mort
la flûte continue de se lamenter
T’es-tu réfugié dans les bois
loin des lieux, comme moi,
en suivant le cours des ruisseaux
et en gravissant les rochers
T’es-tu déjà lavé dans un parfum
et séché dans la lumière
Bu l’aurore comme un vin
rare dans des coupes célestes
Alors donne moi la flûte et chante
la meilleure des prières est le chant
et même lorsque la vie périt
la flûte continue de se lamenter
As-tu déjà passé une soirée
comme je l’ai fait, parmi les vignes
où pendent des candélabres
de grappes dorées
As-tu dormi toute une nuit dans l’herbe
l’espace en guise de couverture
s’excluant de tout avenir
ne se souvenant plus du passé.
Donne moi la flûte et chante
chanter est la justice du coeur
et même lorsque la culpabilité est morte
la flûte continue de se lamenter
Donne moi la flûte et chante
oublie la maladie et ses remèdes
l’Homme n’est rien que des lignes
qu’on griffonne sur l’eau
(Khalil Gibran)
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Publié par arbrealettres le 15 juillet 2012

Chanson de l’étranger
Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.
A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?
Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer,
devenue l’eau glacée des tombes.
Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.
Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.
(Edmond Jabès)
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