Archives du 22 juillet 2012
Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

Rien,
plus rien,
je ne suis rien.
Même pas un homme qui marche,
un homme qui dort,
je ne suis plus
une chair qui parle,
un sang qui rêve.
Je ne suis plus rien
qu’un Corps qui dégage
de l’énergie à rebours,
une corne de sécheresse
que j’abandonne à toute vitesse
mais par l’intérieur.
Vide,
je flotte sur du vide.
(Gérard Le Gouic)
Illustration: Ráed Al-Rawi
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

Rien ne s’achèvera,
ne naîtra de ma vie.
Mon sang joue dans des cornues
j’accompagne de l’oreille
sa rivière souterraine.
Mes yeux ne voient pas mes yeux,
mes muscles, mes tendons,
sont d’exotiques minéraux
que je ne laverai jamais de mes mains.
Je me tiens debout
contre les parois de ma chair,
je me tiens assis
entre mes propres bras,
je suis allongé en moi
comme dans un sarcophage.
Mon corps me colle tant
qu’il m’interdit tout mouvement.
(Gérard Le Gouic)
Illustration: Ráed Al-Rawi
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

J’imaginais
que tout pouvait
se bâtir, se fêter
hors des lois de l’amour
et puis j’ai vu
au fond d’une cour
une tige d’herbe
vaincre la pesanteur
pour se tendre vers un soleil
qu’elle ne rencontrera jamais.
(Gérard Le Gouic)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Gérard Le Gouic), amour, cour, herbe, imaginer, jamais, Loi, pesanteur, rencontrer, se bâtir, se fêter, soleil, tendre, vaincre | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

Le château
c’est la forêt
sur l’autre rive de l’étang
et qui fait face
aux colonnades, aux fenêtres,
au fer forgé des balcons,
au grand escalier de pierre.
Le château
c’est l’oeil qui le regarde.
(Gérard Le Gouic)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

mon sang
repose
dans la boite du coeur,
mon mur
dans la boite du corps,
mon corps
dans la boîte du lit,
mon lit
dans la boite de la chambre,
et ainsi de suite
jusqu’à la boite du néant
qui commande le couvercle
de toutes les autres.
Et pour le soulever
il me faudra me hisser
de boite en boite jusqu’à lui.
Mais une fois atteint
aurai-je encore envie de le décoller
ou de me lancer au contraire
à nouveau dans le vide ?
(Gérard Le Gouic)
Illustration: Tanni Koens
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

Quand ma chienne me regarde
ses yeux se posent en vérité
dans mon dos sur le vaisselier
ou sur la ligne des arbres
par la fenêtre ouverte.
Elle me regarde
comme à travers une porte en perles
et c’est l’au-delà qu’elle voit
et par moments qui l’inquiète.
(Gérard Le Gouic)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

Femme formant, de ses jambes
la voile d’un albatros,
et je m’amarre à elle.
Alors dans mon visage passe
avec un moment d’avance
ce qu’elle reconnaîtra sur le sien
l’inconfort du lien,
l’anxiété de l’accomplissement,
l’attente de la montée
et tout à coup l’éclair
qui ferait accepter le fer rouge.
(Gérard Le Gouic)
Illustration: Eric Fortune
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

L’ autre
croisée dans la rue, aux heures sombres – regards évités.
la même aurait pu être l’épousée sous une pluie de riz et de roses.
les oiseaux ne savent pas quand c’est dimanche.
(Jack Keguenne)
Illustration: Alberto Galvez
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012
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Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012

conjuguer avec toi le verbe "infinir".
par l’égard, suppléer à ce qui échappe.
toucher à l’amplitude.
(Jack Keguenne)
Illustration
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