Parfois,
le gars qui calcule
les décimales de pi,
il aurait bien envie
de faire une pause
(Jean-Claude Touzeil)
Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Parfois,
le gars qui calcule
les décimales de pi,
il aurait bien envie
de faire une pause
(Jean-Claude Touzeil)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012

Parfois
l’ornithorynque a bien du mal
à épeler son nom
(Jean-Claude Touzeil)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Canzone aux souvenirs de ma jeunesse perdue?
Temps sublime où j’errais,
plein de force et courage,
vivant ma libre vie
comme un poulain sauvage.
(Paul Fort)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Un petit monsieur écrit
sur des bouts de papier
petit monsieur tout seul
cherche un ami me contacter
(Bernard Moreau)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Dans le ciel
nuages-poivre
nuages-sel
tu te demandes comment
sera assaisonnée
la journée
à quelle pluie
elle sera mangée
(Joël Sadeler)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Ce qui crie dans l’espace transparent du gel,
dans cette nuit de verre épais qui tient captifs
les arbres et les rocs, les ossements de sel
et les bêtes couchées qui tremblent sous les ifs,
ce qui crie par-delà l’éponge des soupentes,
l’ordre des tuiles, l’humble raison des murs
n’est pas la mort feutrée glissant à la fissure,
collant sa bouche aux bouches des démentes,
mais, déchire, le bel oiseau nocturne,
en ses jardins, livrant au froid désert
son coeur violent sous la poignée de plumes.
Et c’est la vie qui veille quand tout meurt puisque je veille
et que je sais l’entendre,
les mains croisées sur ma gorge poreuse
qui lentement s’irrigue de son cri.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Pour construire un poème
Il faut briser le temps
Il faut prendre les mots
Dans un autre panier
Ecouter les épées
Des oiseaux de l’aurore
Passer le lourd portail
Qui s’ouvre sur la mer
Enfoncer son talon
Dans l’argile du monde
Attendre que le froid
Gèle les bruits du coeur
Et contempler le mur
Où les signes regardent.
(Georges Jean)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Il marche au milieu du lignage secret
L’écolier court à l’avant
les doigts violents dans les cavales du vent
Il marche comme on se multiplie
amarré à son peuple d’ombres
à ses fables de survie
Par vagues revient comme un chant errant
Mais la plaine s’amplifie
On voit clignoter le cavalier des leurres
et les moissons cachent leurs morts
Reste dans la fragilité des marges
fugace comme un signe
la petite chercheuse de coquillages
(Jacqueline Saint-Jean)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012
Le double froid
Demande,
efforce-toi,
bien que l’orgueil te tienne
comme le gel tient la terre
alors vêtue de glace, d’anathèmes.
Supplie le vent, implore qu’il desserre
le double froid,
la trompeuse splendeur.
L’infime croît,
le rouge-gorge est le pardon du jour.
Dénouée, à contre-nuit,
une robe enchante le ciel.
Vaste est la joie ou le chemin se perd.
(Jean Joubert)
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Publié par arbrealettres le 28 juillet 2012

L’ange de verre est descendu, l’oiseau
géant, la sentinelle des brouillards,
et le sommeil d’amour en fut voilé,
l’ombre de l’aile troublant l’eau
des seins légers sur le sable entrouvert.
Insaisissable cri sur une bouche où rage
la tempête de plumes, et déjà voici l’heure
et la rosée pesante où se séparent
jour et nuit, chair et cristal.
Un soleil bleu s’accroît. L’ange de verre
emplit les chambres nues, griffes serrées
sur les épaules des amants qui se délient.
Dans le jardin, rampe sur les terrasses,
comme un grand félin noir, échevelé,
l’odeur très pourrissante de l’automne.
(Jean Joubert)
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