Articles Tagués ‘aimer’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Moi, je vis la vie à côté
Sonnet
Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.
J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête,
Qu’importe ! J’aime la beauté.
Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.
J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !
(Charles Cros)
Illustration: Berit Kruger Johnsen
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Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies;
Qui ne les eût à ce vêpre cueillies
Chutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés bien qu’elles soient fleuries
En peu de temps cherront toutes flétries
Et comme fleurs périront tout soudain.
Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous, nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame ;
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle;
Pour ce, aimez-moi cependant qu’êtes belle.
(Pierre de Ronsard)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les yeux d’Amaranthe
Beaux yeux que j’aime tant, hé quelle est votre essence,
Car l’on vous pense feux à mon embrasement,
Puis l’on vous juge cieux par votre mouvement,
Mais non, vous êtes Dieux selon votre puissance.
Ces yeux n’ont que des feux toujours en influence,
Comme s’ils n’étaient faits que de cet élément :
Mais ces yeux étant dieux, leur branlant règlement
N’a que leur volonté pour toute intelligence.
Feux germains et gémeaux qui me donnez le jour,
Tandis que vous luirez dedans le ciel d’amour,
En tout temps et tout lieu je veux cueillir la rose.
Et quoi que le Démon avec ses appareils,
De rage et de noirceur à mes beaux jours oppose,
Je ne crains point l’éclipse avecque deux soleils.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Fernand Khnopff
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Publié par arbrealettres le 20 mai 2013

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents
car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel
(Guy Lévis Mano)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

DERNIER COULOIR
Avant tout : joie de servir
et de chanter si tu l’aimes,
avant tout : le seul désir
d’être pareil à toi-même
aux plages de ton poème
et d’éterniser l’instant.
Etre, avant tout, du voyage,
ne pas marchander le temps,
s’acharner dans les cordages
contre marées, contre vents.
Avant tout, s’en dégager
même si le masque est d’or,
toujours visière levée,
les bras nus et sans épée,
en attendant de partir
avant tout : joie de servir.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Ettore Aldo Del Vigo
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
La cave de ma maison
Est pleine d’objets inutiles
Que j’aime
(Abbas Kiarostami)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
J’aimerais terminer par une note d’espoir.
Je n’en ai pas.
Est-ce que deux notes de désespoir vous iraient?
(Woody Allen)
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Publié par arbrealettres le 13 mai 2013

La boîte noire
[...]
Je crois me rappeler avoir aimé.
Je ne suis pas sûre.
Je ne suis sûre de rien depuis qu’il fait si noir.
Je vois seulement une grande étendue verte sous le soleil
d’où il monte une odeur triste.
L’herbe est coupée.
La sève fraîche est-elle gluante?
Je ne sais pas.
Il me semble ce jour-là avoir tenu une main.
mais les visages se déforment dans ma mémoire avant de s’évanouir.
Et je cherche, je cherche ce qui a bien pu se passer.
Qui m’a mise ici ?
Qu’est-ce qui est arrivé pour que je sois enfermée dans cette boîte noire ?
Il me semble encore qu’on me touche mes cheveux.
Il fait si noir qu’on a peur d’avancer.
(Stéphane Martelly)
Illustration: Alexander Bartashevich
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Publié par arbrealettres le 13 mai 2013

Confession
Les lambeaux de notre amour mitigé
Accrochés aux poutres de mes souvenirs
Imprimés en moi éternellement.
Ce savant mélange, ce savant désordre
Cette passion étonnée, détonnée
Cet étrange amalgame de souvenirs
Ce synchronisme parfait, cet élan
Ce lien spirituel, primitif, basique
Donnent à ma vie du relief.
Vie sacralisée, saturée, colorée.
Oui, je t’aime. Oh! Que je t’aime!
Les fibres de mon corps, tendues
Vers un seul être, une seule âme.
Mon grand amour, mon tout amour.
Pourtant, je te confesse:
L’obésité de mon amour pour toi,
Me bloque la respiration. Asphyxie.
Criw, craw, criw, craw!
Gorge raclée, souffle court!
Cet amour cataclysme m’anéantira
Cet amour volcan me consumera.
Si je dois t’aimer, je ne dois exister.
Je ne puis me résoudre à disparaître.
Je t’aimerai de loin, plus fort encore
(Nedjmhartine Vincent)
Illustration: Andrius Kovelinas
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