Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘alizé’

PEU IMPORTE (Hélène Laugier)

Publié par arbrealettres le 16 mars 2013




Peu importe
où elle est sise
cette île imprécise,
elle me berce au creux douillet
de mon rêve parfait,
ses musiques exotiques
"steel band" ou romantiques
sont transmises
par une brise invisible,
l’âme en est toute imprégnée,
caressée par les vents alizés.

Peu importe
où elle est sise
cette île exquise,
nul ne peut la voir
mon île imaginaire ;
elle m’habite toute entière
et je m’y réfugie
à coeur perdu ;
elle est ma tour d’ivoire,
mon espoir ;
le voyage en effet
n’est qu’un joli mirage,
je me repais de si belles images,
d’un paysage
que je dessine à ma guise
sur une palette exquise.

Je choisis mes couleurs
au gré de mon humeur,
alors peu importe
où elle sise
cette terre promise
sise où je veux,
quand je veux,
l’on y est si heureux…

(Hélène Laugier)

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La ligne droite (Maurice Blanchard)

Publié par arbrealettres le 9 octobre 2012



La ligne droite

Dès lors, tout devenait simple et facile. L’homme
suivait la route des hommes. Les alizés suivaient les
flèches tracées sur les cartes. À l’heure du sommeil, au
sein de la nuit, je rentrais dans la maison des hommes,
dans une de ses innombrables chambres où l’étrange
faculté de renaître reprend ses droits, prodigue ses
sortilèges.
Tout à coup, un cri épais éclata : le cri des choses
— ainsi nommées parce qu’elles ne choisissent pas leur
chemin et qu’elles sont imperméables au tracé des
cartes — et je gravis les étages, telle une flamme sur le
bois mort. Derrière le mur, le cri s’éteignit, derrière le
mur d’une chambre sans porte, la seule de ce genre au
pays des problèmes.
Je frappai et me brisai les poings, je frappai comme
un bûcheron ivre à la porte de la forêt. Autour de moi,
des figures effrayées apparurent dans l’entrebâillement
des murs. Des figures de pierre vidées de leur sang, des
pensées assagies.

(Maurice Blanchard)


Illustration: Île Nancy

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Fleur d’étranger (Bernard Flucha)

Publié par arbrealettres le 1 octobre 2011




Fleur d’étranger

J’habite le village en lacets de ma mémoire
les rideaux tirés sur mes fenêtres
l’antre melliflue d’un corps à portée d’odeur profonde

J’habite la levée d’un voile
qu’une main buissonnière me tend au-delà de ses ponts

J’habite le coeur au vagabond de quelques traits humides
le reflet alizé d’un souffle de bitume
une arche
un instantané de porte

J’habite une photographie du puzzle de mes saisons
une étoile rouge nimbée de rais et de lumière naine
une embrasure de feu

J’habite un instant de pluie

J’habite le village enlacé de ta mémoire

(Bernard Flucha)

Poète découvert chez Lara ici


Illustration: René Magritte

 

 

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Retouche à la force (Daniel Boulanger)

Publié par arbrealettres le 9 juillet 2011


sirene rosee

maître du peuple des sirènes
soleil ceint de poignards
un cheveu dans l’oeil un nuage
et elles t’échappent
et fuient
et l’alizé fleuri te les vole au passage

(Daniel Boulanger)

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