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Poésie

Articles Tagués ‘amant’

L’Origine de la Harpe (Thomas Moore)

Publié par arbrealettres le 25 mai 2013



Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Etait une Sirène, à la voix douce et belle.
On l’entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissant sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d’une nuage,
Son amant parmi les roseaux.

Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l’amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers.

En contours gracieux tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d’espérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l’onde
Et deviennent des cordes d’or.

***

The Origin of the Harp

Tis believed that this Harp, which I wake now for thee
Was a Siren of old, who sung under the sea;
And who often, at eve, through the bright waters roved,
To meet, on the green shore, a youth whom she loved.

But she loved him in vain, for he left her to weep,
And in tears, all the night, her gold tresses to steep,
Till heaven look’d with pity on true-love so warm,
And changed to this soft Harp the sea-maiden’s form.

Still her bosom rose fair — still her cheeks smiled the same –
While her sea-beauties gracefully form’d the light
And her hair, as, let loose, o’er her white arm it fell,
Was changed to bright chords uttering melody’s spell.

Hence it came, that this soft Harp so long hath been known
To mingle love’s language with sorrow’s sad tone;
Till thou didst divide them, and teach the fond lay
To speak love when I’m near thee, and grief when away.

(Thomas Moore)

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Les joues d’Amaranthe (Pierre de Marbeuf)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013



 

Les joues d’Amaranthe

Des roses et des lys filles et soeurs jumelles,
Qui sous un lait caillé doucement tremblotez,
Joues où l’amour joue en toutes privautés,
Et bâtit aux souris des demeures nouvelles,

Lors que vous rougissez, que vos roses sont belles,
Quand l’épine d’honneur veut armer vos beautés,
Le satin de vos lys montrant vos chastetés,
Donne aux amants la peur, et l’amour aux rebelles.

Petits creux, magasins et d’amours et d’appas,
La petite rondeur que vous avez en bas,
Fait que je vous compare aux pommes d’Atalante.

S’il faut pour ce beau fruit mourir, ou bien courir,
Ma course est inégale : il me faut donc mourir,
Si vous ne me donnez vos pommes, Amaranthe.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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Mon travail est d’aimer (Lydie Dattas)

Publié par arbrealettres le 6 mai 2013


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Le ciel ne m’aime pas d’un amour ordinaire
les amants s’aiment moins que ne m’aime l’aurore.
Je dis la vérité puisque je ne mens pas,
puisque la vérité m’empêche de mentir.
Je vais où la beauté me commande d’aller,
je fais exactement ce que l’azur décide,
puisque j’ai mis mes pas dans les pas de l’azur.
Mon travail est d’aimer tout ce qui est aimable:
la jacinthe sculptée dans le bleu de l’azur,
la neige qui jamais ne s’est méfiée de moi,
la neige qui changeait ma tristesse en beauté,
et le pur entretien de la neige et de l’âme.
Je t’aimerais autant que j’aime la beauté
si tu pouvais m’aimer comme m’aime l’aurore.

(Lydie Dattas)

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Ton coeur est une plume (Adonis)

Publié par arbrealettres le 6 mai 2013


plume

L’ici-bas vient à moi
Ton coeur est une plume ô amante
le mien est un vent
Tu es l’envoûtement qui va s’intensifiant

(Adonis)

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Mon coeur (Michèle Voltaire Marcelin)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



Alberto Pancorbo -El-candado

Mon coeur

Mon coeur sert tant et si souvent
que la rouille ne s’y installe pas
Il faut à chaque fois y changer la serrure
Le dernier amant garde toujours la clef

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Alberto Pancorbo

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La mémoire (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013


 


 

Gene Pressler

La mémoire

Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m’apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j’ai fuie ?
Qu’est auprès de son teint la rose après la pluie ?
Peut-on comparer même au chant du bengali
Son exotique accent, si clair et si joli ?
Est-il une grenade entr’ouverte qui rende
L’incarnat de sa bouche adorablement grande ?
Oui, les astres sont purs, mais aucun, dans les cieux,
Aucun n’est éclatant et pur comme ses yeux ;
Et l’antilope errant sous le taillis humide
N’a pas ce long regard lumineux et timide.
Ah ! devant tant de grâce et de charme innocent,
Le poète qui veut décrire est impuissant ;
Mais l’amant peut du moins s’écrier : "Sois bénie,
O faculté sublime à l’égal du génie,
Mémoire, qui me rends son sourire et sa voix,
Et qui fais qu’exilé loin d’elle, je la vois !"

(François Coppée)

Illustration: Gene Pressler  

 

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Paysage (Albert Mérat)

Publié par arbrealettres le 9 avril 2013



 

Paul Lorenzi- (90)

Paysage

À l’abri de l’hiver qui jetait vaguement
Sa clameur, dans la chambre étroite et bien fermée
Où mourait un bouquet fait de ta fleur aimée,
Parmi les visions de l’étourdissement ;

Pendant qu’avec la joie extrême d’un amant
Je froissais d’un coeur las et d’une main pâmée
L’étoffe frémissante et la chair embaumée,
Mon sang montait plus lourd à chaque battement.

J’avais le souvenir d’un ancien paysage
Je revoyais, le front penché sur ton visage,
La source pure et claire au milieu des roseaux ;

Et, dans l’ombre où veillait la lampe en porcelaine,
S’ouvraient à la chaleur tiède de mon haleine
Tes froids regards pareils aux larges fleurs des eaux.

(Albert Mérat)

Illustration: Paul Lorenzi

 

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AUREA MEDIOCRITAS (Jules Lefèvre-Deumier)

Publié par arbrealettres le 8 avril 2013



 

Papillon

AUREA MEDIOCRITAS

Heureux l’ami secret des arts et de l’étude,
Pour qui la renommée est une servitude :
Le sourire du ciel a lui sur son berceau.
La gloire fait du mal : son sublime flambeau
A des éclairs trop vifs pour une humble chaumine :
Il aveugle toujours les yeux qu’il illumine.
L’appeler sous son toit, c’est bannir le sommeil ;
C’est y vouloir, pour lampe, attacher le soleil.
Au temple des grands noms suspendons nos guirlandes ;
Mais n’ayons pas d’autels, où nous servions d’offrandes.
Ambitieux amants du commerce des fleurs,
Ne les cultivons pas pour vendre leurs couleurs.
Tandis que, spéculant sur leur grâce fertile,
Pour en faire de l’or un autre les distille,
Aimez-les seulement ; ou, leurs dons les plus doux,
Un papillon qui passe en jouit plus que vous.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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LE SONGE (Evariste Parny)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

Tamara de Lempicka _la_belle_rafala_en_vert1

LE SONGE

Le sommeil a touché ses yeux ;
Sous des pavots délicieux
Ils se ferment, et son coeur veille.
A l’erreur ses sens sont livrés.
Sur son visage par degrés
La rose devient plus vermeille ;
Sa main semble éloigner quelqu’un :
Sur le duvet elle s’agite ;
Son sein impatient palpite
Et repousse un voile importun.
Enfin, plus calme et plus paisible,
Elle retombe mollement,
Et de sa bouche lentement
S’échappe un murmure insensible.
Ce murmure plein de douceur
Ressemble au souffle de Zéphyre,
Quand il passe de fleur en fleur ;
C’est la volupté qui soupire.
Oui, ce sont les gémissements
D’une vierge de quatorze ans,
Qui dans un songe involontaire
Voit une bouche téméraire
Effleurer ses appas naissants
Et qui dans ses bras caressants
Presse un époux imaginaire.

Le sommeil doit être charmant,
Justine, avec un tel mensonge ;
Mais plus heureux encor l’amant
Qui peut causer un pareil songe !

(Evariste Parny)

Illustration: Tamara de Lempicka

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IL EST TROP TARD (Evariste Parny)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

Pier Toffoletti 31

IL EST TROP TARD

Rappelez-vous ces jours heureux,
Où mon coeur crédule et sincère
Vous présenta ses premiers voeux.
Combien alors vous m’étiez chère !
Quels transports ! quel égarement !
Jamais on ne parut si belle
Aux yeux enchantés d’un amant ;
Jamais un objet infidèle
Ne fut aimé plus tendrement.
Le temps sut vous rendre volage ;
Le temps a su m’en consoler.
Pour jamais j’ai vu s’envoler
Cet amour qui fut votre ouvrage :
Cessez donc de le rappeler.
De mon silence en vain surprise,
Vous semblez revenir à moi ;
Vous réclamez en vain la foi
Qu’à la vôtre j’avais promise :
Grâce à votre légèreté,
J’ai perdu la crédulité
Qui pouvait seule vous la rendre.
L’on n’est bien trompé qu’une fois.
De l’illusion, je le vois,
Le bandeau ne peut se reprendre.
Échappé d’un piège menteur,
L’habitant ailé du bocage
Reconnaît et fuit l’esclavage
Que lui présente l’oiseleur.

(Evariste Parny)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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