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Poésie

Articles Tagués ‘attendre’

Au jeu des roses et du mystère (Jean-Pierre Siméon)

Publié par arbrealettres le 17 juin 2013



Je te précède et tu m’attends
au jeu des roses et du mystère.

(Jean-Pierre Siméon)

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Sans rien attendre aimer (Robert Mallet)

Publié par arbrealettres le 17 juin 2013



Sans rien attendre aimer

Sans voir l’oiseau
aimer l’entendre
aimer le feu
sans voir la cendre
sans la comprendre
aimer la vie
aimer donner
sans se déprendre
Sans rien attendre
aimer.

(Robert Mallet)


Illustration

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Une lettre de femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2013



Samy Charnine long_wait

Une lettre de femme

Les femmes, je le sais, ne doivent pas écrire ;
J’écris pourtant,
Afin que dans mon coeur au loin tu puisses lire
Comme en partant.

Je ne tracerai rien qui ne soit dans toi-même
Beaucoup plus beau :
Mais le mot cent fois dit, venant de ce qu’on aime,
Semble nouveau.

Qu’il te porte au bonheur ! Moi, je reste à l’attendre,
Bien que, là-bas,
Je sens que je m’en vais, pour voir et pour entendre
Errer tes pas.

Ne te détourne point s’il passe une hirondelle
Par le chemin,
Car je crois que c’est moi qui passerai, fidèle,
Toucher ta main.

Tu t’en vas, tout s’en va ! Tout se met en voyage,
Lumière et fleurs,
Le bel été te suit, me laissant à l’orage,
Lourde de pleurs.

Mais si l’on ne vit plus que d’espoir et d’alarmes,
Cessant de voir,
Partageons pour le mieux : moi, je retiens les larmes,
Garde l’espoir.

Non, je ne voudrais pas, tant je te suis unie,
Te voir souffrir :
Souhaiter la douleur à sa moitié bénie,
C’est se haïr.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Samy Charnine

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Toi qui m’as tout repris… (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2013



 

Carrie Vielle (9) [1280x768]

Toi qui m’as tout repris…

Toi qui m’as tout repris jusqu’au bonheur d’attendre,
Tu m’as laissé pourtant l’aliment d’un coeur tendre,
L’amour ! Et ma mémoire où se nourrit l’amour.
Je lui dois le passé ; c’est presque ton retour !
C’est là que tu m’entends, c’est là que je t’adore,
C’est là que sans fierté je me révèle encore.
Ma vie est dans ce rêve où tu ne fuis jamais ;
Il a ta voix, ta voix ! Tu sais si je l’aimais !
C’est là que je te plains ; car plus d’une blessure,
Plus d’une gloire éteinte a troublé, j’en suis sûre,
Ton coeur si généreux pour d’autres que pour moi :
Je t’ai senti gémir ; je pleurais avec toi !

Qui donc saura te plaindre au fond de ta retraite,
Quand le cri de ma mort ira frapper ton sein ?
Tu t’éveilleras seul dans la foule distraite,
Où des amis d’un jour s’entr’égare l’essaim ;
Tu n’y sentiras plus une âme palpitante
Au bruit de tes malheurs, de tes moindres revers.
Ta vie, après ma mort, sera moins éclatante ;
Une part de toi-même aura fui l’univers.
Il est doux d’être aimé ! Cette croyance intime
Donne à tout on ne sait quel air d’enchantement ;
L’infidèle est content des pleurs de sa victime ;
Et, fier, aux pieds d’une autre il en est plus charmant.

Mais je n’étouffe plus dans mon incertitude :
Nous mourrons désunis, n’est-ce pas ? Tu le veux !
Pour t’oublier, viens voir ! … qu’ai-je dit ? Vaine étude,
Où la nature apprend à surmonter ses cris,
Pour déguiser mon coeur, que m’avez-vous appris ?
La vérité s’élance à mes lèvres sincères ;
Sincère, elle t’appelle, et tu ne l’entends pas !
Ah ! Sans t’avoir troublé qu’elle meure tout bas !
Je ne sais point m’armer de froideurs mensongères :
Je sais fuir ; en fuyant on cache sa douleur,
Et la fatigue endort jusqu’au malheur.

Oui, plus que toi l’absence est douce aux cœurs fidèles :
Du temps qui nous effeuille elle amortit les ailes ;
Son voile a protégé l’ingrat qu’on veut chérir :
On ose aimer encore, on ne veut plus mourir.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carrie Vielle

 

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Son image (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2013



 

Julia Perret   -le-combat

Son image

Elle avait fui de mon âme offensée ;
Bien loin de moi je crus l’avoir chassée :
Toute tremblante, un jour, elle arriva,
Sa douce image, et dans mon coeur rentra :
Point n’eus le temps de me mettre en colère ;
Point ne savais ce qu’elle voulait faire ;
Un peu trop tard mon coeur le devina.

Sans prévenir, elle dit : "Me voilà ?
"Ce coeur m’attend. Par l’Amour, que j’implore,
"Comme autrefois j’y viens régner encore. "
Au nom d’amour ma raison se troubla :
Je voulus fuir, et tout mon corps trembla.
Je bégayai des plaintes au perfide ;
Pour me toucher il prit un air timide ;
Puis à mes pieds en pleurant, il tomba.
J’oubliai tout dès que l’Amour pleura

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Julia Perret

 

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Pluie (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013



Pluie
qui dit l’abri
le besoin d’attendre

(Werner Lambersy)

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Ballade du dernier amour (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013



 

Nik Helbig mj-gone-too-soon

Ballade du dernier amour

Mes souvenirs sont si nombreux
Que ma raison n’y peut suffire.
Pourtant je ne vis que par eux,
Eux seuls me font pleurer et rire.
Le présent est sanglant et noir ;
Dans l’avenir qu’ai-je à poursuivre ?
Calme frais des tombeaux, le soir !…
Je me suis trop hâté de vivre.

Amours heureux ou malheureux,
Lourds regrets, satiété pire,
Yeux noirs veloutés, clairs yeux bleus,
Aux regards qu’on ne peut pas dire,
Cheveux noyant le démêloir
Couleur d’or, d’ébène ou de cuivre,
J’ai voulu tout voir, tout avoir.
je me suis trop hâté de vivre.

je suis las. Plus d’amour. je veux
Vivre seul, pour moi seul décrire
Jusqu’à l’odeur de tes cheveux,
Jusqu’à l’éclair de ton sourire,
Dire ton royal nonchaloir,
T’évoquer entière en un livre
Pur et vrai comme ton miroir.
je me suis trop hâté de vivre.

ENVOI

Ma chanson, vapeur d’encensoir,
Chère envolée, ira te suivre.
En tes bras j’espérais pouvoir
Attendre l’heure qui délivre ;
Tu m’as pris mon tour. Au revoir.
je me suis trop hâté de vivre.

(Charles Cros)

Illustration: Nik Helbig

 

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L’arbre attend (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013



 

Oui, l’eau coule et l’arbre attend.

Elle coule au creux de la terre,
Elle coule dans la chair de l’arbre

Et l’arbre attend.

(Guillevic)

 

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Bienvenue (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 14 juin 2013


chardon

Bienvenue
c’est un jour soleilleux
que l’on attend l’étranger.
Vêtu de drap noir et fin
et coiffé du chapeau haut
il va pousser la barrière
et dire amis me voici.

L’âne broutant le chardon bleu
la jument en robe sombre
le porc buveur de lait maigre
le chien au front étoilé
le chat sensible aux orages
devant lui seront les mêmes
qu’en la dure Antiquité.

(Jean Follain)

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S’il l’avait su (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 14 juin 2013



 

Jonathon Earl Bowser  001

S’il l’avait su

S’il avait su quelle âme il a blessée,
Larmes du coeur, s’il avait pu vous voir,
Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
De l’exprimer eût gardé le pouvoir,
Changer ainsi n’eût pas été possible ;
Fier de nourrir l’espoir qu’il a déçu :
A tant d’amour il eût été sensible,
S’il avait su.

S’il avait su tout ce qu’on peut attendre
D’une âme simple, ardente et sans détour,
Il eût voulu la mienne pour l’entendre,
Comme il l’inspire, il eût connu l’amour.
Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
Dans leur pudeur n’a-t-il rien aperçu ?
Un tel secret valait toute son âme,
S’il l’avait su.

Si j’avais su, moi-même, à quel empire
On s’abandonne en regardant ses yeux,
Sans le chercher comme l’air qu’on respire,
J’aurais porté mes jours sous d’autres cieux.
Il est trop tard pour renouer ma vie,
Ma vie était un doux espoir déçu.
Diras-tu pas, toi qui me l’as ravie,
Si j’avais su !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Jonathon Earl Bowser

 

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