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Poésie

Articles Tagués ‘attendre’

Résignation (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 24 mai 2013



Résignation

Parasite insensé d’une obscure planète,
Dans l’infini tonnant d’éternelles clameurs,
Sur un point inconnu j’apparais et je meurs,
Et je veux qu’aussitôt tout le sache, et s’arrête!

Je veux que pour un cri perdu dans la tempête
Les océans soudain sèchent leurs flots hurleurs,
Et que pour apporter sur ma tombe des fleurs,
Les soleils en troupeaux accourent de leur Fête!

Pauvre coeur insensé! brise-toi, tu n’es rien.
Et bien d’autres sont morts dont le coeur fut le tien,
Et la terre elle-même ira dans le silence.

Tout est dur et sans coeur et plus puissant que toi.
Souffre, aime, attends toujours et [ ....... ] danse
Sans même demander l’universel Pourquoi.

(Jules Laforgue)


Illustration: William Blake

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Si le poème allait chanter (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013



 

Chantal Larriviere    atoll

Si le poème allait chanter…
La page blanche est l’harmonie avant l’épreuve du langage, avant
que ne vienne le forgeron nubile, avant le souffle du troubadour.
Si le poème allait chanter… On attend.
On attend un miracle en forme d’atoll sous la vague.
On attend aussi morose que le temps chez les truands de province.
On attend ! On attend, Tamarie, dans l’éparpillement soyeux des
étamines du printemps
On attend, on attend le dernier Jugement.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Chantal Larriviere  

 

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J’attendais un cri (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



J’étais dans des bruits.

Chaque fois la perforatrice
S’acharnait plus haut.

J’attendais un cri
Qui résumerait,
Qui effacerait,

Qui ramènerait
A ce qui se tait.

(Guillevic)

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A la montée de la sève (Jean-Marie Petit)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



 

Stéphane Auton_homme arbre

A la montée de la sève
Je me suis greffé sur le bras
Un rejet de cerisier
Au bout des doigts
Un pommier de Saint-Jean
Sur la nuque un figuier
Et maintenant j’attends les oiseaux.

(Jean-Marie Petit)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Stéphane Auton

 

http://www.stephane-hauton.fr/category/peinture/tableaux/

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Un couple là-bas s’endort (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 8 mai 2013



Odd Nerdrum

 

Un couple là-bas s’endort
dans la barque de la mort.
Ne vous pressez pas, vous dis-je,
nous attendons un prodige.
Cannelure des colonnes
c’est de vous que sortit l’homme :
or au fond des propylées
la gorge était profilée.
Pins odorants de soleil
pour qui sonna le sommeil ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Au pas, à pas, petit âne (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 8 mai 2013



 

Anon

Au pas, à pas, petit âne,
rumine et mâche de l’âme,
seul à seul tu trottes seul,
le maitre attend sur le seuil.

(Georges Libbrecht)

Illustration

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J’ai posé mes rêves sur la pointe du lit (Évelyne Trouillot)

Publié par arbrealettres le 7 mai 2013



Andrius Kovelinas 488 

J’ai posé mes rêves sur la pointe du lit
pour que ne tremble point
la poussière de nos yeux

Pays de boues incandescentes
et de pétales en croix
Amour d’écumes de déraison
apprends-moi à marcher à petits pas
car la pluie s’impatiente
et les fleurs se rebellent
Pays de soleils irréels
le ciel attend
ton signal pour arrimer les étoiles

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Andrius Kovelinas

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Nous sommes devenus ce que l’attente a fait de nous (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013




Nous sommes devenus
Ce que l’attente a
Fait de nous

Quand viennent
Ces paroles entendues
Chaque fois

Que vente en tempête
L’écho
De serments non tenus

Sans deviner ni par qui
Ni de quoi il
S’agit

Et qui dira
Si l’ignorance est
Ce qu’on attend ou non

(Werner Lambersy)

Illustration

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Confiance (Ida Faubert)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter

Confiance

Ils s’aiment en silence, et leur coeur se consume;
En attendant toujours l’instant qui doit venir.
Ils souffrent, mais pourtant ils n’ont pas d’amertume,
Ils savent que demain leur tourment va finir.

Ils savent que demain les Heures merveilleuses
Viendront sonner pour eux la fête de l’Amour
Et qu’Elles souriront aux belles amoureuses
Qui pleurent dans la nuit en espérant le jour.

Et dans le soir, fiévreusement, leurs bras se tendent
Bien qu’ils soient séparés, ils se parlent tout bas.
Ils disent doucement que leurs âmes s’attendent,
Et qu’il est des amours que l’on ne détruit pas.

(Ida Faubert)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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Il en fut comme d’un crépuscule (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 29 avril 2013



 

Christophe Hohler

Il en fut comme
d’un crépuscule immense d’or allègre,
qui se serait, soudain, éteint tout entier
en un nuage de cendre.

— Il m’en resta cette tristesse
des désirs brûlants, quand ils doivent
s’enfermer dans la geôle
de la vérité quotidienne ; ce chagrin
des jardins aux couleurs idéales
qu’efface une lumière sale de pétrole —.

Et je ne m’y résignais pas.
Je le pleurai ; je l’obligeai. Je vis la ridicule
injustice de cette candide fraternité
de l’homme et de la vie,
de la mort et de l’homme.

Et me voici, vivant ridicule, attendant,
mort ridicule, la mort!

***

Fue lo mismo
que un crepúsculo inmenso de oro alegre,
que, de repente, se apagara todo,
en un nublado de ceniza.

—Me dejó esa tristeza
de los afanes grandes, cuando tienen
que encerrarse en la jaula
de la verdad diara; ese pesar
de los jardines de colores ideales,
que borra una luz sucia de petróleo—.

Yo no me resignaba.
Le lloré; le obligué. Vi la ridícula
sinrazón de esta cándida hermandad
de hombre y vida,
de muerte y hombre.

¡Yaqui estoy, vivo ridículo, esperando,
muerto ridículo, a la muerte!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Christophe Hohler

 

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