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Articles Tagués ‘baiser’

Si tu veux que je meure… (Rémy Belleau)

Publié par arbrealettres le 26 mai 2013



 

Giampaolo Ghisetti -  (1)

Si tu veux que je meure…

Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémy Belleau)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Embrasse-moi, mon coeur … (Rémy Belleau)

Publié par arbrealettres le 26 mai 2013



 

Carmen Tyrrell  c.t.Lovers Je te Aime 1500

Embrasse-moi, mon coeur…

Embrasse-moi, mon coeur, baise-moi, je t’en prie,
Presse-moi, serre-moi ! À ce coup je me meurs !
Mais ne me laisse pas en ces douces chaleurs :
Car c’est à cette fois que je te perds, ma vie.

Mon ami, je me meurs et mon âme assouvie
D’amour, de passions, de plaisirs, de douceurs,
S’enfuit, se perd, s’écoule et va loger ailleurs,
Car ce baiser larron me l’a vraiment ravie.

Je pâme ! Mon ami ! mon ami, je suis morte !
Hé ! ne me baisez plus, au moins de cette sorte.
C’est ta bouche, mon coeur, qui m’avance la mort.

Ote-la donc, m’amour, ote-la, je me pâme !
Ote-la, mon ami, ote-la, ma chère âme,
Ou me laisse mourir en ce plaisant effort !

(Rémy Belleau)

Illustration: Carmen Tyrrell

 

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La mélancolie de Pierrot (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 24 mai 2013



La mélancolie de Pierrot

Le premier jour, je bois leurs yeux ennuyés….
Je baiserais leurs pieds,
À mort. Ah! qu’elles daignent
Prendre mon coeur qui saigne!
Puis, on cause…. — et ça devient de la Pitié;
Et enfin je leur offre mon amitié.

C’est de pitié, que je m’offre en frère, en guide;
Elles, me croient timide,
Et clignent d’un oeil doux :
« Un mot, je suis à vous! »
(Je te crois) Alors, moi, d’étaler les rides
De ce coeur, et de sourire dans le vide

Et soudain j’abandonne la garnison,
Feignant de trahisons!
(Je l’ai échappé belle!)
Au moins, m’écrira-t-elle?
Point. Et je la pleure toute la saison….
— Ah! j’en ai assez de ces combinaisons!

Qui m’apprivoisera le coeur! belle cure …..
Suis si vrai de nature
Aie la douceur des soeurs!
Oh viens! suis pas noceur,
Serait-ce donc une si grosse aventure
Sous le soleil? dans toute cette verdure…

(Jules Laforgue)


Illustration: Antoine Watteau

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Où sont ses pieds rosés aux chevilles d’ivoire? (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 23 mai 2013



Où sont ses pieds rosés aux chevilles d’ivoire?
Sa hanche au grand contour, les globes de ses seins ?
Son crâne a-t-il encor cette crinière noire
Que l’orgie autrefois couronnait de raisins ?

Et son ventre, son dos ? Oh ! que sont devenues
Surtout, par les hasards de l’insensible azur,
Ces épaules cold-cream? et ces lèvres charnues
Où mes dents mordillaient comme dans un fruit mûr?

Et ces cuisses que j’ai fait craquer dans les miennes?
Et ce col délicat, ce menton et ce nez,
Ces yeux d’enfer pareils à ceux des Bohémiennes
Et ses pâles doigts fins aux ongles carminés ?

Il n’y a que l’échange universel des choses,
Rien n’est seul, rien ne naît, rien n’est anéanti,
Et pour les longs baisers de ses métamorphoses,
Ce qui fut mon épouse au hasard est parti!

Parti pour les sillons, les forêts et les sentes,
Les mûres des chemins, les prés verts, les troupeaux,
Les vagabonds hâlés, les moissons d’or mouvantes,
Et les grands nénuphars où pondent les crapauds,

Parti pour les cités et leurs arbres phtisiques,
Les miasmes de leurs nuits où flambe le gaz cru,
Les bouges, les salons, les halles, les boutiques,
Et la maigre catin et le boursier ventru.

Parti… fleurir peut-être un vieux mur de clôture
Par-dessus qui, dans l’ombre et les chansons des nids,
Deux voisins s’ennuyant en villégiature
Échangeront un soir des serments infinis !

(Jules Laforgue)


Illustration: Niklaus Manuel Deutsch

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Les cheveux d’Amaranthe (Pierre de Marbeuf)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013



 

Nina Reznichenko -

Les cheveux d’Amaranthe

Zéphyre bien souvent de votre poil se joue,
Pillant sous ce prétexte un baiser amoureux :
Et des ondes qu’il fait flotter sur votre joue,
Un Pactole prend source en l’or de vos cheveux.

Cheveux petites rets, Cupidon vous avoue
De me prendre le coeur : que ce coeur est heureux
Alors que je vous baise, alors que je vous loue,
Cheveux qui l’achevez de le rendre amoureux.

Beaux cheveux, filets d’or, rayons d’ambre et de flamme,
Doux geôliers de mon coeur, doux chaînons de mon âme,
Si par travail s’acquiert votre riche toison :

Et aux feux et aux fers j’exposerai ma vie ;
Puis retournant vainqueur du dragon de l’envie,
Mériterai-je pas d’en être le Jason ?

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Nina Reznichenko

 

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Les revers de tes paupières (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013


ba53

Je te comble des richesses
qui me restent de mes chants.
Je pénétrerai, léger,
dans ton sommeil pour baiser
les revers de tes paupières

(Rilke)

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Quelquefois (Christian Viguié)

Publié par arbrealettres le 9 mai 2013



Le dernier déchirement
est pour la neige
pour des milliers de papillons
qui entourent la peur muette
d’un arbre

Quelquefois
c’est ton baiser
qui annule la montagne.

(Christian Viguié)


Illustration: Auguste Rodin

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Poète d’été poète d’automne (Marie-Laurette Destin)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



Brad Kunkle The-Search_web 

Poète d’été poète d’automne
Soleil de mes moments de défaillance
A l’ombre de tes lèvres
Je masque mes douleurs
Masque de tes poésies
De tes poésies d’amour
De tes poésies de fin du monde
De ton négro spiritual
Poète d’été poète d’automne
Je remâche constamment tes mots
Tes mots désespérés
T’ont libéré enfin
Les poils de ton corps sont
Une forêt sauvage
Tes baisers sur mes yeux sont les quatre saisons
Le jour où tu seras oiseau
Je te volerai dans ta cage

(Marie-Laurette Destin)

Illustration: Brad Kunkle

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Ma Solitude (Michèle Voltaire Marcelin)

Publié par arbrealettres le 4 mai 2013



 Siegfried Zademack -  - (18)

Ma Solitude

Ma Solitude est une Princesse de Bordel
Elle a une couronne d’aubépine
Et des roses sur la poitrine
Elle a un sexe de géranium
Elle a des plaintes d’harmonium
Ma Solitude est une Putain fière
Parfumée de dentelle ancienne
Prise au piège des prières
Elle offre un baiser sur les lèvres
A un mendiant pour une aumône
Ma Solitude est préposée aux Portes du Palais
Elle est perdue dans les couloirs
Fleurie de lys et d’hortensias
Mille étoiles percent ses paupières
Mille battements d’ailes chavirent son coeur
Ma Solitude est une Vierge crucifiée
Parée de mille fleurs exfoliées
Et je lui chante des louanges
Dans le bleu des cierges incendiés

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Siegfried Zademack

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L’air autour de tes lèvres (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

L’air
Autour de tes lèvres
Est léger

Tant il y flottent peu
De mots

A peine
Comme un ou deux
Cheveux
Laissés sur l’oreiller

Puis sur la baignoire

Qui disent combien
Tu étais nue

Détendue en ce bain
Où nos baisers
Faisaient des bulles

Je pense à ta bouche
Sur ma peau
Chaque fois que dans

Le parc sous la neige
Je vois traverser
L’écureuil

Qui vient pour jouer
Avec moi
Quand je rentre seul

(Werner Lambersy)

Illustration: Drew Darcy

 

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