Articles Tagués ‘bleue’
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

En chemise bleue
Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Bleu d’azur sombre bleu de fumée
Fumée de cigarettes défuntes
Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Cauchemar peuplé de rires
Rire jaune rire de cristal
Cristal de larmes fugitives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue
Dans un cendrier couleur de nuit
Nuit de mains lasses de mains fiancées
Fiancées nubiles fiancées lascives
Un fume-cigarette dort en chemise bleue
(Célie Diaquoi-Deslandes)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 8 avril 2013

Les Souvenirs
Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l’on n’ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu’elles sont là comme à leur habitude,
Et c’est la chambre bleue, et c’est la chambre rose…
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l’on y continue à vivre en souriant…
(Henry Bataille)
Illustration: Edward Hopper
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Publié par arbrealettres le 24 mars 2013
[GRAND MERCI, VIOLONS...]
Grand merci, violons, pour ce jour
à quatre cordes. Pure
est la sonorité du ciel,
la voix bleue de l’air.
(Pablo Neruda)
Illustration: Claude Sauzet
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Publié par arbrealettres le 21 mars 2013

L’infinie
Tu vois ces mains ? Elles ont mesuré
la terre, elles ont séparé
minéraux et céréales,
elles ont fait la paix, la guerre,
abattu les distances
de toutes les mers et de tous les fleuves,
pourtant,
quand elles te parcourent
toi, la petite,
le grain de blé, l’alouette,
elles n’arrivent pas à t’étreindre en entier,
elles peinent pour atteindre
les colombes jumelles
qui sur tes seins reposent ou volent,
elles parcourent les distances de tes jambes,
elles s’enroulent à la clarté de ta ceinture.
Tu es pour moi un trésor plus chargé
d’immensité que la mer et ses grappes
et tu es blanche et bleue et tu es vaste comme
la terre à l’heure des vendanges.
Sur ce territoire,
de tes pieds à ton front
je passera ma vie
marcher, à marcher, à marcher.
(Pablo Neruda)
Illustration: Fernand Cormon
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Publié par arbrealettres le 7 mars 2013

Volant autour de la source,
La changeante libellule
M’éjouit depuis longtemps :
Tantôt sombre et tantôt claire,
Comme le caméléon.
Tantôt rouge et tantôt bleue,
Tantôt bleue et tantôt verte.
Oh! Si je pouvais, du moins,
Voir de tout près ses couleurs!
Elle bourdonne et plane et point ne cesse!
Mais, chut! Au tronc du saule elle se pose.
Ah! Je la tiens! Ah! Je la tiens! Sur l’heure,
Je l’examine avec précision,
Et je ne vois que du bleu triste et sombre …
Voilà ton lot, ô l’analyste de tes Joies!
***
Die Freuden
Es flattert um die Quelle
Die wechselnde Libelle,
Mich freut sie lange schon;
Bald dunkel und bald helle,
Wie dern Chamäleon;
Bald rot, bald blau.
Bald blau, bald grün.
O dass ich in der Nähe
Doch ihre Farben sähe!
Sie schwirrt und schwebet, rastet nie!
Doch still, sie setzt sich an die Weiden.
Da hab ich sie! Da hab ich sie!
Und nun betracht ich ihn genau,
Und seh ein traurig dunkles Blau.
So geht es dir, Zergliedrer deiner Freuden!
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 7 mars 2013

Swedenborg
Il voyait bien l’homme créé selon
le mouvement des éléments. Il localisa
l’âme : dans le sang. Se retira
enfin — dans une maison où il payait
l’impôt sur les fenêtres (pour plus de lumière !)
Vécut simplement. Jardina. Eut des visions.
Rien pour dîner sauf du thé.
Alors il vit l’âme de son « Qu’est-ce que la matière
je vous prie » le quitter pour
— ciel ! — l’épineuse question de la rose bleue.
Bizarre — il a bien fait pousser une rose bleue
tu sais.
(Lorine Niedecker)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 février 2013
La nuit, nous ne savons plus
si la mer est bleue ou verte,
si les algues ont froid ou chaud
dans leur maison de silence.
La nuit, nous savons seulement,
la respiration des vagues,
le sable devenu frais, comme au désert
et le ciel pareil à celui des savanes.
La nuit, nous ne saurons jamais,
le murmure des épaves
pour une étoile pressée,
quand, au-delà des dunes,
le grand forgeron déchaîne ses comètes,
quand, au-delà du temps et des eaux,
la terre s’arrondit
pour deviner le jour.
(Christian Da Silva)
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Publié par arbrealettres le 2 février 2013

WAKAN
"J’ai senti quelque chose dans ma tête."
Que c’est beau, que c’est beau
il n’y a rien de plus beau
la lumière bleue qui point sur la montagne
la lune qui descend dans la pluie
rien, il n’y a rien de plus beau
*
WAKAN
"I felt something in my mind."
This is beautiful, this is beautiful
nothing is more beautiful than this
blue light breaking in the mountains
moon going down through the rain
nothing is more beautiful than this
(Kenneth White)
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Publié par arbrealettres le 28 janvier 2013
Intarissablement
Dire qu’au fond des cieux n’habite nul Songeur,
Dire que par l’espace où sans fin l’or ruisselle,
De chaque atome monte une voix solennelle
Cherchant dans l’azur noir à réveiller un coeur!
Dire qu’on ne sait rien! et que tout hurle en choeur.
Et que pourtant, malgré l’angoisse universelle,
Le Temps qui va roulant les siècles pêle-mêle,
Sans mémoire, éternel et grave travailleur,
Charriant sans retour engloutis dans ses ondes
Les cendres des martyrs, les cités et les mondes,
Le Temps, universel et calme écoulement,
Le Temps qui ne connaît ni son but, ni sa source,
Mais rencontre toujours des soleils dans sa course,
Tombe de l’urne bleue intarissablement!
(Jules Laforgue)
Illustration: Gilbert Garcin
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Publié par arbrealettres le 30 décembre 2012
L’enfant de la mer
Vers le vaste monde, mère, tu l’envoyas,
Ornant son corps de corail et d’écume,
Peignant une vague dans sa tiède chevelure.
Ainsi l’as-tu chassée de sa demeure.
Par la nuit noire elle se glissa dans la ville
Et sous un porche elle s’installa,
Petite enfant bleue à la robe ourlée d’écume.
Ni soeur ni frère
Pour entendre ses appels et répondre à ses cris.
Son visage brillait sous la tiède chevelure
Comme une lune minuscule apparue dans le ciel.
Elle vendit son corail; elle vendit son écume;
Son coeur arc-en-ciel telle une conque se brisa:
Sur la pointe des pieds elle s’en revint chez elle.
Paix, ma fille, retourne-t-en au monde;
Retourne à la terre, à la terre obscure;
Il n’y a ici que la triste eau salée,
Qu’une poignée de sable s’écoulant de la main.
***
The sea child
Into the world you sent her, mother,
Fashioned her body of coral and foam,
Combed a wave in her hair’s warm smother,
And drove her away from home.
In the dark of the night she crept to the town
And under a doorway she laid her down,
The little blue child in the foam-fringed gown.
And never a sister and never a brother
To hear her call, to answer her cry.
Her face shone out from her hair’s warm smother
Like a moonkin up in the sky.
She sold her corals; she sold her foam;
Her rainbow heart like a singing shell
Broke in her body : she crept back home.
Peace, go back to the world, my daughter,
Daughter, go back to the darkling land;
There is nothing here but sad sea water,
And a handful of sifting sand.
(Katherine Mansfield)
Illustration: Thomas-Alexander Harrison
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