Articles Tagués ‘bougie’
Publié par arbrealettres le 10 avril 2013

Derrière la porte
Douce sentinelle, tu veilles
sur les ombres de la chambre.
Ce soir mes rêves partent
vers le nord. Vers la mer.
Douce bougie, douce
flamme, sous tes larmes de lumière
bois, pierre, cuivre et verre
enveloppés d’or silencieux
baignent dans le même mystère.
(Kettly Mars)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 6 avril 2013

Pendant une nuit blanche
Ah, je n’ai pas fermé la porte.
Je n’ai pas allumé de bougie.
Tu ne le sais pas. Fatiguée,
Je n’arrive pas à me coucher.
Voir comment disparaissent les lueurs
Du couchant dans l’ombre des pins,
M’enivrer du son d’une voix
Qui ressemble à la tienne.
Savoir que tout est perdu,
Que la vie est un enfer.
Oh! j’étais persuadée
Que tu reviendrais.
(Anna Akhmatova)
Illustration: Alex Alemany
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Publié par arbrealettres le 6 avril 2013

Chanson de la dernière fois
J’avais froid sans recours à la poitrine.
Et pourtant je marchais légèrement.
J’ai mis par mégarde à la main droite
Le gant de la main gauche.
J’ai pensé: il y a beaucoup de marches.
II y en a trois. Je le savais.
Entre les érables une voix d’automne
Me chuchotait: «Meurs avec moi! »
II m’a trompée, il est lugubre,
Il est changeant, méchant, mon destin.
J’ai répondu: «Mon amour! mon amour!
Moi aussi. Je vais mourir avec toi! »
C’est la chanson de la dernière fois.
J’ai jeté un coup d’oeil dans la maison obscure.
Rien, sinon, près du lit, dans la chambre,
Les bougies, leur lumière jaune, indifférente.
(Anna Akhmatova)
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Publié par arbrealettres le 5 avril 2013
TROMPERIE
1
Printemps. Le matin est ivre de soleil,
Plus net le parfum des roses sur la terrasse,
Le ciel a plus d’éclat qu’une faïence bleue.
Le cahier est relié en maroquin très souple,
J’y lis des stances et des élégies,
Qui furent écrites pour ma grand-mère.
Je vois le chemin jusqu’à la grille, les bornes
Se détachent en blanc sur l’émeraude du gazon.
Oh! ce coeur est plein d’un amour exquis, aveugle.
Et quelle joie! ces couleurs, dans les massifs,
Et dans le ciel le cri aigu du corbeau noir,
La voûte du cellier au profond de l’allée.
2
Le vent souffle chaud, étouffant.
Le soleil brûle les mains.
La voûte de l’air sur la tête,
On dirait un verre bleu.
Odeur sèche des immortelles
Dans ma tresse qui se défait.
Sur le tronc rugueux du sapin
Une route pour les fourmis.
Reflets paresseux sur l’étang.
Vie légère, comme jamais…
Aujourd’hui j’ai cru voir quelqu’un
(Mais qui?) dans le hamac léger.
3
Soir bleu. Les vents sont apaisés,
La lumière veut que je rentre.
Qui est là? Devine… un fiancé?
Et pourquoi pas mon fiancé ?…
Sur la terrasse une silhouette familière,
On parle, mais très doucement.
Oh, je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici
Une langueur si séduisante.
Les peupliers frémissent d’inquiétude,
Visités par des rêves de tendresse
Le ciel est couleur d’acier bruni,
La pâleur des étoiles est mate.
Je tiens un bouquet de giroflées blanches.
Elles cachent un feu secret, pour brûler
Celui qui les prendra de mes mains timides,
En effleurant ma paume tiède.
4
J’ai écrit des mots
Que longtemps je n’ai pas osé dire.
Le mal de tête m’engourdit,
Mon corps est comme insensible.
Le cor au loin s’est tu, mon coeur
Ressasse les mêmes énigmes,
Une légère neige d’automne
A recouvert le terrain de croquet.
Les feuilles bientôt ne frémiront plus !
La pensée bientôt oubliera ses tourments.
Je ne voulais pas être une gêne
Pour ceux dont le devoir est de se divertir.
J’ai pardonné à ces lèvres rouges
Leur cruelle plaisanterie…
Vous viendrez nous voir demain
En foulant aux pieds la première neige.
On allumera des bougies,
De jour leur éclat est plus doux,
On apportera un bouquet
De roses cueillies dans l’orangerie.
(Anna Akhmatova)
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Publié par arbrealettres le 17 mars 2013
La maison du temps
Du matin au soir
La fenêtre suit le soleil
Avec un regard malicieux
La maison se hausse sur ses fondations
Dans une lumière à peine esquissée
Au pied d’un arbre ventripotent
Le lierre encadre les pommettes de la façade
Qui m’offre le sourire de sa porte
Le soleil ne cicatrise pas
Les blessures du toit
La maison se lézarde
D’avoir trop ri et d’avoir trop pleuré
Et d’avoir trop prié
Le temps consume sa bougie
Chaque goutte de cire
Est une heure qui coule
La flamme diminue
Avant de s’éteindre
La mèche n’est jamais assez longue.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 16 mars 2013
Ce n’est pas sans raison
Que nous avons tremblé
Devant la moindre flamme,
Que devant la bougie,
Devant le feu de bois,
Nos mains se recherchaient,
Sans savoir si c’était
Pour célébrer,
Pour conjurer.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 21 février 2013
L’automne
Vient sur la plaine
Comme une bougie
Qui monterait du plancher.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 17 février 2013
Qui décoiffe la mer
avec des mains qu’on ne voit pas?
Qui roule sa chanson
dans la gorge des torrents?
Qui n’est jamais si lourd
que quand un oiseau meurt?
Le vent la pierre et le silence
Qui est ronde comme une joue
et plus lourde que la peine?
Qui habille le monde
quand il se fait bien tard?
Qui souffle chaque soir
la bougie du soleil?
La pierre le silence et le vent?
(Jean-Pierre Siméon)
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Publié par arbrealettres le 17 février 2013
Le rêve
Un jour, dit le petit garçon,
j’écrirai un poème.
Il sera si court et si beau
que tout le monde l’apprendra,
et le vent, les feuilles,
les chemins cachés
et la flamme vacillante des bougies.
(Jean Rivet)
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Publié par arbrealettres le 9 novembre 2012

ÉTÉ
Le soir se tait la plainte
Du coucou dans la forêt.
Plus bas s’inclinent l’épi,
Le coquelicot.
L’orage noir menace
Au-dessus de là colline.
La vieille chanson du grillon
Meurt dans le champ.
Jamais ne bouge
Le feuillage du châtaignier.
Sur l’escalier tournant
Bruissent tes vêtements.
Calme brille la bougie
Dans la chambre obscure ;
Une main d’argent
L’éteint.
Pas de vent, nuit sans étoile.
***
SOMMER
Am Abend schweigt die Klage
Des Kuckucks im Wald.
Tiefer neigt sich das Korn,
Der rote Mohn.
Schwarzes Gewitter droht
Über dem Hügel.
Das alte Lied der Grille
Erstirbt im Feld.
Nimmer regt sich das Laub
Der Kastanie.
Auf der Wendeltreppe
Rauscht dein Kleid.
Stille leuchtet die Kerze
1m dunklen Zimmer ;
Eine silberne Hand
Löschet sie aus ;
Windstille, sternlose Nacht.
(Georg Trakl)
Illustration: Rembrandt
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