Cette insoumission
tu la dois aussi
à la pierre légère d’un parfum
à une branche que tu casses
et qui retentit à peine
dans l’éternité surprise.
(Christian Viguié)
Publié par arbrealettres le 9 mai 2013
Cette insoumission
tu la dois aussi
à la pierre légère d’un parfum
à une branche que tu casses
et qui retentit à peine
dans l’éternité surprise.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 9 mai 2013
Tu ne savais pas que le temps
avait forme d’une paupière
ainsi l’enfouissais-tu dans la définition
des choses
jusqu’à chercher l’ombre extrême
d’une branche qui n’existait pas.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
Coule, légère, ô vie qu’on ne sent point,
ruisseau au mouvant silence,
glissant sous des arbres oublieux !
Coule, caressante, âme que nul ne connaît,
murmure que nul ne peut voir derrière les longues branches inclinées !
Coule, inutile, coule sans raison,
conscience qui ne l’est de rien,
vague lueur brillant au loin,
au creux des feuilles,
conscience dont nul ne sait d’où elle vient ni où elle va !
Coule, et laisse-moi oublier !
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 6 mai 2013
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Publié par arbrealettres le 29 avril 2013
En ces filets si fins
comme l’âme se berce,
ah, mon printemps !
Branches de saule, dans
la lumière seule encore du bourgeon ;
ah, fraîche jeunesse !
Amandiers, dans l’aube seule
encor d’une rose candeur ;
ah, divin matin !
***
En estas redes finas,
cómo se mece el alma,
¡ay, primavera mía!
Ramas de sauce, aún
sólo con luz de brote;
¡ay, fresca juventud!
Almendros, aún con alba
sólo, de candor rosa;
¡ay, divina mañana!
(Juan Ramón Jiménez)
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Publié par arbrealettres le 29 avril 2013
Rien tout ? Et ce plaisir entier
d’aller sous terre, quand tout est accompli
comme un beau livre ?
Et ce délice plein
de s’être dépris de la vie,
Comme un fruit parfait de sa branche ?
Et cette seule joie
d’avoir laissé dans l’invisible
la réalité complète du désir,
comme un fleuve qui descend vers la mer,
sa sculpture pérenne ?
***
¿Nada todo? Pues ¿y este gusto entero
de entrar bajo la tierra, terminado
igual que un libro bello?
¿Y esta delicia plena
de haberse desprendido de la vida,
como un fruto perfecto de su rama?
¿Y esta alegría sola
de haber dejado en lo invisible
la realidad completa del anhelo,
como un río que pasa hacia la mar,
su perene escultura?
(Juan Ramón Jiménez)
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Publié par arbrealettres le 28 avril 2013
LUMIÈRE ET EAU
La lumière d’en haut — or, vert, orange —,
entre les nuages vagues.
— Arbres sans feuilles, hélas ;
racines dans l’eau,
branches dans la lumière ! —
En bas, l’eau — orange, vert, or —,
entre la brume vague.
…Entre la brume vague, entre les vagues nuages,
lumière et eau — si magiques ! — s’en vont.
***
LUZ YAGUA
La luz arriba — oro, naranja, verde —,
entre las nube vagas.
—¡Ay árboles sin hojas;
raíces en el agua,
ramajes en la luz!—
Abajo, el agua — verde, naranja, oro —,
entre la vaga bruma.
… Entre la bruma vaga, entre las vagas nubes,
luz y agua — ¡qué májicas! — se van.
(Juan Ramón Jiménez)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2013
Ô Lumière,
Qui fis mes yeux d’azur
Et d’humide splendeur,
Comme de pures et claires
Fleurs des airs !
Ô Désir, qui créas ces lèvres,
Qu’entr’ouvre un sourire
Et qu’un baiser soulève !
Ô Amour,
Qui façonnas de tes mains
Douces et blanches
Cette coupe de mon sein,
Où, à l’entour d’une fleur close,
Court une branche
De bleu jasmin !
(Charles Van Lerberghe)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013
Dans ma prière du matin
Il est un grand et beau jardin ;
Une haie d’aubépines blanches,
Autour d’un tremblement de branches.
Une petite porte d’or,
Toute close sur le dehors.
Une chanson de voix lointaines,
Un bleu murmure de fontaines.
Et de la terre jusqu’au ciel
Rien qu’une extase de soleil.
Ah ! que de toutes choses l’âme,
Comme un parfum suave émane,
En ce jardin clos et sacré
Qu’une âme en son rêve a créé.
(Charles Van Lerberghe)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013
Cachée en ce beau lit de branches et de feuilles,
Sur cet autel de mousse où j’ai versé des roses,
De la myrrhe et du miel,
Tendrement je te porte, et doucement te pose,
Ô fille morte
De l’éternel soleil !
Et voici que je t’ouvre encore,
Comme autrefois la porte d’or,
Éclatante et sonore,
Et qu’à mon souffle tu renais,
Fille des primitives forêts,
Et que tu danses et t’enivres
De revoir la lumière et de vivre.
Le vent dénoue ta chevelure
De mille étincelles, et ta ceinture
Immense de feu ;
Tu as des ailes
D’abeille blonde et d’oiseau bleu.
Que les airs embrasés gardent ta trace,
Et ta présence parfumée ;
Flamme, ne meurs pas tout entière
Toi dont je baise la cendre ardente,
Ame pure, âme claire,
Divinité future.
(Charles Van Lerberghe)
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