Quelquefois tu dis: l’étrange éternité
quand tu dures plus que le sceau
de la buée
sur la vitre.
(Christian Viguié)
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Quelquefois tu dis: l’étrange éternité
quand tu dures plus que le sceau
de la buée
sur la vitre.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 9 mai 2013
Quelquefois tu dis: l’étrange éternité
quand tu dures plus que le sceau
de la buée
sur la vitre.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Pour
Pour la nuit que nous n’avons pas vécue et toutes les autres, avant
pour la patience des anges et des volcans
pour la buée sur la vitre
la rumeur de la ville
pour les larmes égarées
frayant chemin de brousse
préférant à la taille
mains écorchées gouttes qui perlent
leur goût salé
rappel
celui des larmes fouillant ravins d’âme leur goût
en plus fort en plus corps aiguës arêtes de poisson chat
Les dents aident la perle à grossir
elle s’excède et coule
devient ruisseau et fleuve qu’agitent vagues
douces et fortes et ressacs
Il ne faudrait même pas un quai
ni une passerelle
Le simple fil d’argent d’une belle araignée brune
aurait à des chaussures de funambule
fait offre de passage
(Martine Fourcand)
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Publié par arbrealettres le 14 mars 2013
… quand nous éprouvions
qu’il n’est que quelques neiges
capables d’un creux dans la mémoire
capables d’éblouissantes fougères sur une vitre
qu’une bouche à l’aube couvre de buée
(Jacques Roubaud)
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Publié par arbrealettres le 22 février 2013
Offrir et ne jamais finir
… offrir sur la vitre
la première buée. Tu rêverais
uniquement d’être ici en avril,
tu n’esquisserais que les initiales
des prénoms que tu aimes, et toujours
ce serait, venant vers toi,
le vent pur, les nuages, l’écume…
… offrir un peu d’eau
qui croupit au bas des trottoirs.
A peine entre les mains
tu ne dirais plus qu’elle est sale,
tu t’en laverais le visage,
tu écouterais à l’instant
ce bruit de source où le ciel se découvre…
… offrir un papier
froissé, jeté. L’origine perdue, les lettres
devenues grises, l’encre et la pluie
mélangées à la terre, chaque ligne,
chaque tache, tu les déchiffrerais,
tu les rendrais arborescentes,
tu en ferais le début d’un poème…
… offrir une graine
tombée de l’érable, écrasée.
Tu la tiendrais au bout des doigts,
il te viendrait un souffle
déjà pour disjoindre tes lèvres
en épelant le mot « samare »
et partir, partir très loin avec elle…
… offrir un fragment
d’écorce, quel que soit l’arbre,
mais de préférence un bouleau,
la plus fragile. Sans cesse,
en le pressant, tu ranimerais le regard,
tu sentirais en plein essor
le tronc clair qui frémit…
… offrir un caillou
que tu ne prends que pour le reposer
dans le lit du torrent. Tu saurais bien
quelle est ta place à genoux sur la rive,
la sienne aussi entre tant d’autres
au milieu des remous, toi silencieux,
lui lumineux ensemble…
… offrir dans le sable
ces empreintes d’oiseaux
que la brise interprète en effaçant.
Tu ne pèserais plus,
sans savoir où, te saisirait
le claquement d’une aile,
tu ruissellerais sous la vague…
(Pierre Dhainaut)
Publié dans poésie | Tagué: (Pierre Dhainaut), aile, aimer, arborescente, buée, caillou, claquement, déchiffrer, empreinte, ensemble, esquisser, fragile, graine, lettre, lumineux, main, nuage, offrir, oiseau, papier, place, poème, rêver, reposer, ruisseler, sable, saisir, silencieux, tache, toujours, vague, visage, vitre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 décembre 2012
SUITE POUR ALBERT AYLER
cassé
fracassé
aimanté
par la plus haute force du chant
inspire
espère
tu joues
en toutes langues
tu joues pour la lumière
qui ne passe pas
cassé
fracassé
tu joues
dans le ventre même
de l’intonation
aum aum aum
tu joues
pour dire
que le monde peut tourner autrement
pour interroger les étoiles
accélérer l’immensité
inspire
espère
écoutant
sans fln sans fond
la buée d’âme
de Coltrane
oui
tu joues
pour cet autre ciel
en ton coeur
fusant
contre l’invention des larmes
ciselant
des arcs-en-ciel de bastringue
cassé
fracassé
inspire
espère
jusqu’à confesser les anges
pour explorer
les grands charniers
de la naissance
du chagrin
et de la mort
contre tous les hypocrites
toujours les mêmes
quels qu’ils soient
pour offrir
ton absolue fragilité
cassé fracassé
tu joues
pour nous faire sentir
que le temps ne passe pas
inspire
espère
saint saint trois fois saint
en plongée d’esprit saint
en réjouissance d’esprit
dans un souffle-esprit
à faire germer des oracles
cassé
fracassé
tu remercies Dieu
d’avoir créé les femmes
tu salues en sueur
la substance femme
inspire
espère
tu joues
pour guérir les univers
pour porter ta peine
jusqu’aux comètes
homme-arbre
cassé fracassé
tu joues
comme une averse de signes
dans la prière du coeur
inspire
espère
chacune de tes notes
est une perle d’étreinte
un couac habité
dans la fanfare de Dieu
(Zéno Bianu)
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Publié par arbrealettres le 4 octobre 2012
On m’a donné un corps — pour quelles fins
Ce corps qui est un seul, ce corps tellement mien ?
Pour la joie tranquille de vivre et respirer,
Qui, dites-moi, dois-je remercier ?
Je suis le jardinier, la fleur aussi,
Dans le cachot du monde je ne suis pas seul.
Déjà la vitre de l’éternité
De mon souffle, de ma chaleur s’est embuée.
Méconnaissable depuis peu la silhouette
En filigrane sur le verre se projette.
Que la buée de l’instant disparaisse,
La chère image ne peut s’effacer.
(Ossip Mandelstam)
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Publié par arbrealettres le 3 octobre 2012

QUOI
assez loin la nuit les mots
on n’attend rien d’autre
coque vide rejetée
au bout de la nuit dehors
et comme l’écho des mots
confus et faible encore
dedans
***
passe quelque chose sans nom
un tour de lumière blanche
très forte et seule
sans source
partout dedans égale
impossible de remonter
plus loin plus haut
cela échappe
faiblit
à nouveau dehors la nuit
on retombe
les yeux gourds
***
quel vrai brusque est passé
ou quel leurre
à ce point d’être sûr
sans prise
***
au matin
on marche dans l’hiver net
transparent
il taille les angles
découpe chaque obstacle
et le ferme
tout se tient
on bouge
on n’a qu’un poids de rien
buée vide
dans l’air clair
on va
aussi léger qu’une neige
sans chemin dans le froid
ouvert
***
les arbres sont cassants
avec le givre
on devient verre
il suffirait de poursuivre
pour disparaître
comme on est venu
(Antoine Emaz)
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Publié par arbrealettres le 2 septembre 2012
Une femme…
une femme elle reste à la fenêtre
elle ne se jette pas par-dessus bord
elle n’ouvre pas
elle regarde la vitre
ou quelque chose dehors derrière la vitre
on n’en sait rien
elle ne dit rien de ce qu’elle voit
est-ce qu’elle voit seulement
et puis son front il est collé
ça fait de la buée sur cette vitre
qui la sépare du monde…
(Albane Gellé)
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Publié par arbrealettres le 19 juillet 2012
Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.
Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.
Comme les nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.
Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la Lune.
Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?
Dans l’interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.
(Verlaine)
Publié dans poésie | Tagué: aigre, bise, buée, chêne, ciel, corneille, cuivre, ennui, incertaine, interminable, lueur, luire, lune, mourir, neige, nuées, plaine, sable, Verlaine | 2 Commentaires »