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Articles Tagués ‘candeur’

Dans la nature (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013




Dans la nature

Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.

Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.

Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.

Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Katarina Smuraga

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Plus compagne que son vêtement (Guy Lévis Mano)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013


 


 

Akzhan Abdalieva -  (37)

… plus compagne que son vêtement
Elle était en candeur avec sa foulée
Elle était son jardin refuge et son jardin limpide des confins
Et elle comprenait qu’il avait faim au-delà du pain

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Akzhan Abdalieva

 

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En ces filets si fins (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 29 avril 2013



 

Eugène Begarat   le vetement rose 55x38cm-650

En ces filets si fins
comme l’âme se berce,
ah, mon printemps !

Branches de saule, dans
la lumière seule encore du bourgeon ;
ah, fraîche jeunesse !

Amandiers, dans l’aube seule
encor d’une rose candeur ;
ah, divin matin !

***

En estas redes finas,
cómo se mece el alma,
¡ay, primavera mía!

Ramas de sauce, aún
sólo con luz de brote;
¡ay, fresca juventud!

Almendros, aún con alba
sólo, de candor rosa;
¡ay, divina mañana!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Eugène Begarat

 

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Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 17 mars 2013



Ton rire

Les fleurs se prosternent
Devant tes pas menus
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Ou sous la pluie
Qui te fait cet adorable visage
Mouillé qui reste enjoué
Et qu’on a envie d’essuyer
Non avec un mouchoir
Mais avec des baisers
Et dans la candeur de l’aube
Ton regard en prend la couleur

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Déjà à une abondance de fruits
Rien que pour te faire plaisir
Car il aime te voir croquer ses pommes
Et danser autour de lui
Dans le pré verdoyant
En légère robe d’été
Qui incite au péché.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Kendrick Sydney

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Celle de toujours, toute (Paul Eluard)

Publié par arbrealettres le 19 décembre 2012



 

Albert Lynch njlU

Celle de toujours, toute

Si je vous dis : "j’ai tout abandonné"
C’est qu’elle n’est pas celle de mon corps,
Je ne m’en suis jamais vanté,
Ce n’est pas vrai
Et la brume de fond où je me meus
Ne sait jamais si j’ai passé.

L’éventail de sa bouche, le reflet de ses yeux,
Je suis le seul à en parler,
je suis le seul qui soit concerné
Par ce miroir si nul où l’air circule à travers moi
Et l’air a un visage aimant, ton visage,
A toi qui n’as pas de nom et que les autres ignorent,
La mer te dit : sur moi, le ciel te dit : sur moi,
Les astres te devinent, les nuages t’imaginent
Et le sang de la générosité
Te porte avec délices.
Je chante la grande joie de te chanter,
La grande joie de t’avoir ou de ne pas t’avoir,
La candeur de t’attendre, l’innocence de te connaitre,

O toi qui supprimes l’oubli, l’espoir et l’ignorance,
Qui supprimes l’absence et qui me mets au monde,
Je chante pour chanter, je t’aime pour chanter
Le mystère où l’amour me crée et se délivre.

Tu es pure, tu es encore plus pure que moi-même.

(Paul Eluard)

Illustration: Albert Lynch

 

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J’aime ma mère (Maurice Carême)

Publié par arbrealettres le 29 novembre 2012



 

J’aime ma sœur
Pour ses yeux clairs,
J’aime mon frère
Pour sa candeur,
J’aime mon père
Pour sa douceur
Et je ne dois
Sûrement pas
Dire pourquoi
J’aime ma mère.
Je me demande
Même parfois
Si je ne l’aime
Pas plus que moi.
N’est-elle pas
La vraie lumière
Qui nous éclaire,
Ma sœur, mon frère,
Mon père et moi?

(Maurice Carême)

 

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PRIERE DU POETE (Maurice Carême)

Publié par arbrealettres le 28 novembre 2012



 

PRIERE DU POETE

Je ne sais ni bêcher, ni herser, ni faucher,
Et je mange le pain que d’autres ont semé.
Mais tout ce que l’on peut moissonner de douceur,
Je l’ai semé, Seigneur.

Je ne sais ni dresser un mur de bonne pierre,
Ni couler une vitre où se prend la lumière.
Mais tout ce que l’on peut bâtir sur le bonheur,
Je l’ai bâti, Seigneur.

Je ne sais travailler ni la soie, ni la laine,
Ni tresser en panier le jonc de la fontaine.
Mais ce qu’on peut tisser pour habiller le cœur,
Je l’ai tissé, Seigneur.

Je ne sais ni jouer de vieux airs populaires,
Ni même retenir par cœur une prière.
Mais ce qu’on peut chanter pour se sentir meilleur,
Je l’ai chanté, Seigneur.

Ma vie s’est répandue en accords à vos pieds.
L’humble enfant que je fus est enfant demeuré,
Et le peu qu’un enfant donne dans sa candeur,
Je vous l’offre, Seigneur.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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Bon chevalier masqué qui chevauche en silence (Verlaine)

Publié par arbrealettres le 19 novembre 2012



Bon chevalier masqué qui chevauche en silence,
Le Malheur a percé mon vieux coeur de sa lance.

Le sang de mon vieux coeur n’a fait qu’un jet vermeil,
Puis s’est évaporé sur les fleurs, au soleil.

L’ombre éteignit mes yeux, un cri vint à ma bouche
Et mon vieux coeur est mort dans un frisson farouche.

Alors le chevalier Malheur s’est rapproché,
Il a mis pied à terre et sa main m’a touché.

Son doigt ganté de fer entra dans ma blessure
Tandis qu’il attestait sa loi d’une voix dure.

Et voici qu’au contact glacé du doigt de fer
Un coeur me renaissait, tout un coeur pur et fier

Et voici que, fervent d’une candeur divine,
Tout un coeur jeune et bon battit dans ma poitrine!

Or je restais tremblant, ivre, incrédule un peu,
Comme un homme qui voit des visions de Dieu.

Mais le bon chevalier, remonté sur sa bête,
En s’éloignant, me fit un signe de la tête

Et me cria (j’entends encore cette voix):
"Au moins, prudence! Car c’est bon pour une fois."

(Verlaine)

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Un bus de nuit s’en va (Hassam Wachill)

Publié par arbrealettres le 23 septembre 2012



Un bus de nuit s’en va … ton visage se tend
pour qu’y pénètre un peu d’éblouissement,
Devant la baie à la vitre voilée
se voient d’autres aussi profuses
et dissemblables sources de candeur.

(Hassam Wachill)

Illustration

 

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Intermèdes (Jacques Rabemananjara)

Publié par arbrealettres le 10 septembre 2012



Intermèdes

Je rêve d’une vierge au profil de mystère
Dont les yeux inconnus neigent de bleus regrets.
Et, fleur de sang penchée au puits de mon parterre,
Ses lèvres écloront de sanglotants secrets.

Elle m’aura bercé comme un frère distrait
Dont le songe d’azur se fane sur la terre.
Mon cœur, jusqu’à la mort, aura gardé ses traits
Dans un rayonnement de beauté solitaire.

Elle m’aura caché dans sa virginité.
Et, sous les lourds manteaux des candeurs et des flammes
]’aurais vécu mille ans avec sérénité.

Quelquefois seulement, j’entendrai de ses blâmes,
Quand elle aura compris que, trop longtemps, mon âme
S’attarde sur ses seins pressant l’Eternité…

(Jacques Rabemananjara)


Illustration: Théodore Chassériau

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