Articles Tagués ‘captif’
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les mains d’Amaranthe
Belle main divisée en cinq branches d’ivoire,
Un dédale d’ébène enveloppe de lis
Les chemins tortueux des rameaux et des plis,
Que marque votre veine avec sa trace noire.
L’aurore aux doigts de rose avec toute sa gloire,
Ne pourrait devant vous recevoir que mépris,
Si lors qu’aux plus beaux doigts on donnerait les prix,
Sa vanité voulait vous ravir la victoire.
Que mon bonheur est grand d’être touché de vous,
Belles mains, dont j’adore et les traits et les coups,
Guerrières, pardonnez au captif d’Amaranthe.
Muse, à ces mains mes vers je présente pour don,
Allez baisant ces mains, et demandant pardon,
Dites qu’ils sont écrits des doigts de leur servante.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Trisha Lambi
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Publié par arbrealettres le 20 mai 2013

O Jean mon captif tiède d’usure
Tu n’as même pas assisté au départ de ta jeunesse
quand elle lia avec des cheveux noirs sournoisement volés à ta tête
le reste de ta fraîcheur le reste de ta ferveur et de ta joie d’entreprendre
et partit sans laisser d’adresse
comme une amante fatiguée de toujours réconforter
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Sarolta Bán
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Publié par arbrealettres le 12 avril 2013

Novembre
Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.
Ils souffrent bien sous cette pluie ;
Mais, au pays ensoleillé,
Je songe qu’un rayon essuie
Et réchauffe l’oiseau mouillé.
Mon âme est comme une fauvette
Triste sous un ciel pluvieux ;
Le soleil dont sa joie est faite
Est le regard de deux beaux yeux ;
Mais loin d’eux elle est exilée ;
Et, plus que ces oiseaux, martyr,
Je ne puis prendre ma volée
Et n’ai pas le droit de partir.
(François Coppée)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 26 novembre 2012
Saison des hommes
Sachant qu’elle nous sera ôtée,
Je m’émerveille de croire en notre saison,
Et que nos coeurs chaque fois
Refusent l’ultime naufrage.
Que demain puisse compter,
Quand tout est abandon ;
Que nous soyons ensemble
Égarés et lucides,
Ardents et quotidiens,
Et que l’amour demeure après le discrédit.
Je m’émerveille du rêve qui sonde l’avenir,
Des soifs que rien ne désaltère.
Que nous soyons chasseurs et gibiers à la fois,
Gladiateurs d’infini et captifs d’un mirage.
Les dés étant formels et la mort souveraine,
Je m’émerveille de croire en notre saison.
(Andrée Chedid)
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Publié par arbrealettres le 23 octobre 2012
J’ai captif,
épousé le ralenti du lierre
à l’assaut de la pierre de l’éternité.
(René Char)
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Publié par arbrealettres le 29 septembre 2012

SAISON DES HOMMES
Sachant qu’elle nous sera ôtée,
Je m’émerveille de croire en notre saison,
Et que nos coeurs à chaque fois
Refusent l’ultime naufrage.
Que demain puisse compter,
Quand tout est abandon ;
Que nous soyons ensemble
Égarés et lucides,
Ardents et quotidiens,
Et que l’amour demeure après le discrédit.
Je m’émerveille du rêve qui sonde l’avenir,
Des soifs que rien ne désaltère.
Que nous soyons chasseurs et gibiers à la fois,
Gladiateurs d’infini et captifs d’un mirage.
Les dés étant formels et la mort souveraine,
Je m’émerveille de croire en notre saison.
(Andrée Chédid)
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Publié par arbrealettres le 12 septembre 2012
Je suis dans la clarté qui s’avance
Mes mains sont pleines de désirs, le monde est beau.
Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d’espoir, si verts.
Un sentier ensoleillé s’en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l’infirmerie.
Je ne sens pas l’odeur des médicaments,
Les oeillets ont dû s’ouvrir quelque part.
Etre captif, là n’est pas la question,
Il s’agit de ne pas se rendre, voilà.
(Nazim Hikmet)
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Publié par arbrealettres le 28 août 2012
Le sens du combat
Le jour monte et grandit, retombe sur la ville
Nous avons traversé la nuit sans délivrance
J’entends les autobus et la rumeur subtile
Des échanges sociaux. J’accède à la présence.
Aujourd’hui aura lieu. La surface invisible
Délimitant dans l’air nos êtres de souffrance
Se forme et se durcit à une vitesse terrible;
Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.
Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l’enfance
Il n’y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.
Au long de ces journées où le corps nous domine
Où le monde est bien là, comme un bloc de ciment,
Ces journées sans plaisir, sans passion, sans tourment,
Dans l’inutilité pratiquement divines
Au milieu des herbages et des forêts de hêtres,
Au milieu des immeubles et des publicités
Nous vivons un moment d’absolue vérité :
Oui le monde est bien là, et tel qu’il paraît être.
Les êtres humains sont faits de parties séparables,
Leur corps coalescent n’est pas fait pour durer
Seuls dans leurs alvéoles soigneusement murés
Ils attendent l’envol, l’appel de l’impalpable.
Le gardien vient toujours au coeur du crépuscule;
Son regard est pensif, il a toutes les clés,
Les cendres des captifs sont très vite envolées;
Il faut quelques minutes pour laver la cellule.
(Michel Houellebecq)
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Publié par arbrealettres le 26 juin 2012
Trois pommes de Cézanne
La guitare de Pablo
Font dans le jour qui se fane
Un profond tableau,
Je suis hanté par les images!
Captif d’un monde recréé
(André Salmon)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2012

La voix de la mémoire
à O. A. Glebovaïa-Soudeïkina
Que vois-tu, de tes yeux vagues, sur le mur,
À l’heure où s’éteint le couchant?
Une mouette sur la nappe bleue des eaux?
Les jardins de Florence?
L’immense parc de Tsarskoïé Siélo,
Où l’angoisse t’a coupé la route ?
Vois-tu à tes pieds ce captif
Qui s’est donné à la mort blanche ?
Non, je ne vois que le mur, le reflet
Sur lui des feux du ciel qui meurent.
(Anna Akhmatova)
Illustration
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