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Poésie

Articles Tagués ‘caresse’

Invitation aux plaisirs (David Marino)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Invitation aux plaisirs

Le soleil diffuse des liqueurs fleurissantes,
Où les sons parfumés brillent comme de l’or,
Où les arcs en couleur lancent des pluies criantes
Aux terriens de la foudre et aux grands hommes forts.

Je danse avec les fleurs solaires, plein de vices.
Tu cherches un monde rempli de bons délices
Où les Dieux se plaisent à boire les nectars
Lumineux et divins. Viens ! Ils sont présents tard

Au banquet des mortels : ce lieu de tendresse
Qui te donne l’Amour, te berce de caresses.
Et je suis un gardien retranché de ces murs.
Je consomme les fruits alcoolisés et mûrs

Des boissons nouvelles qui procurent l’ivresse.
Je suis l’heureux époux d’une belle déesse.
Mon Ami, je t’en prie, viens me rejoindre et ris
Dans ce lieu de fête. – « Danse, bois et écris ! »

(David Marino)


Illustration: Bernard de Rijckere

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Retrouvailles fugitives (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Retrouvailles fugitives

Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.

Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil

Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Sur le soupir de l’amie (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Sur le soupir de l’amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C’est comme si dans l’univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Une caresse brève parcourt le ciel ébloui (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Sous le soupir de l’amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.

C’est comme si dans l’univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.

(Rilke)


Illustration: Josephine Wall

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L’âme oiseau (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013


L’âme oiseau

Souvent au-devant de nous
l’âme oiseau s’élance;
c’est un ciel plus doux
qui déjà la balance,

pendant que nous marchons
sous des nuées épaisses.
Tout en peinant, profitons
de son ardente adresse.

(Rilke)

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Chuchotements (Kettly Mars)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



 

Francis Picabia -   (3)

Chuchotements

je n’ai rien à vous dire
voulez-vous m’aimer?

je n’ai rien à vous dire
et si on se faisait plaisir?
caresses au crépuscule
gémissements de brise
extases musquées
et si on s’aimait d’amours fulgurantes?

*

même les carreaux ont eu froid
sur le sol que martelaient nos pas
entre deux battements de sang
dorment des frissons

ce qui meurt
renaît à chaque instant
l’éternité est le silence
entre deux battements de vie

*

entre deux soleils
refaire tous les chemins
traverser tes pôles
en passant par ton milieu
m’enfouir dans ton extrême

je t’aperçois
entre deux battements de cils
étendard au vent
dans la poussière des piaffements
les hennissements de ton sang
je te fais de grands signes
le vent ramène nos histoires parallèles

(Kettly Mars)

Illustration: Francis Picabia

 

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Mensonge (Michèle Voltaire Marcelin)

Publié par arbrealettres le 4 mai 2013



 

Mensonge

Ils m’ont menti, ceux qui m’ont dit un jour je serais plus tranquille.
Ils m’ont trompée.
Rien ne meurt avec l’âge.
Ni l’envie d’amour, ni celle des baisers.
Et mon coeur fou me fait parfois oublier ce corps encombrant alourdi par les ans.
Si facilement séduit pourtant, si passe de trop près, un homme aux yeux trop doux.
Et je tressaille du même désir, cent fois retrouvé, quand un danseur me chavire, ses doigts agrafés à mon cou.
Quelle chaleur soudain m’envahit à un éclat de rire?
Me donne envie de mordre à pleines dents ces lèvres heureuses?

Ils m’ont menti.
Je ne fais deuil de rien.
J’ai dans mes jambes des envies de courses à perdre haleine
dans les broussailles inondées de soleil, vert et ciel mélangés, cheveux défaits, épaules nues au vent.
Des envies de culbutes aux membres emmêlés.
De baisers dont la saveur serait celle de la pulpe des mangues, et m’empliraient la bouche de leur sirop de miel.
D’une langue qui aurait la fraîcheur de l’eau d’une fontaine.
J’ai des envies de sexes durs comme du verre.
Des envies de peau chaude et d’aisselles dont je lècherais le sel, et plus bas encore dans l’odeur de fougère.
Je rêve à la brûlure si douce du sable à la plante des pieds.
Du cri arraché au plaisir comme celui de l’oiseau soudain désencagé.
J’ai dans mes mains des envies de caresses, dans mes oreilles le doux gémir qui suit une nuque frôlée.

Et vous passez sans me voir, laissant flotter autour de moi votre parfum de bête libre.
Sans savoir que mes yeux vous ont déjà appuyé contre ce mur, et mes bras cadenassé votre corps.
Que je vous ai de la tête aux pieds, comme une menthe, sucé.
N’avez-vous pas senti mes doigts dans vos cheveux?
Et du plus loin que je me garde, très loin de vous, lorsque je vous regarde, ne sentez-vous pas cette jouissance qui roule en moi?

Vous ne savez donc pas qu’ils m’ont menti,
ceux qui m’ont dit un jour, je serais plus tranquille?

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Bill Viola

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L’onde étale (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Sous la lanterne rouge du passé (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 30 avril 2013


 


 

Alain Amevet   la-vieille-dame-au-chat-jpg

Sous la lanterne rouge du passé, la vieille dame assise au balcon de son honneur inventorié
savamment caresse posthume la chatte ronronneuse d’un souvenir.
Quand viendra-t-elle cette dernière page
où l’horloge arrêtée marquera toujours minuit

(Georges Libbrecht)

Illustration:Alain Amevet

 

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