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Poésie

Articles Tagués ‘chaleur’

D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013




Pesanteur et tendresse, soeurs aux signes semblables,
Lourdes roses pour les guêpes et les mouches à miel.
L’homme agonise, la chaleur s’échappe du sable
Et sur de noirs brancards git le soleil d’hier.

La pierre est plus légère qu’à ma bouche ton nom.
Ô ! lourds rayons des ruches et vous tendres réseaux !
Je n’ai pour vivre désormais d’autre raison —
Ce beau souci, du temps surmonter le fardeau.

Je bois comme une eau noire l’air soudain troublé.
Le soc creuse le temps. La rose fut de terre
Et son lent tourbillon fit des couronnes doubles
Des lourdes tendres roses — tendresse et pesanteur.

(Ossip Mandelstam)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Eté précoce (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Eté précoce

L’aube extrait des ténèbres
Une soudaine clarté
Le jour éclot
Sur la tige du matin

Pétales et heures
Secouent les cloches
De la rosée
En un joyeux carillon
De renouveau

Le soleil hâtif
D’un été pressé
Met l’émoi dans le jardin
Sur des ailes de chaleur
L’été plane
Et les fleurs me jouent
Une partition de parfums.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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L’animal du soir (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 4 mai 2013



 

Sur un fond de pierre
l’animal sans voix
attend l’oeil ouvert sur le large
un bruit humain
emplit l’étendue âpre
la chaleur arrive
avec l’étoffe roide
la femme devant le couchant
va jouer avec la bête
tous deux transpirent
avec le monde végétal
à l’approche d’une nuit constellée.

(Jean Follain)

 

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L’onde étale (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



les seins poudrés de la lumière
parmi les plis de robe
du parfum

les velours rebroussés
savants de nos salives difficiles
avant le mot

puis le tronc de la chaleur
s’abat

coupé d’un souffle

sous la caresse
ton corps
juste l’onde étale
après la grande gondole

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Séparation (Ida Faubert)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (8)

Séparation

Et puis, tu t’en iras. Je te verrai partir
Et je suivrai des yeux la voile qui t’emmène,
Retenant mes sanglots pour ne pas défaillir
Sous le poids accablant de mon immense peine.

Tu t’en iras! Nos mains se désenlaceront,
Et nous ne vivrons plus les minutes divines,
Où, si près l’un de l’autre et ton front sur mon front,
Nous entendions nos coeurs bondir dans nos poitrines.

Et devant ma douleur tu seras impuissant,
Toi, qui fus mon amour, ma joie et ma folie,
Et tu vas emporter la chaleur de mon sang,
Car je t’ai tout donné de ce qui fut ma Vie !

(Ida Faubert)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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Chaleur accablante (Soshû)

Publié par arbrealettres le 23 avril 2013



Chaleur accablante
le papillon même titube
entre les jeunes feuilles

(Soshû)

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Chanson d’exil (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013



 

Chanson d’exil

Triste exilé, qu’il te souvienne
Combien l’avenir était beau,
Quand sa main tremblait dans la tienne
Comme un oiseau,

Et combien ton âme était pleine
D’une bonne et douce chaleur,
Quand tu respirais son haleine
Comme une fleur !

Mais elle est loin, la chère idole,
Et tout s’assombrit de nouveau ;
Tu sais qu’un souvenir s’envole
Comme un oiseau ;

Déjà l’aile du doute plane
Sur ton âme où naît la douleur ;
Et tu sais qu’un amour se fane
Comme une fleur.

(François Coppée)

 

 

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Paysage (Albert Mérat)

Publié par arbrealettres le 9 avril 2013



 

Paul Lorenzi- (90)

Paysage

À l’abri de l’hiver qui jetait vaguement
Sa clameur, dans la chambre étroite et bien fermée
Où mourait un bouquet fait de ta fleur aimée,
Parmi les visions de l’étourdissement ;

Pendant qu’avec la joie extrême d’un amant
Je froissais d’un coeur las et d’une main pâmée
L’étoffe frémissante et la chair embaumée,
Mon sang montait plus lourd à chaque battement.

J’avais le souvenir d’un ancien paysage
Je revoyais, le front penché sur ton visage,
La source pure et claire au milieu des roseaux ;

Et, dans l’ombre où veillait la lampe en porcelaine,
S’ouvraient à la chaleur tiède de mon haleine
Tes froids regards pareils aux larges fleurs des eaux.

(Albert Mérat)

Illustration: Paul Lorenzi

 

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Au soir, je suis devant ma table (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013


 

Au soir, je suis devant ma table,
La page est blanche irrémédiablement.
Le mimosa a une odeur de Nice et de chaleur,
Un grand oiseau vole dans un rayon de lune.

Je refais en les serrant fort mes nattes,
Comme si demain j’avais besoin de nattes.
Je regarde par la fenêtre, sans tristesse,
La mer et les langues de sable.

Quelle n’est pas la force d’un être humain
Qui ne demande pas même de la tendresse !
Je ne peux soulever mes paupières lasses,
Quand il prononce mon nom.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Francine Van Hove

 

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