Articles Tagués ‘chant’
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
La Poésie
Un oiseau migrateur
Me rongera le cœur
Comme un oiseau de proie
Vorace de ma joie.
Il fend le ciel d’acier
De son aile mobile
Dans quoi s’ indélébile
Son œil froid de glacier.
Il est la poésie,
Simple point dans l’azur,
A la source saisie
Dans son chant le plus pur.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013
Publié dans haïku, poésie | Tagué: (Wang Wei), chant, pêcheur, roseaux, s'éloigner, ultime, vérité | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Le Crapaud
Un chant dans une nuit sans air…
– La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.
… Un chant ; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait : Viens, c’est là, dans l’ombre…
– Un crapaud ! – Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle !
Vois-le, poète tondu, sans aile,
Rossignol de la boue… – Horreur ! –
… Il chante. – Horreur !! – Horreur pourquoi ?
Vois-tu pas son œil de lumière…
Non : il s’en va, froid, sous sa pierre.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bonsoir – ce crapaud-là c’est moi.
(Tristan Corbière)
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Ici,
pas plus qu’ailleurs,
Ciel, brindilles, vallons,
Insectes, clair de lune,
Rien ne pourrait tenir
S’il n’y avait le chant.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 14 juin 2013
Le chant du merle
Se souvient
De la hauteur
De la montagne,
De la lenteur
De la rivière,
Du fait
Qu’ils l’écoutent.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 13 juin 2013
Un chant peut s’éteindre
Comme un arbre s’éteint,
Mais le chant continue
Comme dure la forêt.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 13 juin 2013
Le chant est là.
Tout en allant son chemin,
Il reste là.
Il dit que notre vie
Pourrait être
Plus et mieux la vie.
(Guillevic)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 12 juin 2013
![Erte aphrodite.jpg!HD [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/erte-aphroditehd-1280x768.jpg?w=675&h=996)
Plus de chants
À Madame De Simonis
Enfant d’un nid loin du soleil éclos,
Tombée un jour du faîte des collines,
Ouvrant à Dieu mes ailes orphelines,
Poussée aux vents sur la terre ou les flots,
Mon coeur chantait, mais avec des sanglots.
Pour louer Dieu, dès que je pus chanter,
Que m’importait ma frêle voix de femme ?
Tout le concert se tenait dans mon âme.
Que l’on passât sans daigner m’écouter,
Je louais Dieu ! Qui pouvait m’arrêter ?
Le front vibrant d’étranges et doux sons,
Toute ravie et jeune en solitude,
Trouvant le monde assez beau sans l’étude,
Je souriais, rebelle à ses leçons,
Le coeur gonflé d’inédites chansons.
J’étais l’oiseau dans les branches caché,
S’émerveillant tout seul, sans qu’il se doute
Que le faneur fatigué qui l’écoute,
Dont le sommeil à l’ombre est empêché,
S’en va plus loin tout morose et fâché.
Convive sobre et suspendue aux fleurs,
J’ai pris longtemps mon sort pour une fête ;
Mais l’ouragan a sifflé sur ma tête,
Les grands échos m’ont crié leurs douleurs,
Et je les chante affaiblis de mes pleurs.
La solitude est encor de mon goût,
Je crois toujours à l’auteur de mon être :
Mes beaux enfants me l’ont tant fait connaître !
Je monte à lui, je le cherche partout ;
Mais de chansons, plus une ! Oh ! Plus du tout !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Erte
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Publié par arbrealettres le 10 juin 2013
CHANT DE L’EXPOSITION
VIENS, Muse, quitte la Grèce et l’Ionie,
Je t’en prie fais une croix sur ces comptes démesurément surpayés,
Cette histoire de Troie et du courroux d’Achille, les vagabondages d’Enée et d’Ulysse,
Suspends l’écriteau « Changement de domicile » et « A louer »
sur les rochers de ton Parnasse neigeux,
Fais de même à Jérusalem, place l’écriteau tout en haut de
la porte de Jaffa et sur le mont Moriah,
De même sur les murs des châteaux allemands, français,espagnols, et dans les musées d’Italie,
Car sache qu’une sphère meilleure, plus neuve, plus active
t’attend, qu’un domaine vaste, inexploré te réclame.
(Walt Whitman)
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Publié par arbrealettres le 7 juin 2013

L’âme errante
Je suis la prière qui passe
Sur la terre où rien n’est à moi ;
Je suis le ramier dans l’espace,
Amour, où je cherche après toi.
Effleurant la route féconde,
Glanant la vie à chaque lieu,
J’ai touché les deux flancs du monde,
Suspendue au souffle de Dieu.
Ce souffle épura la tendresse
Qui coulait de mon chant plaintif
Et répandit sa sainte ivresse
Sur le pauvre et sur le captif
Et me voici louant encore
Mon seul avoir, le souvenir,
M’envolant d’aurore en aurore
Vers l’infinissable avenir.
Je vais au désert plein d’eaux vives
Laver les ailes de mon coeur,
Car je sais qu’il est d’autres rives
Pour ceux qui vous cherchent, Seigneur !
J’y verrai monter les phalanges
Des peuples tués par la faim,
Comme s’en retournent les anges,
Bannis, mais rappelés enfin…
Laissez-moi passer, je suis mère ;
Je vais redemander au sort
Les doux fruits d’une fleur amère,
Mes petits volés par la mort.
Créateur de leurs jeunes charmes,
Vous qui comptez les cris fervents,
Je vous donnerai tant de larmes
Que vous me rendrez mes enfants !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Alexander Deineka
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