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Poésie

Articles Tagués ‘chercher’

Une nuit, errant par la ville (Guy Lévis Mano)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013


 


 

yeux vertsl

Une nuit, errant par la ville, il trouva deux yeux verts dans une flaque d’eau.
Il les emporta dans sa maison et jusqu’à l’aube les contempla.
A l’aube les yeux verts avaient disparu.
Les cherchant, il passa devant son miroir.
Son visage le regardait avec des yeux verts.

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

 

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Mal à l’homme (Guy Lévis Mano)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013



Gurbuz Dogan Eksioglu Turk 

Mal à l’homme

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Je crois me rappeler avoir aimé (Stéphane Martelly)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013



 

Alexander Bartashevich 2446

La boîte noire

[...]
Je crois me rappeler avoir aimé.
Je ne suis pas sûre.
Je ne suis sûre de rien depuis qu’il fait si noir.
Je vois seulement une grande étendue verte sous le soleil
d’où il monte une odeur triste.
L’herbe est coupée.
La sève fraîche est-elle gluante?
Je ne sais pas.
Il me semble ce jour-là avoir tenu une main.
mais les visages se déforment dans ma mémoire avant de s’évanouir.
Et je cherche, je cherche ce qui a bien pu se passer.
Qui m’a mise ici ?
Qu’est-ce qui est arrivé pour que je sois enfermée dans cette boîte noire ?
Il me semble encore qu’on me touche mes cheveux.
Il fait si noir qu’on a peur d’avancer.

(Stéphane Martelly)

Illustration: Alexander Bartashevich

 

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Fenêtre, qu’on cherche souvent (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013


Fenêtre, qu’on cherche souvent
pour ajouter à la chambre comptée
tous les grands nombres indomptés
que la nuit va multipliant.

Fenêtre, où autrefois était assise
celle qui, en guise de tendresse,
faisait un lent travail qui baisse
et immobilise…

Fenêtre, dont une image bue
dans la claire carafe germe.
Boucle qui ferme
la vaste ceinture de notre vue.

(Rilke)


Illustration: Max Liebermann

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Les traces (Pascal Quignard)

Publié par arbrealettres le 7 mai 2013



 

Ettore Aldo Del Vigo - 47)

Les traces, par définition, ne sont jamais visibles en tant que traces.
Elles ne sont visibles que si elles sont cherchées
comme des marques de ce qui n’est plus là.
[...]
Seule leur attente les découvre.
[...]
le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu
[...]
le visible ne s’interprète qu’en référant à l’invisible.

(Pascal Quignard)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Pierres et corps (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 4 mai 2013


pierre

 

Des pierres de toujours
ou précieuses ou de foudre
des plus aiguës qui tombent
sur le champ du voisin
de celles du bord des mers
les corps vivants s’inquiètent
dans leurs fourrures
et peaux
portant leurs réserves de sang
leurs yeux fragiles
et leurs membres qui cherchent.

(Jean Follain)

Illustration

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Pour Jacqueline (Ida Faubert)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

Francis Picabia -   (1)

Pour Jacqueline

Qu’on parle tout bas; la petite est morte.
Ses jolis yeux clairs sont clos pour jamais,
Et voici déjà des fleurs qu’on apporte…
Je ne verrai plus l’enfant que j’aimais.

Je rêve, sans doute, et l’enfant sommeille;
Pourquoi, près de moi, dit-on qu’il est mort
Pas de bruit surtout, que rien ne l’éveille,
Ne voyez-vous pas que ma fille dort?

Mais elle a gardé la bouche entr’ouverte,
Sa joue est bien pâle et son front glacé,
Son petit corps semble une chose inerte…
Agenouillez-vous, la Mort a passé.

Alors, c’est fini! Tes prunelles closes
Jamais ne verront le ciel rayonnant,
Tu dors pour toujours au milieu des roses,
Toi mon sang, ma chair, ô toi, mon enfant !

Je ne verrai plus ton joli sourire,
Jamais tes regards ne me chercheront,
Tes petites mains qu’on croirait de cire,
Jamais, plus jamais ne me toucheront.

Adieu, mon amour, adieu, ma jolie:
Je n’entendrai plus ton rire joyeux.
Ah! comment guérir ma triste folie;
Comment vivre encore ! je n’ai plus tes yeux.

Et voici soudain qu’on ouvre la porte…
On t’arrache à moi, mon ange adoré,
Mais dans le cercueil, afin qu’on l’emporte,
Près du tien j’ai mis mon coeur déchiré.

Oh! ne parlez plus, la petite est morte…

(Ida Faubert)

Illustration: Francis Picabia

 

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L’ENFANT MUET (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



 

Jarek Puczel _90

L’ENFANT MUET

L’enfant cherche sa voix
(le roi des grillons l’a prise)

Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.

Je n’en veux pas pour parler
mais pour en faire une bague
qui portera mon silence
en son tout petit doigt.

Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.

La voix captive au loin
mettait un habit de grillon.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Jarek Puczel

 

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Tu racontes la houle des mers (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 26 avril 2013



Tu racontes
La houle des mers
En voie de chercher
A se pacifier.

(Guillevic)

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Oisillon bleu (Jean Moréas)

Publié par arbrealettres le 21 avril 2013



 

Oisillon bleu

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Dorlotent doucement les coeurs
Meurtris par les destins moqueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Donnent de nouvelles vigueurs
Aux corps minés par les langueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Font revivre les espoirs morts
Et terrassent les vieux remords.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Je t’ai cherché longtemps, longtemps,
Par mont, par val et par ravin
En vain, en vain !

(Jean Moréas)

Illustration: Georges Braque

 

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