Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘chevaux’

Une petite pluie tiède et sans bruit (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013




Une petite pluie tiède
Et sans bruit
Prend tout son temps

Le billot
Sous la hache de soie
Est un bois
De loupe aux coudes
Indociles

Ainsi nos corps
Comme des cartes aux
Vingt millième

La nuit marcotte
Un buisson d’épineux
Sous la peau

Le souffle
Dans la frondaison nue
Des cheveux

Appelle les feuilles
Et la lune

A trembler comme les
Genoux
Des chevaux de course

(Werner Lambersy)

Illustration: Irina Kotova

 

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Bagarre (Célie Diaquoi-Deslandes)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

palmiers

Bagarre

La lune se cache
Le visage couvert de balafres
Derrière le palmiste irrité
Des chevaux de nuage
S’enfuient effrayés
Sous le fouet de la pluie

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Brune (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013



 

Igor Galanin  manège

Brune

Sur le terrain de foire, au grand soleil brûlé,
Le cirque des chevaux de bois s’est ébranlé
Et l’orgue attaque l’air connu : " Tant mieux pour elle ! "
Mais la brune grisette a fermé son ombrelle,
Et, bien en selle, avec un petit air vainqueur,
Elle va se payer deux sous de mal de coeur.
Elle rit, car déjà le mouvement rapide
Colle ses frisons noirs sur son front intrépide,
Et le vent fait flotter sa jupe et laisse voir
Un gai petit mollet, en bas rouge à coin noir.

(François Coppée)

Illustration: Igor Galanin

 

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Les fleurs ne sont pas interrogatrice (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 4 avril 2013



 

Les fleurs ne sont pas interrogatrices.
Elles n’espèrent que le destin de devenir des livres d’amour pour les oiseaux
Ou mourir simplement et sans tristesse sous un regard de jeune fille.
Elles n’ont pas de doute du probable, l’amertume de l’irrévocable.

Elles n’ont pas de mémoire. Elles ont oublié le départ initial et la nostalgie du retour.
Elles donnent sans hésiter, comme les petits enfants aux mains de la bonne journée.
Leur gloire est de s’endormir dans le sein des morts.

Elles ne sont pas interrogatrices et ne demandent pas au vent d’où il vient
Ni où il va. Elles ne creusent pas la neige pour
trouver l’extrémité de la blancheur ; elles ne réfléchissent pas
Pour connaître le sort de leur ombre qui se perd dans les corridors de l’eau,
Et ne se demandent pas pourquoi roulent les voitures
pourquoi sonnent les horloges en blessant la mémoire,
Pourquoi naissent et meurent — meurent et naissent
les hommes,
Pourquoi les morts n’écoutent pas, pourquoi ils ne
parlent pas, pourquoi ils ne se présentent pas à l’autre entrée,
Ni ce qu’il est advenu de l’autrefois, cet avant tout
l’avant qui n’existe et ne revient pas en arrière,
Et ce qui est arrivé pour que le soleil s’en tienne à sa course en multipliant les chevaux,
en transformant les chevaux.

Qui sait, qui peut dire vers où se dirigent et vont les axes de l’éternel ?

Peut-être se dirigent-ils vers le point du début pour parfaire la circonférence

Pour terminer l’aventure de la fuite lointaine et
exclure du domaine de l’accompli, tous les possibles et tous les vols inutiles
En rejetant leur moi, en annulant leur moi
Sans commencement ni fin dans l’immobilité de la plénitude,
Scellant le mouvement parfait dans l’immobilité complète
Comme une statue, vaisseau en relief qui voyage, voyage…

Les fleurs seront pleinement accomplies en retrouvant leur réalité totale
Et leur gloire sera de se donner spontanément à ton regard parfait

(Georges Themelis)

Illustration

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Glace rouge (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 1 mars 2013



 

L’an mil huit cent douze en Russie
quand les soldats faisaient retraite
au milieu des cadavres
d’hommes et de chevaux
avait gelé le vin robuste
la hache du sapeur
dut alors partager
entre tous même moribonds
le bloc de glace rouge
à forme de futaille
qu’aucun musée
n’eût pu jamais garder.

(Jean Follain)

 

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Une voix (Balbino)

Publié par arbrealettres le 13 janvier 2013


 


 

Temple_de_l'Amour_sur_Île_de_la_Jatte

Une voix

Un signal une voix opiacée
tombes
sans fleurs.
J’ai touché le fer noir
et l’acier
des carrosses aux chevaux
suspendus.
Paris ne se réveille pas
de cette nuit
où je t’ai attendu…
enchaîné à des gouttes de pluie
suspendu à l’oeil fixe
d’un pigeon.

(Balbino)

 

 

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RÉALGAR (Jacques Lacarrière)

Publié par arbrealettres le 7 janvier 2013


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À NE PAS RECOMMENCER (Claude Michel Cluny)

Publié par arbrealettres le 30 décembre 2012



 

Ana Cruz b58

À NE PAS RECOMMENCER

Le jour comme une ville en ruine
Les mille épées du vent, le sel
plein la bouche — et les armes. Le vent —
et ta robe se lève. Le sel,
tes yeux se sèchent pour ma soif.

Au terme de notre querelle
je t’avais faite prisonnière
de la nuit tiède d’une orange
avec les chardons bleu aigu
et les chevaux bleus en désir
— Nous sommes-nous bien déchirés
par trop de haine puisque d’amour —
Oui, toi gémissante éperdue
couchée sur des couteaux, jamais
trop belle pour n’être pas aimée,

ô ma nuit comme une âme en ruine.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Ana Cruz

 

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Aux marches du palais (Anonyme XVIII ème)

Publié par arbrealettres le 6 décembre 2012




Aux marches du palais

Aux marches du palais.
Aux marches du palais.
Y a une tant belle fille, Lonla,
Y a une tant belle fille.

Elle a tant d’amoureux.
Elle a tant d’amoureux.
Qu’elle ne sait lequel prendre, Lonla.
Qu’elle ne sait lequel prendre.

C’est un p’tit cordonnier.
C’est un p’tit cordonnier.
Qu’a z’eu la préférence, Lonla.
Qu’a z’eu la préférence.

C’est en la l’y chaussant.
C’est en la l’y chaussant.
Qu’il en fit la demande, Lonla.
Qu’il en fit la demande.

La belle si tu voulais.
La belle si tu voulais.
Nous dormirions ensemble, Lonla.
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré.
Dans un grand lit carré.
Couvert de teille blanche, Lonla.
Couvert de teille blanche.

Aux quatre coins du lit.
Aux quatre coins du lit.
Un bouquet de pervenches, Lonla.
Un bouquet de pervenches.

Dans le mitan du lit.
Dans le mitan du lit.
La rivière est profonde, Lonla.
La rivière est profonde.

Tous les chevaux du Roi.
Tous les chevaux du Roi.
Pourraient y boire ensemble, Lonla.
Pourraient y boire ensemble.

Et nous y dormirions.
Et nous y dormirions.
Jusqu’à la fin du monde, Lonla.
Jusqu’à la fin du monde.

(Anonyme XVIII ème)

Illustration: Louis Toffoli

 

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Il arrive que, rentrant tard (Maurice Carême)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2012



 

Il arrive que, rentrant tard
Par les longues routes du soir,
Les chevaux tout à coup s’arrêtent,
Et, comme las, baissent la tête.
Dans la charrette, le fermier
N’esquisse pas le moindre geste
Pour les contraindre à se presser.
La lune, sur les blés jaunis,
Vient lentement de se lever,
Et l’on entend comme le bruit
D’une eau qui coule dans l’été.
Quand les chevaux rentrent très tard,
Le fermier ne sait pas pourquoi,
Le long des routes infinies,
Il les laisse avidement boire
Aux fontaines bleues de la nuit.

(Maurice Carême)

Illustration: Armand Charnay

 

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