Articles Tagués ‘ciel’
Publié par arbrealettres le 19 juin 2013

L’heure verte
Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.
Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.
Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.
Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.
(Charles Cros)
Illustration: Viktor Oliva
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), absinthe, aigues-marines, aiguiser, appétit, bercée, brume, chercher, ciel, estomac, hamac, heure, opale, osciller, s'allumer, se noyer, tournoyer, Vénus, vent, vert | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 juin 2013
Il faut si peu d’espace
Pour que rentre le ciel
Dans ma triste demeure,
Il faut si peu de grains
Pour que l’oiseau chante et s’envole
Dans l’or du frais matin,
Il faut si peu d’amour
Pour fleurir un cœur pur qui souffre
Sur la route du Soleil.
Il faut si peu d’espace
Pour dormir un jour dans la terre
Repue de Beauté et d’amour.
Il faut si peu de joie
Pour adorer le Surhumain,
Point vibrant de l’Immensité.
(Emmy Guittès)
Illustration: Stefan Caltia
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Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
La Poésie
Un oiseau migrateur
Me rongera le cœur
Comme un oiseau de proie
Vorace de ma joie.
Il fend le ciel d’acier
De son aile mobile
Dans quoi s’ indélébile
Son œil froid de glacier.
Il est la poésie,
Simple point dans l’azur,
A la source saisie
Dans son chant le plus pur.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Evasion
Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours
Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs
J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour
Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Stance
Consentir à l’ombre et se taire
La nuit, sous le ciel étoilé,
Le grand silence de la terre
Nourrit le murmure des blés…
(Jean-Luc Moreau)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Pour suivre sans faillir
Le vol de l’hirondelle
Pour écouter le pic frapper le hêtre
Et chercher vers le ciel
Le grand élan des arbres
Que faut-il oublier?
Que faut-il oublier?
(Claude-Hélène Lambert)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013

Un en deux
Moi,
C’est toi ;
Nous, c’est toi-moi ;
NOUS DEUX c’est UNE fois ;
Coeurs-de-nous, c’est, Dieu-Ciel en soi ;
Si un jour, SEULE et SEUL… Enfer d’effroi !!!
Jamais ! Elle est ma reine, et Moi je suis son roi.
(Xavier Forneret)
Illustration: Koh Sang Woo
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013
![Carrie Vielle (13) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/carrie-vielle-13-1280x768.jpg?w=859&h=513)
Tristesse
Au docteur Veyne.
Si je pouvais trouver un éternel sourire,
Voile innocent d’un coeur qui s’ouvre et se déchire,
Je l’étendrais toujours sur mes pleurs mal cachés
Et qui tombent souvent par leur poids épanchés.
Renfermée à jamais dans mon âme abattue,
Je dirais : " Ce n’est rien " à tout ce qui me tue ;
Et mon front orageux, sans nuage et sans pli,
Du calme enfant qui dort peindrait l’heureux oubli.
Dieu n’a pas fait pour nous ce mensonge adorable,
Le sourire défaille à la plaie incurable :
Cette grâce mêlée à la coupe de fiel,
Dieu mourant l’épuisa pour l’emporter au ciel.
Adieu, sourire ! Adieu jusque dans l’autre vie,
Si l’âme, du passé n’y peut être suivie !
Mais si de la mémoire on ne doit pas guérir,
À quoi sert, ô mon âme, à quoi sert de mourir ?
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Carrie Vielle
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Le feu comme une parole
La mer comme un souvenir
vague sur vague à rebours
à l’écume enchevêtrée
quelques mots incandescents
Un labour d’algue et de sel
où germent les coquillages
une muraille de vent
sable espace chair et sang
bâtis de ciel et de briques
Un corps comme un paysage
je n’ai pas d’autre demeure
(Jeanne Bessière)
Illustration: Jean-Pierre Augier
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Le plafond s’envole
La fillette dans la maison en pierre regardait vers le haut et
voyait le plafond s’éloigner chaque jour un peu plus.
C’est une erreur a dit la mère.
Mais le plafond s’envole.
Pourquoi es-tu venu ? A demandé la fillette au ciel rentré à
l’intérieur avec ses rebords tigrés pour l’éternité.
Retire-toi de la lumière, ont dit les barreaux du ciel, à cause de
toi on a fait tomber une maille dans le vêtement de solitude.
Ils ont poussé la fillette dans le trou du néant.
Vous avez peut-être vu ici un plafond ? A demandé la fillette
aux chevaux galopant les narines crachant de l’écume.
Retire-toi de la ligne, tu nous empêches de défaire les distances.
Et ils l’ont poussée dans la source de pluie, là se trouvait le plafond.
Que fais-tu ici. C’était une erreur de ta part de t’envoler a dit la fillette.
L’horizontal, c’est faire bonne figure, a dit le plafond
Erreur de ta part de croire que tu as une figure, a dit la fillette.
Erreur aussi qu’une fillette puisse voir un plafond s’envoler.
Pour celui qui aime faire bonne figure, je ne suis pas une enfant
a dit la fillette et a poussé le plafond vers le bas.
A la maison la mère a dit — recouvre le plafond, je lui ai tricoté un chandail.
Se trompe celui qui pense que l’on peut recouvrir la plaie de la solitude.
(Nurith Zarchi)
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