Articles Tagués ‘cimetière’
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

CIMETIÈRE AERIEN
Beau cimetière à tous vents,
en haut du mont vers la France,
dans mon manchon de silence,
je pense et me ressouviens.
Toi qui passes sur ma rive,
dis ton Ave, joins les mains.
Le mort toujours en chemin
guette ceux qui veulent vivre.
Sonne le soir, le matin,
l’Angelus à la volée :
Je ne suis que la durée
sans hier et sans lendemain.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Zdzislaw Beksinski
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), angélus, chemin, cimetière, durée, hier, lendemain, mort, penser, rive, vent, vivre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Métaphore, image, son,
l’âme et la chair se concertent,
au loin on entend le Verbe
et l’écho redit son nom.
Cimetière des saisons
le printemps fait de beaux morts,
en l’honneur de ces garçons
battons les cymbales d’or.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Sarolta Bán
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), âme, écho, battre, chair, cimetière, cymbale, entendre, garçon, honneur, image, métaphore, mort, nom, or, printemps, redire, saison, se concerter, son, verbe | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 30 avril 2013

Nous n’avions rien et c’était peau de l’ange.
On nous disait de bâtir nos maisons,
qu’en l’an trois mille adviendrait la revanche,
symbole et foi, la joie des compagnons,
qu’au crayon bleu à biffer les frontières
la Terre en bloc serait un seul Pays,
que le Sacré remplacerait la guerre,
et que l’enfer deviendrait paradis.
C’est l’an trois mille et sommes en jachère
à repenser le problème des sots.
- L’argile tremble encore au cimetière
et l’on entend le combat des robots.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Adrian Chesterman
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), advenir, ange, argile, bâtir, cimetière, combat, compagnon, enfer, foi, frontière, guerre, jachère, joie, maison, paradis, pays, peau, problème, revanche, rien, robot, symbole, terre, trembler | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 avril 2013

CIMETIERE
Ta maison je suis devenu,
Ton lit, le cimetière.
La nudité, l’humble vêtement.
Tu n’es pas
Un autre
Corps étranger.
Plissement secret de mon corps,
Distribution de ma chair et de l’âme.
C’est toi qui es mon vide
Mon vide et mon plein.
Ma saturation,
Ma solitude.
(Georges Themelis)
Illustration: Jacob Collins
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Themelis), âme, cimetière, corps, devenir, humble, lit, maison, nudité, plein, plissement, saturation, solitude, vide | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 avril 2013

Epitaphe
Dans le faubourg qui monte au cimetière,
Passant rêveur, j’ai souvent observé
Les croix de bois et les tombeaux de pierre
Attendant là qu’un nom y fût gravé.
Tu m’es ravie, enfant, et la nuit tombe
Dans ma pauvre âme où l’espoir s’amoindrit ;
Mais sur mon coeur, comme sur une tombe,
C’est pour toujours que ton nom est écrit.
(François Coppée)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (François Coppée), attendre, écrire, épitaphe, cimetière, coeur, croix, enfant, espoir, faubourg, nom, passant, ravie, rêveur, s'amoindrir, tombeau, toujours | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mars 2013
c’est elle la petite morte
enterrée sous les feuilles
cimetière des fleurs
pour les enfants des prés
elle pâle comme une plainte
murmurant fermement
cieux d’hirondelles
(Patrick Laupin)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Patrick Laupin), cieux, cimetière, enfant, enterrée, feuille, fleur, hirondelle, morte, murmurer, pâle, plainte | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 14 mars 2013
Et surtout que…
Et surtout que Demain n’apprenne pas où je suis
- Les bois, les bois sont pleins de baies noires -
Ta voix est comme un son de lune dans le vieux puits
Où l’écho, l’écho de juin vient boire.
Et que nul ne prononce mon nom là-bas, en rêve,
- Les temps, les temps sont bien accomplis -
Comme un tout petit arbre souffrant de prime sève
Est ta blancheur en robe sans pli.
Et les ronces se referment derrière nous,
Car j’ai peur, car j’ai peur du retour.
Les grandes fleurs blanches caressent tes doux genoux
Et l’ombre, et l’ombre est pâle d’amour.
Et ne dis pas à l’eau de la forêt qui je suis;
Mon nom, mon nom est tellement mort.
Tes yeux ont la couleur des jeunes pluies,
Des jeunes pluies sur l’étang qui dort.
Et ne raconte rien au vent du vieux cimetière.
Il pourrait m’ordonner de le suivre.
Ta chevelure sent l’été, la lune et la terre.
Il faut vivre, vivre, rien que vivre…
(Oscar Vladislas De Lubicz-Milosz)
Illustration: Gustave Moreau
Publié dans poésie | Tagué: (Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz), amour, arbre, écho, étang, blancheur, boire, bois, chevelure, cimetière, demain, genoux, lune, mort, ombre, prononcer, puits, ronce, son, vivre, voix | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 3 mars 2013
La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu’est-ce qu’il fait le père?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu’est-ce qu’il trouve le fils?
Il ne trouve rien absolument le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça tout naturel le père et la mère
La vie continue la vie avec le tricot la guerre et les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.
(Jacques Prévert)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Jacques Prévert), affaire, affaires, cimetière, continuer, fils, guerre, mère, père, tricot, tuer | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 2 mars 2013

JEUNE HOMME
Oh ! me coucher tranquillement
Pendant des heures infinies !
Et j’étais pourtant ton amant
Lors des abandons que tu nies.
Tu mens trop ! Toute femme ment.
Jouer avec les ironies,
Avec l’oubli froid, c’est charmant.
Moi, je baise tes mains bénies.
Je me tais. Je vais dans la nuit
Du cimetière calme où luit
La lune sur la terre brune.
Six balles de mon revolver
M’enverront sous le gazon vert
Oublier tes yeux et la lune.
(Charles Cros)
Illustration: Júlia Fernández Sánchez
Publié dans poésie | Tagué: amant, terre, femme, oublier, lune, brune, charmant, yeux, jouer, infini, jeune, baiser, mentir, oubli, cimetière, nier, abandon, se coucher, (Charles Cros), se taire, revolver, gazon, balle, ironie, bénie | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 20 février 2013
A Carnac, derrière la mer,
La mort nous touche et se respire
Jusque dans les figuiers.
Ils sont dans l’air,
Les ossements.
Le cimetière et les dolmens
Sont apaisants.
(Guillevic)
Publié dans poésie | Tagué: (Guillevic), air, apaisant, Carnac, cimetière, dolmen, figuier, mer, mort, ossements, respirer, toucher | Poster un commentaire »