Articles Tagués ‘clair’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Rondeau de printemps
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.
Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie, "
Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;
Chacun s’habille de nouveau.
Le temps a laissé son manteau.
(Charles d’Orléans)
Illustration: Piel-Colombo
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Quel beau feu clair
vous avez allumé au carrefour de ma vie,
quel beau feu clair.
Et comme sa pure force assouvie
fait trembler l’air!
(Rilke)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Il y a ce qui rassure
et dort au coeur de la chose
on l’écoute
dans la boucle du fleuve
dans la houille éclairant
de ses brasiers
le corps de la jeune fille
qui s’expose à la vie
dans la ramure et le jour clair
ou dans la nuit poignante.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

L’hiver la terre a sa belle voix
commémorante et haute ou sourde
comme alors elle abrite
le son clair des sabots
la jaune lanterne et la vierge alertée
dans la région bleue.
C’est la voix de traduction précise et simple.
(Jean Follain)
Illustration: Giacomo Balla
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Pour Jacqueline
Qu’on parle tout bas; la petite est morte.
Ses jolis yeux clairs sont clos pour jamais,
Et voici déjà des fleurs qu’on apporte…
Je ne verrai plus l’enfant que j’aimais.
Je rêve, sans doute, et l’enfant sommeille;
Pourquoi, près de moi, dit-on qu’il est mort
Pas de bruit surtout, que rien ne l’éveille,
Ne voyez-vous pas que ma fille dort?
Mais elle a gardé la bouche entr’ouverte,
Sa joue est bien pâle et son front glacé,
Son petit corps semble une chose inerte…
Agenouillez-vous, la Mort a passé.
Alors, c’est fini! Tes prunelles closes
Jamais ne verront le ciel rayonnant,
Tu dors pour toujours au milieu des roses,
Toi mon sang, ma chair, ô toi, mon enfant !
Je ne verrai plus ton joli sourire,
Jamais tes regards ne me chercheront,
Tes petites mains qu’on croirait de cire,
Jamais, plus jamais ne me toucheront.
Adieu, mon amour, adieu, ma jolie:
Je n’entendrai plus ton rire joyeux.
Ah! comment guérir ma triste folie;
Comment vivre encore ! je n’ai plus tes yeux.
Et voici soudain qu’on ouvre la porte…
On t’arrache à moi, mon ange adoré,
Mais dans le cercueil, afin qu’on l’emporte,
Près du tien j’ai mis mon coeur déchiré.
Oh! ne parlez plus, la petite est morte…
(Ida Faubert)
Illustration: Francis Picabia
Publié dans poésie | Tagué: (Ida Faubert), arracher, éveiller, bas, bruit, cercueil, chair, chercher, clair, clos, déchiré, dormir, emporter, enfant, fille, fini, fleur, inerte, jamais, mort, morte, ouvrir, parler, petite, prunelle, rose, s'agenouiller, toucher, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 28 avril 2013

Comme, en chantant, l’oiseau
sur la cime de lumière du peuplier vert
au soleil joyeux du clair après-midi,
à loisir, me déchire, immensément, en deux
l’âme — et quel sang de musique jaillit ! —
du zénith sans retour
à la terre immuable !
***
¡Cómo, cantando el pájaro
en la cima de luz del chopo verde,
al sol alegre de la tarde clara,
me parte el alma, a gusto, inmensamente, en dos
— ¡y qué sangre de música chorrea!—,
desde el cenit sin vuelta
a la tierra sin cambio!
(Juan Ramón Jiménez)
Publié dans poésie | Tagué: (Juan Ramon Jimenez), âme, chanter, cime, clair, immuable, jaillir, joyeux, lumière, musique, oiseau, peuplier, retour, sang, soleil, terre, zénith | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 20 avril 2013

J’ai soif du retour
vers ce ciel — vers ce ciel si clair,
Là, je peux dormir tranquille — là je peux et vivre et disparaître
Comme rit et pleure en silence
un enfant dans le sein de sa mère.
(Dài Wàngshú)
Illustration: Brendan Monroe
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Publié par arbrealettres le 14 avril 2013
je crois
qu’il faut avancer
dans sa propre obscurité
pour y voir clair
que le frémissement
ne peut jamais surgir
là où sont la honte
la haine
la peur
(Zéno Bianu)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 6 avril 2013
9 décembre 1913
Les plus sombres jours de l’année
Ont pour devoir de devenir lumière.
Je ne trouve pas de comparaison
Pour dire la douceur de tes lèvres.
Tes yeux, je te défends de les lever vers moi.
Épargne ma vie.
Ils sont plus clairs que les violettes nouvelles,
Mais mortels pour moi.
Je l’ai compris: les mots sont inutiles;
Légères, les branches sous la neige…
L’oiseleur a déjà tendu
Ses pièges près de la rivière.
(Anna Akhmatova)
Illustration: Sylvain Houcke
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Publié par arbrealettres le 23 mars 2013

PROMENADE
À Emmanuel des Essarts.
Ce n’est pas d’hier que d’exquises poses
Me l’ont révélée, un jour qu’en rêvant
J’allais écouter les chansons du vent.
Ce n’est pas d’hier que les teintes roses
Qui passent parfois sur sa joue en fleur
M’ont parlé matin, aurore, fraîcheur,
Que ses clairs yeux bleus et sa chevelure
Noire, sur la nuque et sur le front blancs,
Ont fait naître en moi les désirs troublants
Que, dans ses repos et dans son allure,
Un charme absolu, chaste, impérieux,
Pour toute autre qu’Elle a voilé mes yeux.
Ce n’est pas d’hier. Puis le cours des choses
S’assombrit. Je crus à jamais les roses
Mortes au brutal labour du canon.
Alors j’aurais pu tomber sous les balles
Sans que son nom vînt sur mes lèvres pâles
— Car je ne sais pas encore son nom.
Puis l’étude austère aux heures inertes,
L’ennui de l’été dans les ombres vertes,
M’ont fait oublier d’y penser souvent.
Voici refleurir, comme avant ces drames,
Les bleuets, les lys, les roses, les femmes,
Et puis Elle avec sa beauté d’avant.
*
Dans le grand jardin, quand je vous retrouve,
Si je ralentis, pour vous voir, mes pas,
Peureuse ou moqueuse, oh ! ne fuyez pas !
Me craindre ?… Depuis que cet amour couve
En mon coeur, je n’ai même pas osé
Rêver votre bras sur le mien posé.
Qu’est-ce que je viens faire en votre vie,
Intrus désoeuvré ? Voilà votre enfant
Qui joue à vos pieds et qui vous défend.
Aussi, j’ai compris, vous ayant suivie,
Ce qu’ont demandé vos yeux bleus et doux :
« Mon destin est fait, que me voulez-vous ? »
Mais, c’est bien assez, pour qu’en moi frissonne
L’ancien idéal et sa floraison
De vous voir passer sur mon horizon !
Car l’âme, à l’étroit dans votre personne,
Dépasse la chair et rayonne autour,
— Aurore où s’abreuve et croît mon amour.
Diamants tremblant aux bords des corolles,
Fleur des pêches, nacre, or des papillons
S’effacent pour peu que nous les froissions.
Ne craignez donc pas d’entreprises folles,
Car je resterai, si cela vous plaît,
Esclave lointain, inconnu, muet.
(Charles Cros)
Illustration: Alexander Ye Pavlovets
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), absolu, allure, amour, aurore, austère, balle, beauté, canon, chair, chanson, charmé, chaste, clair, comprendre, couver, craindre, désir, destin, diamant, drame, esclave, exquise, front, inerte, jardin, labour, lointain, nacre, oublier, papillon, pêche, posé, promenade, ralentir, rayonner, révéler, rêver, refleurir, repos, rester, retrouver, s'abreuver, suivre, tremblant, vent, yeux | Poster un commentaire »