Articles Tagués ‘coeur’
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les cheveux d’Amaranthe
Zéphyre bien souvent de votre poil se joue,
Pillant sous ce prétexte un baiser amoureux :
Et des ondes qu’il fait flotter sur votre joue,
Un Pactole prend source en l’or de vos cheveux.
Cheveux petites rets, Cupidon vous avoue
De me prendre le coeur : que ce coeur est heureux
Alors que je vous baise, alors que je vous loue,
Cheveux qui l’achevez de le rendre amoureux.
Beaux cheveux, filets d’or, rayons d’ambre et de flamme,
Doux geôliers de mon coeur, doux chaînons de mon âme,
Si par travail s’acquiert votre riche toison :
Et aux feux et aux fers j’exposerai ma vie ;
Puis retournant vainqueur du dragon de l’envie,
Mériterai-je pas d’en être le Jason ?
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Nina Reznichenko
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Il savait des choses dont la nuit seule apprivoise le langage
et il les semait dans sa nation attentive silencieuse
hâve occulte qui était son raisin et sa farine
Et ces choses étaient l’orange juteuse pour l’heure
jachère pour la clameur de la gorge taciturne
et pour la soif de sa nation qui le voulait homme roi
Le laurier de longue verdeur ne frémissait pas de sa connaissance
et de sa requête debout et de son geste multitude et immobilité
Quand la mémoire l’avait rejeté ce qu’il savait demeurait
Et il le savait dans sa peau et devant sa peau
Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
comme une goutte ailée de miel
pour se poser sur la bouche épouse
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Dennis Wojtkiewicz
Publié dans poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), ailée, apprivoiser, attentive, épouse, bouche, clameur, coeur, debout, demeurer, farine, geste, gorge, goutte, immobilité, jachère, langage, laurier, mesure, miel, multitude, nuit, occulté, orange, peau, poser, prendre, raisin, savoir, semer, silence, soif, taciturne | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 20 mai 2013

Si nous avions une vision et un sentiment aigus de toute la vie humaine ordinaire,
cela équivaudrait à entendre l’herbe pousser
et le coeur de l’écureuil battre,
et alors, nous mourrions de cette clameur
située de l’autre côté du silence.
Les choses étant ce qu’elle sont,
les plus rapides d’entre nous circulent bien emmitouflés
dans une épaisse couche de stupidité.
(George Eliot)
Illustration: ArbreaPhotos
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Allez ! et qu’on multiplie,
Dieu à chacun s’est donné
pour la mort et poux la vie
et chaque fois tout entier.
Prestige de l’Absolu,
éloge de la pensée.
Monde jaugé retenu :
esprit, tiens la fleur doublée.
Face à Face l’Intouchable
je le sens grandir en moi
et répéter le miracle
seul d’être à tous à la fois.
Je n’ouvre pas une fable,
je ne suis pas le portier
mais j’entre, le coeur troublé,
dans de grands pays de sable
parmi les miraculés.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Mihai Criste
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
L’impossible
Je puis mourir ce soir! Averses, vents, soleil
Distribueront partout mon cœur, mes nerfs, mes moelles.
Tout sera dit pour moi! Ni rêve, ni réveil.
Je n’aurai pas été ici-bas, dans les étoiles!
En tous sens, je le sais, sur ces mondes lointains,
Pèlerins comme nous des pâles solitudes,
Dans la douceur des nuits tendant vers nous les mains,
Des Humanités soeurs rêvent par multitudes!
Oui! des frères partout! (Je le sais, je le sais!)
Ils sont seuls comme nous. — Palpitants de tristesse,
La nuit, ils nous font signe! Ah! n’irons-nous jamais?
On se consolerait dans la grande détresse!
Les astres, c’est certain, un jour s’aborderont!
Peut-être alors luira l’Aurore universelle
Que nous chantent ces gueux qui vont, l’Idée au front!
Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle!
Hélas! avant ces temps, averses, vents, soleil
Auront au loin perdu mon coeur, mes nerfs, mes moelles,
Tout se fera sans moi ! Ni rêve, ni réveil!
Je n’aurai pas été dans les douces étoiles!
(Jules Laforgue)
Illustration retirée sur demande de l’artiste
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Jules Laforgue), astre, aurore, averse, étoile, clameur, coeur, détresse, Dieu, distribuer, douce, frère, ici-bas, impossible, moelle, mourir, nerf, pélerin, réveil, rêve, se consoler, seul, soleil, solitude, tristesse, vent | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Tu
Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.
Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.
Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.
Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration: Fabienne Contat
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Final provisoire
Jamais ne se cicatrisent vraiment
Les blessures du cœur.
Je succombe peu à peu
Aux heures mortelles d’ennui
Dont le venin s’instille en moi
Minute par minute
Au rythme régulier
Et lancinant
Du balancier
Et mon regard suit
Inlassablement
Hypnotisé
Le disque de cuivre ciselé
Qui brille comme un soleil
De pacotille
Et oscille comme un débile
Dans les entrailles de l’horloge
Mais sans battre comme un cœur.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Renouveau
Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre
Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Le Pouvoir des Mots
D’un livre ouvert
Sortit une averse
Et une poignée
D’oiseaux de couleur…
Le pouvoir des mots
Est plus fort que le vent
Et celui du poème
Plus que la folie…
Au coeur de ton coeur
J’écris une lettre
En lettres de jour…
Au bleu de tes yeux
Commence la mer…
(Jean-Marie Petit)
Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Michelle Paulet
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

Sors de l’ombre, et dis-moi
depuis combien d’années
tu mêles à mes pas
ton empreinte invisible,
ô mon double muet
traversé par mes mains.
C’est trop peu de sentir
ton souffle sur mon front
et dans l’air mutilé
d’écouter ta présence ;
trop peu de deviner
tes gestes incertains
à travers le cristal
du sommeil et des songes.
J’ai trop connu l’attente
et les paroles dures.
je ne crains ton regard
ni le rond de ta bouche
et veux te voir en face
à la clarté du coeur.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Makoto Oshima
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), attente, bouche, clarté, coeur, craindre, cristal, deviner, dure, empreinte, front, invisible, main, mêler, muet, mutilé, ombre, parole, présence, regard, sentir, sommeil, songe, sortir, souffle, traverser | Poster un commentaire »