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Articles Tagués ‘colombe’

Autour de la cime du grand arbre (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 27 avril 2013



Jeanie Tomanek espalier

 

Autour de la cime
du grand arbre volent,
volent mes rêves.

Colombes, couronnées
de lumières pures,
leur vol répand une musique.

Comme elles entrent, comme elles sortent
de l’arbre seul !
Comme elles m’enserrent en leur filet d’or !

***

Alrededor de la copa
del árbol alto,
mis sueños están volando.

Son palomas, coronadas
de luces puras,
que, al volar, derraman música.

¡Cómo entran, cómo salen
del árbol solo!
¡Cómo me enredan en oro!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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Lamento (Théophile Gautier)

Publié par arbrealettres le 8 avril 2013



 

belle-de-nuit-4897

Lamento

Connaissez-vous la blanche tombe
Où flotte avec un son plaintif
L’ombre d’un if ?
Sur l’if, une pâle colombe,
Triste et seule, au soleil couchant,
Chante son chant :

Un air maladivement tendre,
À la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal,
Et qu’on voudrait toujours entendre ;
Un air, comme en soupire aux cieux
L’ange amoureux.

On dirait que l’âme éveillée
Pleure sous terre à l’unisson
De la chanson,
Et du malheur d’être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.

Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir ;
Une ombre de forme angélique
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.

Les belles-de-nuit, demi-closes,
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras :
« Tu reviendras ? »

Oh ! jamais plus, près de la tombe,
Je n’irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Ecouter la pâle colombe
Chanter sur la branche de l’if
Son chant plaintif !

(Théophile Gautier)

Illustration

 

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LA COLOMBE POIGNARDEE (Jules Lefèvre-Deumier)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

colombe poignardée

LA COLOMBE POIGNARDEE

Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

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Je suis descendu dans les jardins (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 4 avril 2013



 

Je suis descendu dans les jardins et j’ai vu les ossements solitaires.
J’ai dit : c’est nous, parmi tant de bras en croix, de genoux non brisés,
Nous deux qui nous sommes si étroitement enlacés.
J’ai dit : nous avons existé à la limite du feu éteint, à l’extrémité du monde
Sur ce rivage de l’attente la plus sensible,
Tout au commencement, qui ne connaît de fin, mais seulement lorgne
Vers l’autre extrémité, vers le côté de l’aile et du lys,
En attendant de traverser la pente dangereuse du vent.

Ce qui est sûr, c’est que le vent provient des ombres d’ailes
Et la poussière, de la géométrie de l’aventure.

Ta poussière est celle d’une confiance de colombe
Battant la vitre de la pluie, touchant le simandre
Des jours qui sont comblés par l’aube pâle.

(Georges Themelis)

 

 

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Plus belle que les larmes (Gaston Miron)

Publié par arbrealettres le 2 avril 2013



Plus belle que les larmes

Jeune fille plus belle que les larmes
qui ont coulé plus qu’averses d’avril
beaux yeux aux ondes de martin-pêcheur du matin
où passent les longs courriers de mon désir
mémoire, ô colombe dans l’espace du coeur
mes mains sont au fuseau des songes éteints
je me souviens de sa hanche de navire
je me souviens de ses épis de frissons
et sur mes fêtes et mes désastres
je te salue toi la plus belle
et je chante

(Gaston Miron)


Illustration: Francine Van Hove

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Mes deux Filles (Victor Hugo)

Publié par arbrealettres le 31 mars 2013




Mes deux Filles

Dans le frais clair-obscur du soir charmant qui tombe,
L’une pareille au cygne et l’autre à la colombe,
Belles, et toutes deux joyeuses, ô douceur !
Voyez, la grande soeur et la petite soeur
Sont assises au seuil du jardin, et sur elles
Un bouquet d’oeillets blancs aux longues tiges frêles,
Dans une urne de marbre agité par le vent,
Se penche, et les regarde, immobile et vivant,
Et frissonne dans l’ombre, et semble, au bord du vase,
Un vol de papillons arrêté dans l’extase.

(Victor Hugo)

 

 

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Délia (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2013




Délia, parmi toutes ces feuilles
de l’arbre de vie,
ta présence
au feu,
ta vertu
de rosée:
dans le vent irrité
une colombe.

(Pablo Neruda)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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Comment s’appelle la tristesse (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 24 mars 2013



À qui le condor haillonneux
rend-il compte de sa mission ?

Comment s’appelle la tristesse
chez une brebis solitaire ?

Qu’arrive-t-il, au pigeonnier,
si la colombe apprend le chant ?

Si la mouche produit du miel
l’ abeille se vexera-t-elle ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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C’est là qu’elle apparut (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 22 mars 2013




C’est là qu’elle apparut. Elle était nue
dans la neige et les flammes, la guerre et la rosée,
comme si un vol de colombes égarées dans le froid
s’étant enflammé sous le toit de l’ouragan,
l’une était venue choir sur le coeur de Rhodo
et y avait laissé éclaté sa blancheur.

(Pablo Neruda)

Illustration

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Tes mains (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 21 mars 2013




Tes mains

Lorsque tes mains s’envolent,
mon amour, vers les miennes,
que m’apporte leur vol ?
Pourquoi s’être arrêtées
brusquement sur ma bouche,
se faisant familières
comme si lors, avant,
je les avais touchées,
comme si avant d’être
elles avaient couru
sur mon front, sur ma taille ?

Leur douceur s’avançait
en volant sur le temps,
sur la mer, la fumée,
sur le printemps aussi,
et quand tu as posé
tes mains sur ma poitrine,
j’ai reconnu ces ailes
de colombe dorée
reconnu cette argile,
cette couleur de blé.

J’ai passé mes années
à marcher, les quêtant.
J’ai franchi les récifs,
gravi les escaliers,
les trains m’ont emmené,
les eaux m’ont ramené,
dans la peau du raisin
je croyais te palper.
Le bois m’a apporté
un beau jour ton contact,
l’amande m’annonçait
ta secrète douceur,
lorsque sur ma poitrine
tes mains se sont fermées
et là comme deux ailes
ont fini leur voyage.

(Pablo Neruda)

Illustration: Partarrieu

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