Articles Tagués ‘confiance’
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Confiance
Ils s’aiment en silence, et leur coeur se consume;
En attendant toujours l’instant qui doit venir.
Ils souffrent, mais pourtant ils n’ont pas d’amertume,
Ils savent que demain leur tourment va finir.
Ils savent que demain les Heures merveilleuses
Viendront sonner pour eux la fête de l’Amour
Et qu’Elles souriront aux belles amoureuses
Qui pleurent dans la nuit en espérant le jour.
Et dans le soir, fiévreusement, leurs bras se tendent
Bien qu’ils soient séparés, ils se parlent tout bas.
Ils disent doucement que leurs âmes s’attendent,
Et qu’il est des amours que l’on ne détruit pas.
(Ida Faubert)
Illustration: Asit Kumar Patnaik
Publié dans poésie | Tagué: (Ida Faubert), amertume, amour, amoureuse, attendre, âme, bras, coeur, confiance, détruire, doucement, fête, fiévreusement, finir, merveilleuse, s'aimer, s'attendre, séparé, se consumer, se parler, silence, souffrir, sourire, tourment | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 26 avril 2013

Chaque personne que je rencontre
Est pour moi une Expérience
Si elle contenait une Amande?
La tournure d’une Noix
Sur un Arbre inspire
Autant confiance,
Mais de la Viande est exigée à l’intérieur
Pour les Ecureuils, et Moi.
***
Experiment to me
Is every one I meet
If it contain a Kernel?
The figure of a Nut
Presents upon a Tree
Equally plausibly,
But Meat within, is requisite
To Squirrels and to Me.
(Emily Dickinson)
Publié dans poésie | Tagué: (Emily Dickinson), amande, arbre, écureuil, confiance, expérience, inspirer, noix, rencontrer, viande | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 4 avril 2013

Je suis descendu dans les jardins et j’ai vu les ossements solitaires.
J’ai dit : c’est nous, parmi tant de bras en croix, de genoux non brisés,
Nous deux qui nous sommes si étroitement enlacés.
J’ai dit : nous avons existé à la limite du feu éteint, à l’extrémité du monde
Sur ce rivage de l’attente la plus sensible,
Tout au commencement, qui ne connaît de fin, mais seulement lorgne
Vers l’autre extrémité, vers le côté de l’aile et du lys,
En attendant de traverser la pente dangereuse du vent.
Ce qui est sûr, c’est que le vent provient des ombres d’ailes
Et la poussière, de la géométrie de l’aventure.
Ta poussière est celle d’une confiance de colombe
Battant la vitre de la pluie, touchant le simandre
Des jours qui sont comblés par l’aube pâle.
(Georges Themelis)
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Themelis), aile, attente, aube, aventure, brise, colombe, comblé, commencement, confiance, croix, descendre, enlacé, géométrie, jardin, lys, ombre, ossement, pente, poussière, sensible, vent, vitre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 31 mars 2013

Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n’y perd et nul n’y gagne
Les sentiments à la dérive
Et l’effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L’avenir en butte à demain
Les mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le vent
Muscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le coeur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant
Tu es venue l’après-midi crevait la terre
Et la terre et les hommes ont changé de sens
Et je me suis trouvé réglé comme un aimant
Réglé comme une vigne
A l’infini notre chemin le but des autres
Des abeilles volaient futures de leur miel
Et j’ai multiplié mes désirs de lumière
Pour en comprendre la raison
Tu es venue j’étais très triste j’ai dit oui
C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde
Petite fille je t’aimais comme un garçon
Ne peut aimer que son enfance
Avec la force d’un passé très loin très pur
Avec le feu d’une chanson sans fausse note
La pierre intacte et le courant furtif du sang
Dans la gorge et les lèvres
Tu es venue le voeu de vivre avait un corps
Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres
Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glaçons
Comme un oeil qui voit clair
L’herbe fine figeait le vol des hirondelles
Et l’automne pesait dans le sac des ténèbres
Tu es venue les rives libéraient le fleuve
Pour le mener jusqu’à la mer
Tu es venue plus haute au fond de ma douleur
Que l’arbre séparé de la forêt sans air
Et le cri du chagrin du doute s’est brisé
Devant le jour de notre amour
Gloire l’ombre et la honte ont cédé au soleil
Le poids s’est allégé le fardeau s’est fait rire
Gloire le souterrain est devenu sommet
La misère s’est effacée
La place d’habitude où je m’abêtissais
Le couloir sans réveil l’impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d’un feu battant des mains
L’éternité s’est dépliée
O toi mon agitée et ma calme pensée
Mon silence sonore et mon écho secret
Mon aveugle voyante et ma vue dépassée
Je n’ai plus eu que ta présence
Tu m’as couvert de ta confiance.
(Paul Eluard)
Illustration: Valentine Hugo
Publié dans poésie | Tagué: (Paul Eluard), abeille, avenir, éternité, boue, briller, comprendre, confiance, couvrir, dérive, désir, douleur, fardeau, fatigue, fondre, furtif, glaçon, grise, habitude, hasard, impasse, lumière, mot, penser, perdre, présence, raison, rire, roue, sang, sentiment, songe, souvenir, squelette, ténèbres, terre, triste, vapeur | 8 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 7 mars 2013

Tu m’inspires et de l’amour et du désir; je le sens et je brûle.
Charmante que tu es, sache donc maintenant m’inspirer confiance!
***
Liebe flößest du ein, und Begier; ich fühl es, und brenne.
Liebenswürdige, nun flöße Vertrauen mir ein!
(Goethe)
Publié dans humour, méditations | Tagué: (Goethe), amour, brûler, charmante, confiance, désir, inspirer, sentir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 8 février 2013

Abandonne ce que tu crois connaître
et tourne ton coeur vers ton mystère.
Réunis les forces de ton être et exprime ta demande :
la réponse viendra de cette prière comme le jour est tiré de la nuit.
Sème les germes de l’indigence et de la faiblesse,
tu verras alors pousser dans ton coeur les fleurs de l’abandon et de la confiance.
Abandonne, ô ami, les eaux saumâtres de la terre et prends ton envol hors de toi-même.
Abandonne-toi, tel un nourrisson qui ne sait pas encore sourire,
et tu ressentiras alors la douce haleine d’une mère.
Du plus profond de tes racines, laisse monter la sève de ta prière.
(Paroles Soufies)
Illustration: Terje Adler Mørk
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Paroles Soufies), abandon, abandonner, coeur, confiance, connaître, demande, force, germe, haleine, indigence, mère, mystère, prière, racine, ressentir, saumâtre, sève, sourire | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 janvier 2013

PASSERELLES
D’un souffle sur les vitres
qui se ramifie,
se dissipe, la nuit entière,
tu recrées la confiance.
Si tendre, la paume,
les yeux grands ouverts,
aucun mur ne s’oppose
à l’aube, à l’odeur du large.
Ces fleurs qui tressaillent
entre des pierres :
qu’un mot te franchisse,
toi aussi tu es libre.
Plein été, tu dis «neige»,
ce sera «fruit », l’hiver,
le plaisir est le même
d’aller plus loin.
Le front toujours nu,
le vent des falaises,
peu importe où l’on va,
un enfant nous devance.
(Pierre Dhainaut)
Illustration: Alla Chakir
Publié dans poésie | Tagué: (Pierre Dhainaut), aube, été, confiance, devancer, enfant, falaise, fleur, franchir, front, fruit, hiver, libre, mur, neige, nu, odeur, passerelle, paume, plaisir, s'opposer, se dissiper, se ramifier, souffle, tendre, tressaillir, vent, vitre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 29 décembre 2012
Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.
(Paul Eluard)
Publié dans poésie | Tagué: (Paul Eluard), arbre, bruit, caillou, caresse, confiance, dire, familier, feuille, main, mer, nuage, nuit, oeil, oiseau, paysage, route, survivre, vague, visage | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 22 décembre 2012

AH, C’EST VOUS!
SHIBA RAKU
Ah, c’est vous!
Dis-je à quelqu’un dans la rue
(J’ai l’impression
De ne pas l’avoir vu depuis longtemps)
Mais il me regarde d’un air ahuri
Je me suis trompé
Et je salue
Quelqu’un d’autre
Qui ouvre de grands yeux
Je me suis encore trompé
Pourtant, je me le demande,
Puisque tout le monde a la même tête ou à peu près
Est-ce qu’on ne pourrait pas se tromper quelquefois?
Et ceux qu’on salue par erreur
Ne pourraient-ils pas répondre
Mine de rien?
C’est ainsi qu’armé de confiance
Je salue les gens
Mais voilà qu’une fois
Quelqu’un m’a répondu
A ôté son chapeau
M’a dit quelques mots polis
J’en suis resté bouche bée
J’ai perdu toute assurance
J’ai beau aimer les gens si je me trompe en les saluant
Il n’y a aucune raison de me tirer son chapeau!
Non plus jamais
Je ne pourrai parler à quelqu’un dans la rue
Et pourtant n’y a-t-il pas encore sur mon chemin
Deux ou trois gentlemen
Très polis
Qui attendent
Que je me trompe
Pour porter la main au bord de leur chapeau?
(Harushige Dobashi)
Illustration: René Magritte
Publié dans humour, poésie | Tagué: (Harushige Dobashi), ahuri, assurance, chapeau, chemin, confiance, demander, erreur, impression, longtemps, ouvrir, poli, répondre, regarder, rue, saluer, se tromper, tête, yeux | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 19 décembre 2012

L’INÉPUISABLE
Voyez
écoutez
c’est un tournoiement sans fin
dans cette mort
rien de triste
disait Van Gogh à son frère Théo
avant d’entrer dans la nuit
avec ses doigts de vision
dans cette mort
juste
la traversée du souffle
Voyez
écoutez
c’est un murmure multiple
des secrets endormis
surgissent
comme une danse de lucioles
on entend
la vraie chair de la parole
on entend soudain
la brèche qui nous saisit
Voyez
écoutez
c’est la voix de la voix
cette peau sonore
dont parle René Daumal en funambule
cette peau
ouverte au fond du coeur
au bord de la vie
cette peau
que nous pouvons enfin revêtir
pour de bon
Voyez
écoutez
ce que dit le trapéziste
aux yeux fermés
il faut calciner ses limites
accueillir le crépuscule
et s’y volatiliser
danser jusqu’au bout
pour emplir l’univers
d’un dernier souffle
Voyez
écoutez
plus loin
que le poids de notre naufrage
saluez
celui qui n’a cessé
de tendre son fil d’Ariane
en pointillés d’infini
de semer à la volée
les éclats
d’une confiance illimitée
Voyez
écoutez
Icare aux bras cassés
n’en finit pas
de voler
il écrit dans le ciel
à haute voix
que nous sommes les vrais dieux
les seules étoiles
sous la voûte du cirque
Voyez
écoutez
le danseur du vide
son sourire est un talisman
il dit
la lumière est ma soeur jumelle
j’ai l’impression
d’être au bout du ciel
j’entends la fugue des siècles
tout disparaît
tout apparaît
(Zéno Bianu)
Illustration: Henri Matisse
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Zéno Bianu), apparaître, éclat, écouter, étoile, brèche, chair, cirque, confiance, danse, danseur, Dieu, disparaître, entendre, entrer, fil, fin, fugue, funambule, Icare, impression, inépuisable, infini, luciole, mort, naufragé, nuit, parole, peau, pointillé, saisir, secret, sourire, surgir, talisman, tournoiement, triste, vide, vision, voir, voler | Poster un commentaire »