Articles Tagués ‘confidence’
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Combien a-t-on fait aux fleurs
d’étranges confidences,
pour que cette fine balance
nous dise le poids de l’ardeur.
Les astres sont tous confus
qu’à nos chagrins ont les mêle.
Et du plus fort au plus frêle
nul ne supporte plus
notre humeur variable,
nos révoltes, nos cris -,
sauf l’infatigable table
et le lit (table évanouie).
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 8 mai 2013

Il n’y a rien de caché,
tout est là sous nos yeux,
la vie passée, la vie présente et la vie future,
comme trois petites filles échangeant en riant des confidences
sur une route de campagne.
(Christian Bobin)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 8 avril 2013

L’HEURE D’INSPIRATION
C’est l’heure où, dans les bois, le rossignol, qui veille,
Prodigue de ses chants la plaintive merveille :
Où, de ses rendez-vous égayant les déserts,
L’amour a des aveux, plus doux que ces concerts :
Où les eaux du ruissel, que le vent contrarie,
Font, en se débattant, naître la rêverie.
C’est l’heure, où dans le thym s’appellent les grillons :
Où, comme des esprits, d’inquiets papillons
Viennent voir, aux vitraux qu’enflamment nos lumières,
Si nous parlons des morts, au moins dans nos prières.
C’est l’heure, où sur la mousse, au feu du ver luisant,
Les sylphes font pousser des fraises, en dansant.
Échos capricieux de leurs folles cadences,
Les feux-follets dans l’air se font des confidences :
La fleur pompe du soir la molle humidité :
Le ciel d’étoiles d’or sable l’obscurité,
Et cet or, réfléchi dans une onde courante,
Reproduit le Pactole et sa richesse errante.
Des nuages foncés, qui bordent l’horizon,
La lune, en se levant, disperse la prison :
L’azur bruni des cieux descend sur la verdure :
Une ombre transparente a baigné la nature,
Et d’un charme inconnu l’imprègne, en l’effleurant :
C’est l’heure, où l’on devient poète, en l’admirant.
(Jules Lefèvre-Deumier)
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Publié par arbrealettres le 28 janvier 2013
dans ma poche
quelques coquillages:
bribes de conversation,
les confidences
de la mer
(Katell Antoine)
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Publié par arbrealettres le 8 décembre 2012

Prière aux étoiles
Milliers d’astres cléments, adorables trophées
De triomphe absolu remporté sur la nuit,
Soyez-nous les beaux yeux sages des belles fées,
Maintenant que l’orage ardent a tu son bruit.
Étoiles! Versez-nous de l’azur pacifique
Où tremblent les frissons de vos calices d’or,
Le radieux parfum de votre encens mystique,
Et faites que nos seins vibrent de joie encor!
Inondez de rayons nos corps faits de poussière,
Imprégnez de santé nos membres fatigués, —
Nos mains allumeront la lampe de prière
Au foyer de clarté que vous nous prodiguez.
Étoiles! Faites-nous de longues confidences
Sur les trésors divins dans l’espace enfouis,
Et nos hymnes auront d’indicibles cadences,
Et nos chansons auront des accents inouïs.
Nos cœurs qu’exalteront vos séraphiques flammes,
Banniront à jamais loin d’eux tout amour vil!
Étoiles! visitez les sphères de nos âmes
Où vivent, méconnus, des Anges en exil.
Et lorsque le destin nous dira de descendre
Dans le gouffre profond des tombes pour dormir,
Étoiles du ciel pur! éclairez notre cendre
Et sauvez du néant l’âme du Souvenir!
(Wincenty Korab-Brzozowski)
Découvert ici : poetespolonais
Illustration: Renaud Baltzinger
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Publié par arbrealettres le 6 décembre 2012

Aux marches du palais
Aux marches du palais.
Aux marches du palais.
Y a une tant belle fille, Lonla,
Y a une tant belle fille.
Elle a tant d’amoureux.
Elle a tant d’amoureux.
Qu’elle ne sait lequel prendre, Lonla.
Qu’elle ne sait lequel prendre.
C’est un p’tit cordonnier.
C’est un p’tit cordonnier.
Qu’a z’eu la préférence, Lonla.
Qu’a z’eu la préférence.
C’est en la l’y chaussant.
C’est en la l’y chaussant.
Qu’il en fit la demande, Lonla.
Qu’il en fit la demande.
La belle si tu voulais.
La belle si tu voulais.
Nous dormirions ensemble, Lonla.
Nous dormirions ensemble.
Dans un grand lit carré.
Dans un grand lit carré.
Couvert de teille blanche, Lonla.
Couvert de teille blanche.
Aux quatre coins du lit.
Aux quatre coins du lit.
Un bouquet de pervenches, Lonla.
Un bouquet de pervenches.
Dans le mitan du lit.
Dans le mitan du lit.
La rivière est profonde, Lonla.
La rivière est profonde.
Tous les chevaux du Roi.
Tous les chevaux du Roi.
Pourraient y boire ensemble, Lonla.
Pourraient y boire ensemble.
Et nous y dormirions.
Et nous y dormirions.
Jusqu’à la fin du monde, Lonla.
Jusqu’à la fin du monde.
(Anonyme XVIII ème)
Illustration: Louis Toffoli
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Publié par arbrealettres le 3 octobre 2012

PREMIER AMOUR
Premier amour ! Parfum de la nouvelle rose !
Sur le clavier du coeur premiers accords plaqués
Par une main de femme insaisissable et rose;
Premiers souffles du vent sur la voile morose
Qui devine la mer dans le calme des quais.
Premières floraisons dans le verger de l’âme,
Premiers jets d’eau montant au milieu des jardins
Où des noces en blanc chantent l’épithalame;
Premiers regards qu’on jette à l’horizon de flamme
Où les palais du rêve étagent leurs gradins.
Premier amour ! Souffrance heureuse ! Désirs vagues
De lui prendre les mains, plus douces que des fleurs,
A celle dont les yeux ont la couleur des vagues,
Et, feignant d’admirer le chaton de ses bagues,
De rafraîchir sa lèvre à ses doigts cajoleurs.
Délices, au milieu des fêtes et des danses,
De ressembler pour elle aux galants d’éventail;
Puis, quand on reste seul, sous les ramures denses,
Charme de chuchoter de longues confidences
A la Lune qui rit comme au fond d’un vitrail.
C’est le moment de joie unique où l’on épie
Les yeux encor voilés d’une fausse rigueur,
Où, sans s’imaginer que tout bonheur s’expie,
On tire fil à fil, comme de la charpie,
L’aveu qui guérira la blessure du coeur.
Ce qu’on aime à vingt ans, c’est la tiède atmosphère
Des premiers abandons sous un ciel vierge et bleu;
Qu’importe la liqueur, ce qu’on veut c’est le verre;
C’est le mal glorieux de monter au Calvaire,
Car on a Véronique et l’on se sent un Dieu!
Ce qu’on aime surtout, c’est bien l’amour lui-même;
On aime sans savoir ni pourquoi, ni comment !
Mais on veut être ainsi, si c’est ainsi qu’on aime
Et l’on sent à jamais que c’est le bien suprême
Et que le plus suave est le commencement !
Qu’importe son visage ou son âme ! Qu’importe
Ce qu’elle a de frivole ou de spirituel!
Aimer, c’est croire ! Aimer, cela vous réconforte,
Et quel que soit l’autel où le hasard vous porte
C’est du ciel qu’il s’agit dans chaque rituel.
Qu’importe à ce moment quelle Madone on prie.
On est assez heureux de murmurer : Je crois !
Dans l’église d’amour résonnante et fleurie
Où, parmi l’encens pâle, une vierge Marie
Vous sourit et vous tend ses bras comme une croix !
(Georges Rodenbach)
Illustration: Rémy Disch
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Rodenbach), accord, admirer, aimer, amour, église, bleu, cajoleur, calme, calvaire, ciel, clavier, commencement, confidence, croix, désir, Dieu, doigt, douce, encens, expier, femme, flamme, fleur, fleurie, hasard, heureuse, jardin, lèvre, liqueur, madone, main, mer, murmurer, palais, parfum, premier, résonnante, regard, rituel, rose, souffle, souffrance, sourire, suave, verger, verre, vierge, vitrail, voile | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 juillet 2012
Je dors le front ouvert, je me promène,
Je dors, je suis la pierre et le feu,
Etranger, familier, tombé de nulle part
Comme en moisson les nielles de l’enfance.
La terre en croix me fait des confidences…
Je suis le fruit qu’on cueille et la feuille qu’on tranche;
Je suis l’eau sous la dent plumeuse du moulin
Et l’ombre rousse de la plus pauvre des servantes
Que le jour vêt et que farde le vent.
A l’aube, je suis dans la soute,
Ami des rats, confident du voleur;
Je suis la lampe et le doigt qui l’allège
Et le soleil aux plages des prisons.
Ai-je rêvé? Me voici sur la place,
Pointe de lance et gueule du canon:
Je meurs debout, je termine une race.
Mes amis ne m’ont pas connu.
Je suis la palme et le vent qui la brûle
Et la cendre sur l’eau posée comme un poème,
Comme un poème né d’hier, le plus câlin,
Comme une soeur imaginée dans la maison,
Coupant le pain, versant le vin, comme un poème
Né de la terre et déjà vieux qui boite au loin.
Je suis l’été, la femme dans son lit
Et son amant et sa grande douceur
Et sa fatigue et la porte fermée
Et son attente aux marches du matin.
Je suis au feu l’aile qui se consume;
Je suis au ciel l’aile recommencée,
Dans le courant la grâce d’un éclair
Et le buisson de lèvres du corail.
Je suis, je vais, je me promène,
Je dors le front ouvert dans un livre d’images
Et, faucheur de midi, j’aiguise les vivants
Pour leur apprendre à vivre et me donner raison.
(Jean Joubert)
Illustration: Geneviève Caplet
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Publié par arbrealettres le 23 juillet 2012

l’immobile n’appelle aucune localisation
il n’y a pas de détour aux confidences
pas d’écart au doute
(Jack Keguenne)
Publié dans poésie | Tagué: (Jack Keguenne), appeler, écart, confidence, détour, doute, immobile, localisation | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 20 février 2012

Comme tu es belle.
Ta beauté me fait peur.
J’ai faim de toi.
J’ai soif de toi.
Je t’en supplie :
cache-toi;
rends-toi invisible aux yeux de tous;
visible seulement pour moi;
recouverte des cheveux jusqu’à la pointe des pieds
d’un voile noir transparent
que ponctuent les soupirs argentés
des lunes de printemps.
Tous les pores de ta peau
émettent des voyelles,
des consonnes ardentes;
des mots, des confidences s’articulent;
les explosions roses de l’acte d’amour.
Ton voile se gonfle, scintille au-dessus de la ville
plongée dans l’obscurité
avec ses bars louches, ses tavernes de marins;
des projecteurs verts éclairent la pharmacie de nuit;
une boule de verre tourne rapidement sur elle-même,
montrant des paysages du globe terrestre.
Un homme ivre titube,
emporté dans la tempête de ta respiration.
Ne t’en va pas.
Ne t’en va pas.
Si matérielle, si insaisissable.
Un taureau de pierre saute du fronton dans l’herbe sèche.
Une femme nue monte l’escalier de bois
avec une bassine d’eau chaude.
La vapeur empêche de voir son visage.
A haute altitude un hélicoptère de reconnaissance
bourdonne en des points indéfinis.
Prends garde à toi.
C’est toi qu’ils recherchent.
Cache-toi plus profondément dans mes bras.
Le poil de la couverture rouge qui nous abrite
n’en finit pas de pousser,
maintenant la couverture est une ourse enceinte.
Sous l’ourse rouge
nous nous aimons infiniment,
au-delà du temps et au-delà de la mort même,
dans une unique union universelle.
Comme tu es belle.
Ta beauté me fait peur.
Et j’ai faim de toi.
Et j’ai soif de toi.
Et je t’en supplie :
cache-toi.
(Yannis Ritsos)
Illustration: Kwon Kyung Yup
Publié dans poésie | Tagué: (Yannis Ritsos), au-delà, beauté, cheveux, confidence, couverture, explosion, faim, gonfler, infiniment, insaisissable, invisible, ivre, louche, mort, paysage, peau, peur, printemps, rechercher, respiration, rose, s'aimer, scintiller, se cacher, soif, supplier, taureau, temps, transparent, union, voile | Poster un commentaire »