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Poésie

Articles Tagués ‘cou’

Au cou un mince chapelet (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

Au cou un mince chapelet,
Je cache mes mains dans un large manchon.
Mes yeux ont un regard distrait;
Ils ne pleureront plus jamais.

Mon visage a l’air plus pâle
À cause de la soie mauve,
Les cheveux raides de ma frange
Descendent jusqu’aux sourcils.

Et cette démarche lente
Ne ressemble à aucun envol,
Comme si mes pieds se posaient
Sur un radeau et non sur un parquet.

Ma bouche pâle est entrouverte,
Ma respiration, pénible, inégale;
Et sur ma poitrine tremblent
Les fleurs d’un rendez-vous manqué.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Koloman Moser

 

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L’île (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 21 mars 2013



L’île

Lorsque les mastodontes se multiplièrent
et debout commencèrent à marcher
couvrant finalement l’île de narines de pierre,
et lorsqu’ils désignèrent, actifs, leurs descendants : les fils
de la lave et du vent, les petits-fils
de l’air et de la cendre, parcourant
l’île à pieds de géants :
jamais la brise avec ses mains
ni le cyclone avec son crime
ni l’Océanie en sa persistance
pareillement ne travaillèrent.

Grandes têtes pures,
hautes sur leurs cous, regards graves,
géantes mâchoires dressées
dans l’orgueil de leur solitude,
présences,
arrogantes
et soucieuses présences.

Ô graves, solitaires dignités,
qui a osé, qui ose
questionner, interroger
les statues interrogatrices?

Elles sont l’interrogation disséminée
dépassant l’exacte étroitesse,
cette menue taille insulaire,
pour s’adresser au grand océan, au fond même
de l’homme, à l’énigme de son absence.

Quelques corps n’ont pas réussi à se dresser :
leurs bras sont restés là informes, assujettis
au cratère, ces dormeurs
restent couchés dans la rose calcaire,
sans lever les yeux vers la mer,
et les grandes créatures au sommeil horizontal
sont les larves de pierre du mystère :
le vent les a laissées ici quand il a fui la terre :
quand il a cessé d’engendrer des fils de lave.

(Pablo Neruda)

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MADRIGAL (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 4 mars 2013



 

Caytano De Arquer-Buigas (51)

MADRIGAL

Mes vers, sur les lames d’ivoire
De votre carnet, font semblant
D’imiter la floraison noire
Des cheveux sur votre cou blanc.

Il faudrait d’immortelles strophes
A votre charme triomphal,
Quand dans un tourbillon d’étoffes
Vous entrez follement au bal.

Le sein palpite sous la gaze
Et, fermés à demi, les yeux
Voilent leurs éclairs de topaze
Sous la frange des cils soyeux.

Willis parisienne, empreinte
D’un charme inquiétant, mais doux,
J’attends, voluptueuse crainte,
La mort, si je valse avec vous.

(Charles Cros)

Illustration: Caytano De Arquer-Buigas

 

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J’ai Vu La Lumière (Marc Lavoine)

Publié par arbrealettres le 27 février 2013



 

Abrishami Hessam_jk

J’ai Vu La Lumière:
Oui l’amour est mal coiffé,
L’amour non identifiée,
L’amour est un clandestin,

Si l’amour est voyageur,
L’amour pousse à l’intérieur
Et l’amour à toujours faim,

L’amour est mystérieux,
L’amour c’est un malchanceux
Mais l’amour est un héros,

L’amour est insaisissable
Même si l’amour est cassable,
L’amour à ça dans la peau…

[Refrain]
J’ai vu la lumière
En passant par là,
Elle était si belle
Qu’elle m’a conduit chez toi

L’amour est couché par terre,
L’amour c’est un appel d’air,
L’amour est un évadé

L’amour un jour fiche le camp
L’amour un jour te reprend,
L’amour est un habitué,

Que l’amour est volatil,
L’amour fait son difficile,
L’amour est un beau parleur,

L’amour nous fait ses aveux,
Mais l’amour fait ce qu’il ce veut
Comme il brisera ton coeur

[Refrain] (x2)

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

L’amour c’est comme un point de non retour,
On peut s’y perdre pour toujours,

L’amour peu devenir fou,
L’amour s’accroche à ton cou,
L’amour a le diable au corps

Car l’amour est dangereux,
L’amour c’est un ange heureux
Qui n’a pas peur de la mort,

L’amour n’est pas invincible
Mais quand il te prend pour cible,
L’amour est plus fort que toi,

L’amour couche avec la vie,
L’amour défait tous les lits,
Il aura raison de moi…

[Refrain]

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

(Marc Lavoine)

Illustration: Abrishami Hessam

 

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LA CHAMBRE NOIRE (Axel Toursky)

Publié par arbrealettres le 27 janvier 2013



 

Leslie Adams__femme à l'écharpe rouge

LA CHAMBRE NOIRE
(Extrait)

Je t’aurai tant aimée
que l’oubli ne pourra
donner une autre forme
au vide que j’habille.

Je m’en irai, manteau
de ta légère absence,
écharpe au cou du vent
qui portait ton visage.

Je passerai, serrant
les biens que tu me fus,
geôle de ton passé,
bouche de ton silence.

(Axel Toursky)

Illustration: Leslie Adams

 

 

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MUSIQUE AU CREPUSCULE (Charles Vildrac)

Publié par arbrealettres le 23 janvier 2013



 

Alphonse Osbert Un inceste d'âmes

MUSIQUE AU CREPUSCULE

La ligne de ton cou se subtilise ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Et voici qu’un jour bien cher agonise.

Oh ! demain, l’absence et les heures creuses !
Sens-tu pas, nos âmes en sont peureuses ;
Sens-tu pas, nos âmes en sont frileuses ;

Frileuses surtout à cause de l’heure ;
Tu sais bien qu’au soir nos beaux rires meurent,
Et qu’ensemble un peu nos âmes pleurent,

Sans nulle souffrance et sans nulle peine,
Par cette faiblesse d’être trop pleines ;

La ligne de ton cou se subtilise ;
Blottissons-nous bien dans le fauteuil noir ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Laissons sur nos coeurs si pareils pleuvoir
La triste douceur qui les prend le soir,
Chaque fois qu’un jour bien cher agonise.

(Charles Vildrac)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Je lance mes billes (Mathieu Bénézet)

Publié par arbrealettres le 19 janvier 2013



Djordje Prudnikoff-Kiss

 

Le tendre vaisseau de tes mains.
Ton cou, un caillou que te complotent
les épaules. Et puis la longue prose
de tes bras, le toit du thorax.

J’écris, je parle, je lance mes billes.

Illustration: Djordje Prudnikoff

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Les quatre sans cou (Robert Desnos)

Publié par arbrealettres le 8 décembre 2012



Les quatre sans cou

Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.

Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
Et tous quatre chantant et sanglotant,
Quand ils aimaient, c’était du sang.

Quand ils couraient, c’était du vent,
Quand ils pleuraient, c’était vivant,
Quand ils dormaient, c’était sans regret.

Quand ils travaillaient, c’était méchant,
Quand ils rôdaient, c’était effrayant,
Quand ils jouaient, c’était différent,

Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
Quand ils jouaient, c’était étonnant.

Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
Ils auraient pour un baiser
Donné ce qu’il leur restait de sang.

Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.

Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leur croix
Quand devant elles ils passaient droits.

On leur avait rapporté leur tête
Plus de vingt fois, plus de cent fois.
Les ayant retrouvées à la chasse ou dans les fêtes,

Mais jamais ils ne voulurent reprendre
Ces têtes où brillaient leurs yeux,
Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
Des chapeliers et des dentistes.
La gaîté des uns rend les autres tristes.

Les quatre sans cou vivent, c’est certain.
J’en connais un au moins un
Et peut-être aussi les trois autres.

Le premier, c’est Anatole,
Le second, c’est Croquignole,
Le troisième, c’est Barbemolle,
Le quatrième, c’est encore Anatole.

Je les vois de moins en moins,
C’est déprimant à la fin,
La fréquentation des gens trop malins .

(Robert Desnos)

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UNE QUESTION (Norge)

Publié par arbrealettres le 5 décembre 2012



UNE QUESTION

La servante aux douces hanches
était debout dans la grâce d’exister.
Elle ressemblait à une jarre.
Oui, ses hanches, son cou, ses cuisses,
ressemblaient à une jarre.
Et pour la fraîcheur et pour les courbes.
Ses cheveux étaient un poids d’ombre et d’odeurs,
une jeune forêt sans doute, et cachant quels oiseaux? On rêvait.
Par un certain détour, on pensait : que peut un homme ?

(Norge)


Illustration: Catherine Forestier-Thivrier

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La tour Eiffel (Maurice Carême)

Publié par arbrealettres le 30 novembre 2012



La tour Eiffel

Mais oui, je suis une girafe,
M’a raconté la tour Eiffel.
Et si ma tête est dans le ciel,
C’est pour mieux brouter les nuages,
Car ils me rendent éternelle.
Mais j’ai quatre pieds bien assis
Dans une courbe de la Seine.
On ne s’ennuie pas à Paris :
Les femmes, comme des phalènes,
Les hommes, comme des fourmis,
Glissent sans fin entre mes jambes
Et les plus fous, les plus ingambes
Montent et descendent le long
De mon cou comme des frelons.
La nuit, je lèche les étoiles.
Et si l’on m’aperçoit de loin
C’est que très souvent, j’en avale
Une sans avoir l’air de rien.

(Maurice Carême)

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