Articles Tagués ‘désert’
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013
Mal à l’homme
J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas
J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux
J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences
J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert
J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents
J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort
J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir
car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu
Publié dans poésie, méditations | Tagué: (Guy Lévis Mano), accepter, année, arête, auberge, âme, éclairer, écriteau, barrer, bouche, broussailles, caverne, chercher, ciel, clairière, coiffe, corps, désert, dent, différence, flamme, hirondelle, homme, lourdeur, mal, moisson, monde, moribonde, mort, nuit, oublier, partir, pavé, pavoiser, peur, porte, rire, rive, route, vagabondage, venir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Je ne suis pas le portier,
je ne suis que le destin
et partout je vais, je viens
sans jamais me retrouver.
Quand je viens je tends la main ;
je pars ? J’agite un foulard.
Je ne suis pas le portier.
je suis l’homme du hasard.
Désert est le boulevard,
il est tard, il faut rentrer.
Tout ce qu’on dit est rêvé :
je ne suis pas le portier.
On est toujours d’un exil,
le plus grand est de soi-même,
porte ouverte sur le vif
voilà le mort qui s’amène,
et retrouve sa moitié.
Je ne suis pas le portier.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Mihai Criste
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), boulevard, désert, destin, exil, foulard, hasard, homme, jamais, moitié, ouverte, porte, portier, rêver, se retrouver, venir, vif | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
Pour la chasse aux lions:
vous achetez un tamis et vous allez dans le désert.
Là, vous passez tout le désert au tamis.
Quand le sable est passé,
il reste les lions.
(Alphonse Allais)
Publié dans humour, poésie | Tagué: (Alphonse Allais), acheter, chasse, désert, lions, passé, tamis | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
O saisons ô forêts ô déserts ô mers ô terres ô ciels
Quittez vos parures la folie est une légende certaine
***
O seasons o forests o deserts o seas o l ands o heavens
Abandon your finery madness is a certain legend
(Tahar Bekri)
Illustration: Podkowinski
Publié dans poésie | Tagué: (Tahar Bekri), certaine, ciel, désert, folie, forêt, légende, parure, quitter, saison, terre | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
J’avais une terre au bout de ma peine
La mort l’a habitée
J’avais une coupe de mes chants pleine
L’étoile l’a renversée
J’avais une source au sein de la fontaine
La mer l’a ignorée
J’avais un soleil qui caressait la plaine
La nuit l’a dérobé
J’avais un fleuve pour lit pour ma reine
Le désert l’a ensorcelé
J’avais une oasis que je partageais avec la lune
L’ombre l’a brûlée
***
I had a land at the end of my sorrow
Death has inhabited it
I had a cup full of my songs
The star has overturned it
I had a spring at the heart of the fountain
The sea has ignored it
I had a sun which caressed the plain
The night has stolen it
I had a river as a bed for my queen
The desert has bewitched it
I had an oasis that I shared with the moon
The shade has burned it
(Tahar Bekri)
Illustration: Francine Van Hove
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Tahar Bekri), étoile, chant, coupe, dérober, désert, ensorceler, fontaine, ignorer, mer, mort, oasis, partager, peine, reine, soleil, terre | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
Pas
à pas
Il sillonnait les déserts sans haltes
Et se souvenait :
Quand tu arrives au bout du chemin
Continue ta marche
Que vienne mourir dans tes bras, le météore
***
Step
by step
He furrowed the deserts without respite
And remembered :
When you arrive at the end of the path
Keep on walking
Let what comes die in your arms, the meteor
(Tahar Bekri)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Les oiseaux du désert
les oiseaux du désert ont goûté dans mes mains
et mon rêve défunt
s’effrite entre mes doigts
encore j’aurais voulu pour le sel de ce rêve
chanter tes yeux d’oiseau
la vie m’a refusé cette joie ce bonheur
pour naître à ton soleil et manger à la table
où s’accoude mon coeur
et je n’aurai d’autres yeux d’autres mains
d’autres lèvres que les tiens mon amour
or ton absence saigne sur mon âme blessée
en vain je fuis les ombres qui me cachent ta vue
de moi la vie s’épuise à ne rien dire ou taire
mon amour qui voulus me donner ton soleil
(Jacqueline Beaugé-Rosier)
Publié dans poésie | Tagué: ombre, bonheur, âme, amour, lèvres, main, doigt, rêve, absence, soleil, vue, goûter, oiseau, yeux, taire, chanter, dire, joie, désert, refuser, donner, naître, sel, manger, saigner, défunt, s'effriter, en vain, blessée, (Jacqueline Beaugé-Rosier) | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

Je nous oublie dans une ville de désert de douleurs et d’hésitation.
Des exilés sans ailleurs des compagnons de silence.
Mes voyages se meurent au fond d’un tiroir.
Ici on met le temps dans des verres d’eau.
La vie ne dure pas.
Elle m’a raconté enveloppée dans ses rides,
enveloppée dans son âge
l’avoir vu partir avec des morts inconnus.
Jour indiscret.
Saison des larmes.
Ma raison de tristesse est là.
Il y a une fenêtre entre elle et moi,
il y a du savon pour laver nos désirs, nos exils, nos amputations.
Je pousse mes rideaux de futilité et de nécessaire.
(Emmelie Prophète)
Illustration: Vilhelm Hammershoi
Publié dans poésie | Tagué: (Emmelie Prophète), amputation, compagnon, désert, désir, douleur, exilé, fenêtre, futilité, hésitation, inconnu, indiscret, laver, nécessaire, oublier, partir, raconter, ride, rideau, savon, silence, temps, tiroir, tristesse, ville, voyage | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Qui pour
Prétendre avoir un jour
Fait l’amour
S’il ne sent pas
Le vent dans l’herbe
Qui respire
L’azur
Comme un plongeur
Livré
A l’ivresse des hauts
Fonds
L’eau de pluie
A cloche-pied dans
La marelle d’une flaque
La source
Qui éveille la montagne
Où dort le magma
Paresseux
Sous
La moustiquaire légère
Des galaxies
Qui pour prétendre
A l’amour s’il n’est pas
Le dernier arbre
Avant la porte du désert
(Werner Lambersy)
Illustration: Hartig Kopp Delaney
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Werner Lambersy), amour, arbre, azur, éveiller, cloche-pied, désert, flaque, fonds, galaxie, herbe, ivresse, magma, marelle, montagne, moustiquaire, paresseux, plongeur, pluie, porte, prétendre, respirer, source, vent | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Exil doré
J’ai retiré mon âme au manoir du Silence ;
J’ai fait derrière moi sonner les gonds d’airain.
Nul ne viendra troubler ma solitude immense,
Nul ne viendra souiller mon vierge souterrain !
Les rumeurs de la vie expirent à ma porte :
Mon parc est sans ramage et mon mur sans échos.
J’ai ravagé les nids que le printemps m’apporte,
Et, de mon lourd donjon, j’ai chassé les corbeaux.
Nulle clarté d’emprunt n’illumine mes salles,
Ni lustres aux plafonds, ni torches aux piliers ;
Seuls, les rayons du jour, bondissant sur les dalles,
Ruissellent à travers mes larges escaliers.
Puis, la Nuit lentement accroche ses pans d’ombre
Aux chapiteaux massifs des pilastres géants ;
Le manoir, tout entier, dans les ténèbres sombre,
Partout on voit s’ouvrir des abîmes béants.
J’aime mes murs déserts comme un rustre ses landes ;
J’y savoure, à l’écart, la douceur du relais,
Les Heures, le front ceint de fleurs et de guirlandes,
Y tissent mon destin d’allégresse et de paix.
Et je ne suis pas seul dans ce palais féerique,
Bien que nul importun n’y pénètre jamais,
Car le Rêve y déploie, étrange et magnifique,
Sa verte frondaison en superbes forêts.
(Jean Royère)
Illustration: Duy Huynh
Publié dans poésie | Tagué: (Jean Royère), abîme, allégresse, âme, étrange, désert, destin, donjon, doré, exil, expirer, fleur, forêt, frondaison, gonds, guirlande, illuminer, lande, magnifique, manoir, paix, parc, printemps, salle, savourer, silence, sonner, souiller, troubler | Poster un commentaire »