j’ai mis le désert entre moi
et ce moi autre qui me nomme
qui je fus cherche qui je suis
refusant d’ouvrir à la voix
j’ai mis le silence entre moi
et ce moi dont je suis la somme
(Marc Alyn)
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
j’ai mis le désert entre moi
et ce moi autre qui me nomme
qui je fus cherche qui je suis
refusant d’ouvrir à la voix
j’ai mis le silence entre moi
et ce moi dont je suis la somme
(Marc Alyn)
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.
Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.
***
I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.
Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.
(Kathleen Raine)
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Publié par arbrealettres le 12 juin 2013
La montagne et le soir
m’ont dit une chose
que je ne sais plus
L’immense nuit
maintenant
est un seul parfum.
Est-il ou non,
ce rêve que j’oublie
quand revient l’aube?
Dans le désert
surgit l’aurore.
Quelqu’un le sait.
Sous la lune
cette ombre qui s’allonge,
unique.
Une lueur s’éteint.
Un empire, ou peut-être
une luciole?
Nouvelle lune.
Elle aussi la regarde
à l’autre porte.
Trille au lointain.
Le rossignol sait-il
qu’il te console?
La vieille main
traçant encore un vers
jusqu’à l’oubli.
(Jorge Luis Borges)
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Publié par arbrealettres le 5 juin 2013
Transparence,
tu m’as accueilli là où finissent les couloirs,
dans la dernière pièce, quand
je ne croyais plus arriver. Et j’ai vu
ton visage, je l’ai pris de mes mains
tremblantes. Visage d’air,
confondu avec le visage humain
qui m’attendait, endormi
dans la veille amoureuse, dans cette pièce
étroite qui s’est ouverte comme
des eaux après le désert
pour nous deux….
(Rafael José Diaz)
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Publié par arbrealettres le 30 mai 2013

les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur
(Guy Lévis Mano)
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Publié par arbrealettres le 26 mai 2013
Il attendait les grandes blessures
qui viennent des mers souterraines
les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur…
(Guy Lévis Mano)
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
C’était sans rémission.
C’était morne comme un champ sans coquelicot.
Il y avait bien sa bouche.
Mais l’autre bouche ?
Le champ était sans coquelicot.
Il y avait sa voix.
Mais la réponse était désert…
C’était sans rémission…
(Guy Lévis Mano)
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013
Je ne suis pas le portier,
je ne suis que le destin
et partout je vais, je viens
sans jamais me retrouver.
Quand je viens je tends la main ;
je pars ? J’agite un foulard.
Je ne suis pas le portier.
je suis l’homme du hasard.
Désert est le boulevard,
il est tard, il faut rentrer.
Tout ce qu’on dit est rêvé :
je ne suis pas le portier.
On est toujours d’un exil,
le plus grand est de soi-même,
porte ouverte sur le vif
voilà le mort qui s’amène,
et retrouve sa moitié.
Je ne suis pas le portier.
(Georges Libbrecht)
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
Pour la chasse aux lions:
vous achetez un tamis et vous allez dans le désert.
Là, vous passez tout le désert au tamis.
Quand le sable est passé,
il reste les lions.
(Alphonse Allais)
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