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Poésie

Articles Tagués ‘désirer’

L’Olive (Joachim du Bellay)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013


 


Two black olives on branch with leaves isolated on white

 

L’Olive

Si notre vie est moins qu’une journée
En l’éternel, si l’an qui fait le tour
Chasse nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose née,

Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?
Pourquoi te plaît l’obscur de notre jour,
Si pour voler en un plus clair séjour,
Tu as au dos l’aile bien empanée ?

Là, est le bien que tout esprit désire,
Là, le repos où tout le monde aspire,
Là, est l’amour, là, le plaisir encore.

Là, ô mon âme au plus haut ciel guidée !
Tu y pourras reconnaître l’Idée
De la beauté, qu’en ce monde j’adore.

(Joachim du Bellay)

 

 

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Je suis parvenu à tout ce que je ne désirais pas (Alirezâ Rôshan)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013



Christiane Vleugels 1_1280

je suis parvenu
à tout ce que je ne désirais pas
mais pas à toi
que je désirais

(Alirezâ Rôshan)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Christiane Vleugels

 

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Nénuphar (Rilke)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



Nénuphar

J’ai toute ma vie, mais qui la dirait mienne
me priverait, car elle est infinie.
Le frisson d’eau, la teinte aérienne
sont à moi; c’est encor cela, ma vie.

Aucun désir ne m’ouvre: je suis pleine
jamais je ne me referme par refus, -
au rythme de mon âme quotidienne
je ne désire point -, je suis émue;

Par ce mouvement j’exerce mon empire
rendant réels les rêves du soir
les au-delà des miroirs…

(Rilke)

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Au coeur de la nuit (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Au coeur de la nuit je veux m’entretenir avec l’ange,
lui demander s’il reconnaît mes yeux.
S’il demandait soudain : vois-tu l’Éden ?
il me faudrait dire alors : l’Éden est en feu

Je veux élever ma bouche jusqu’à lui,
insensible comme celui qui ne désire rien.
Et si l’ange parlait ainsi : que pressens-tu de la vie ?
il me faudrait dire alors : la vie consume

S’il trouvait en moi cette joie
qui devient éternelle en son esprit, —
et qu’il la prît, l’élevât dans ses mains,
il me faudrait dire alors : la joie est folie

***

Nächtens will ich mit dem Engel reden,
ob er meine Augen anerkennt.
Wenn er plötzlich fragte: Schaust du Eden?
Und ich müßte sagen: Eden brennt

Meinen Mund will ich zu ihm erheben,
hart wie einer, welcher nicht begehrt.
Und der Engel spräche: Ahnst du Leben?
Und ich müßte sagen: Leben zehrt

Wenn er jene Freude in mir fände,
die in seinem Geiste ewig wird, —
und er hübe sie in seine Hände,
und ich müßte sagen: Freude irrt

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Georges de la Tour

 

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LES ABSENTS (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 13 avril 2013



 

Odd Nerdrum In-Limbo-very-high-res

LES ABSENTS

Ce n’est pas l’amour, ce n’est pas Dieu,
Ce qui nous manque, c’est nous
Qui faisons défaut et il nous manque,
Nous sommes partis et if est absent.

Est-ce que nous le cherchons ou nous cherche-t-il
Et il ne nous trouve point : Le désirons-nous ou nous
désire-t-il
Et son visage ne nous voit point.

C’est nous qui sommes morts, notre mort
Est la grande mort, Dieu n’est point mort.

C’est nous les absents du festin,
Ceux qui sont absents et n’y paraissent, sont exclus,
Ils n’ont pu venir, ils courent par les rues,
Et trébuchent sur la terre, ils frappent à la porte.

Ils n’ont pas de visage, Ils n’ont point de lumière.

(Georges Themelis)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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JE L’AI VOULU (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 13 avril 2013


 


 

Odd Nerdrum Self-Portrait-with-Glasses-FO-18135

JE L’AI VOULU

Je l’ai voulu, je l’ai désirée, c’est ainsi qu’existe
La lumière : je l’ai désirée et appelée…

Le sommeil existe parce que mes yeux l’ont désiré,
L’amour, parce que mon âme l’a appelé.

Je l’ai voulu, j’ai eu besoin de lui, c’est ainsi
Que Dieu existe : je l’ai appelé et cherché.

J’ai besoin de lui, je l’appelle et je le cherche.
La mort, je la cherche, je l’appelle et elle vient.

(Georges Themelis)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Elle (Xavier Forneret)

Publié par arbrealettres le 8 avril 2013



 

Andrius Kovelinas

Elle

Vous ne savez son nom ? – Celle pour qui je chante
La vie d’amour de feu, puis après est mourante :
C’est un arbre en verdeur, un soleil en éclats,
C’est une nuit de rose ou languissants ébats.
C’est un torrent jeté par un trou de nuage ;
C’est le roi des lions dégarni de sa cage :
C’est l’enfant qui se roule et qui est tout en pleurs,
C’est la misère en cris, – c’est la richesse en fleurs.
C’est la terre qui tremble et la foudre qui tonne,
Puis le calme du soir, au doux bruit qui résonne ;
C’est un choc qui renverse en tuant de frayeur,
Puis un pauvre qui donne, – ou le soupir qui meurt.
C’est un maître qui gronde, – un amant qui caresse ;
C’est la mort, désespoir, deuil, bonheur, allégresse.
C’est la brebis qui bêle en léchant son agneau,
Puis la brise aux parfums, ou le vent dans l’ormeau. -
Bien sûr elle a deux coeurs : l’un qui vit et palpite ;
L’autre, frappé, battu, qui dans un coin habite.

On pense que son pied ne la soutiendra pas,
Tant il se perd au sol, ne marquant point de pas.
Ses cheveux sont si beaux qu’on désire se pendre
Avec eux, si épais qu’on ne peut pas les prendre.
Si petite est la place où l’entoure un corset
Qu’on ne sait vraiment pas comment elle le met.
Quelque chose en sa voix arrête, étreint, essouffle.
Des âmes en douceur s’épurent dans son souffle.
Et quand au fond du coeur elle s’en va cherchant,
Ses baisers sont des yeux, sa bouche est leur voyant.

(Xavier Forneret)

Illustration: Andrius Kovelinas

 

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Près de chaque être humain, il est une limite (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013



Près de chaque être humain, il est une limite
Que ne peuvent franchir ni passion ni tendresse.
Que des lèvres se joignent en un silence affreux!
Que l’amour mette un coeur en pièces!

L’amitié ne peut rien ici, ni les années
De haut bonheur, de bonheur enflammé,
Quand l’âme est libre, étrangère
À la lente langueur des voluptés.

Ceux qui la désirent sont fous, mais ceux qui
Y parviennent sont frappés par l’angoisse…
Voilà. Tu as compris pourquoi
Mon coeur ne bat pas sous ta main.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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Liberté des cimes (Fernando Pessoa)

Publié par arbrealettres le 7 février 2013




Celui qui nous hait ou nous envie n’est pas le seul
À nous borner, nous opprimer ; car celui qui nous aime
Ne nous borne pas moins.
Puissent les dieux me concéder que, dépouillé
Des élans du coeur, je gagne la froide
Liberté des cimes sans rien.
Qui désire peu, obtient tout ; qui ne désire rien
Est libre ; qui ne possède rien et ne désire rien,
Homme, est l’égal des dieux.

(Fernando Pessoa)

Illustration

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La brise matinale câline les champs (Fernando Pessoa)

Publié par arbrealettres le 4 février 2013



Ténue, comme oubliée d’Eole,
La brise matinale câline les champs
Et le soleil commence à poindre.
N’allons pas désirer en cette heure, Lydia,
Plus de soleil que l’heure, ni plus de forte brise
Que celle-là, légère, qui existe.

(Fernando Pessoa)

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