Articles Tagués ‘dormir’
Publié par arbrealettres le 18 juin 2013

Rien ne ressemble plus à Dieu dans l’immensité de l’univers que le silence
Les gens ne devraient pas tant penser à ce qu’ils font,
ils devraient penser à ce qu’ils sont.
Si les gens étaient bons ainsi que leur manière d’être,
leurs œuvres pourraient vivement rayonner.
Si tu es juste, tes œuvres aussi sont justes.
Ne pense pas que la sainteté se fonde sur les actes,
on doit fonder la sainteté sur l’être,
car ce ne sont pas les œuvres qui sanctifient,
c’est nous qui devons sanctifier les œuvres.
Si saintes que soient les œuvres,
elles ne nous sanctifient absolument pas en tant qu’œuvres,
mais dans la mesure où sont saints notre être et notre nature,
dans cette mesure, nous sanctifions toutes nos œuvres,
que ce soit manger, dormir, veiller ou autre chose.
Ceux qui ne sont pas d’une nature élevée,
quelles que soient les œuvres qu’ils accomplissent,
elles ne valent rien.
Remarque par là tout le zèle qu’il faut apporter à être bon,
non pas tant pour ce que l’on fait ou par la nature des œuvres,
mais bien par le fondement des œuvres.
(Maître Eckhart)
Illustration: ArbreaPhotos
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013

A une chatte
Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.
Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas
Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.
Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?
Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface,
Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.
(Charles Cros)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), été, beauté, blanche, bouton, charnelle, chatte, couronné, déteinte, détourner, dessin, dormir, fièvre, lorgner, menacer, mort, moustache, nez, noir, pensée, penser, printemps, s'effacer, sarcasme, savoir, sérénité, secret, sein, splendeur, tache, trouver, valoir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 16 juin 2013
![Felix Mas - (55) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/felix-mas-55-1280x768.jpg?w=848&h=633)
A ma femme endormie
Tu dors en croyant que mes vers
Vont encombrer tout l’univers
De désastres et d’incendies ;
Elles sont si rares pourtant
Mes chansons au soleil couchant
Et mes lointaines mélodies.
Mais si je dérange parfois
La sérénité des cieux froids,
Si des sons d’acier ou de cuivre
Ou d’or, vibrent dans mes chansons,
Pardonne ces hautes façons,
C’est que je me hâte de vivre.
Et puis tu m’aimeras toujours.
Éternelles sont les amours
Dont ma mémoire est le repaire ;
Nos enfants seront de fiers gas
Qui répareront les dégâts,
Oue dans ta vie a faits leur père.
Ils dorment sans rêver à rien,
Dans le nuage aérien
Des cheveux sur leurs fines têtes ;
Et toi, près d’eux, tu dors aussi,
Ayant oublié, le souci
De tout travail, de toutes dettes.
Moi je veille et je fais ces vers
Qui laisseront tout l’univers
Sans désastre et sans incendie ;
Et demain, au soleil montant
Tu souriras en écoutant
Cette tranquille mélodie.
(Charles Cros)
Illustration: Felix Mas
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), aimer, amour, écouter, chanson, dégâts, déranger, désastre, dette, dormir, encombrer, endormie, enfant, femme, incendie, mélodie, nuage, oublié, père, rare, rêver, sérénité, soleil, souci, sourire, tête, tranquille, travail, univers, vers, vivre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
![Lauri Blank - (18) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/lauri-blank-18-1280x768.jpg?w=848&h=635)
Berceuse
Il y a une heure bête
Où il faut dormir.
Il y a aussi la fête
Où il faut jouir.
Mais quand tu penches la tête
Avec un soupir
Sur mon coeur, mon coeur s’arrête
Et je vais mourir…
Non ! ravi de tes mensonges,
O fille des loups,
Je m’endors noyé de songes
Entre tes genoux.
Après mon coeur que tu ronges
Que mangerons-nous ?
(Charles Cros)
Illustration: Lauri Blank
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Publié par arbrealettres le 11 juin 2013

Le réveil
Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore ?
Je sens l’air embaumé courir autour de toi ;
Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore :
Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi.
Éveille, éveille-toi !
Mais ce souffle d’amour, ce baiser que j’envie,
Sur tes lèvres encor je n’ose le ravir ;
Accordé par ton coeur, il doublera ma vie.
Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir :
Je n’ose le ravir.
Viens, sous les bananiers nous trouverons l’ombrage.
Les oiseaux vont chanter en voyant notre amour.
Le soleil est jaloux, il est sous un nuage,
Et c’est dans tes yeux seuls que je cherche le jour :
Viens éclairer l’amour.
Non, non, tu ne dors plus, tu partages ma flamme ;
Tes baisers sont le miel que nous donnent les fleurs.
Ton coeur a soupiré, viens-tu chercher mon âme ?
Elle erre sur ma bouche et veut sécher tes pleurs.
Cache-moi sous des fleurs.
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Tranquillo Cremona
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Publié par arbrealettres le 8 juin 2013
Equatorial
Ici la pointe de mon nez
Là Jupiter Mars et la Lune
Plus loin là-bas ma chatte sur mes genoux
Et tout rond la mort d’un vieil ami
Dort sur le divan
Et l’heure qui vient de sonner
S’embrouille dans la fumée de ma cigarette
Et tout ce qu’il y a encore
Et c’est ma main
Et c’est mon coeur
Et c’est la porte
C’est la fenêtre
Et tout et tout
Un poème à n’en plus finir
(Pierre Albert-Birot)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 8 juin 2013

La fleur d’eau
Fleur naine et bleue, et triste, où se cache un emblème,
Où l’absence a souvent respiré le mot : J’aime !
Où l’aile d’une fée a laissé ses couleurs,
Toi, qu’on devrait nommer le colibri des fleurs,
Traduis-moi : porte au loin ce que je n’ose écrire ;
Console un malheureux comme eût fait mon sourire :
Enlevée au ruisseau qui délasse mes pas,
Dis à mon cher absent qu’on ne l’oubliera pas !
Dis qu’à son coeur fermé je vois ce qui se passe ;
Dis qu’entre nos douleurs je ne sens pour espace
Que ton voile charmant d’amitié, que toujours
Je puise dans ma foi les voeux que tu lui portes,
Que je les lui dédie avec tes feuilles mortes,
Frêles et seuls parfums répandus sur mes jours ;
Dis qu’à veiller pour lui mon âme se consume,
Qu’elle a froid, qu’elle attend qu’un regard la rallume !
Dis que je veux ainsi me pencher sous mes pleurs,
Ne trouver nulle joie au monde, au jour, aux fleurs ;
Que la source d’amour est scellée en mon âme,
Que je sais bien quelle âme y répondrait encor,
Dont je serais la vie, et qui serait ma flamme ;
Il le sait bien aussi : mais cette âme, elle dort ;
Elle dort dans l’absence où s’effeuille ma vie,
Où tu me dis pourtant que j’en serai suivie,
Et ranimée un jour. Mais qu’il nous faut encor,
Lui, brûler ; moi, languir pour contenter le sort.
Va donc comme un oeil d’ange éveiller son courage ;
Dis que je t’ai cueillie à la fin d’un orage ;
Que je t’envoie à lui comme un baiser d’espoir
Et que se joindre ainsi c’est presque se revoir !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Paul Chabas
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Publié par arbrealettres le 8 juin 2013

L’oreiller d’un enfant
Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !
Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir …
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Aron Wiesenfeld
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Publié par arbrealettres le 7 juin 2013

Dors-tu ?
Et toi ! dors-tu quand la nuit est si belle,
Quand l’eau me cherche et me fuit comme toi ;
Quand je te donne un coeur longtemps rebelle ?
Dors-tu, ma vie ! ou rêves-tu de moi ?
Démêles-tu, dans ton âme confuse,
Les doux secrets qui brûlent entre nous ?
Ces longs secrets dont l’amour nous accuse,
Viens-tu les rompre en songe à mes genoux ?
As-tu livré ta voix tendre et hardie
Aux fraîches voix qui font trembler les fleurs ?
Non ! c’est du soir la vague mélodie ;
Ton souffle encor n’a pas séché mes pleurs !
Garde toujours ce douloureux empire
Sur notre amour qui cherche à nous trahir :
Mais garde aussi son mal dont je soupire ;
Son mal est doux, bien qu’il fasse mourir !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Alberto Donaire
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Publié par arbrealettres le 7 juin 2013
![Odd Nerdrum Man in a Boat [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/odd-nerdrum-man-in-a-boat-1280x768.jpg?w=861&h=773)
Dors !
L’orage de tes jours a passé sur ma vie ;
J’ai plié sous ton sort, j’ai pleuré de tes pleurs ;
Où ton âme a monté mon âme l’a suivie ;
Pour aider tes chagrins, j’en ai fait mes douleurs.
Mais, que peut l’amitié ? l’amour prend toute une âme !
Je n’ai rien obtenu ; rien changé ; rien guéri :
L’onde ne verdit plus ce qu’a séché la flamme,
Et le coeur poignardé reste froid et meurtri.
Moi, je ne suis pas morte : allons ! moi, j’aime encore ;
J’écarte devant toi les ombres du chemin :
Comme un pâle reflet descendu de l’aurore,
Moi, j’éclaire tes yeux ; moi, j’échauffe ta main.
Le malade assoupi ne sent pas de la brise
L’haleine ravivante étancher ses sueurs ;
Mais un songe a fléchi la fièvre qui le brise ;
Dors ! ma vie est le songe où Dieu met ses lueurs.
Comme un ange accablé qui n’étend plus ses ailes,
Enferme ses rayons dans sa blanche beauté,
Cache ton auréole aux vives étincelles :
Moi je suis l’humble lampe émue à ton côté.
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Odd Nerdrum
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), accablé, aile, amitié, aurore, âme, beauté, briser, chagrin, changer, chemin, dormir, douleur, fièvre, flamme, froid, lueur, meurtri, obtenir, ombre, orage, pleurer, plier, poignarder, rayon, songe, suivre | Poster un commentaire »