Articles Tagués ‘douceur’
Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
Excuse mélancolique
Je ne vous aime pas, non, je n’aime personne,
L’Art, le Spleen, la Douleur sont mes seules amours;
Puis, mon coeur est trop vieux pour fleurir comme aux jours
Où vous eussiez été mon unique madone.
Je ne vous aime pas, mais vous semblez si bonne.
Je pourrais oublier dans vos yeux de velours,
Et dégonfler mon coeur crevé de sanglots sourds
Le front sur vos genoux, enfant frêle et mignonne.
Oh! dites, voulez-vous? Je serais votre enfant.
Vous sauriez endormir mes tristesses sans causes,
Vous auriez des douceurs pour mes heures moroses,
Et peut-être qu’à l’heure où viendrait le néant
Baigner mon corps brisé de fraîcheur infinie,
Je mourrais doucement, consolé de la vie.
(Jules Laforgue)
Illustration: Fabienne Contat
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Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
Sanglot perdu
Les étoiles d’or rêvaient éternelles;
Seul, sous leurs regards, songeant, loin de tous,
Devant leur douceur tombant à genoux,
Moi je sanglotais longuement vers elles.
"Ah! pourquoi, parlez, étoiles cruelles!
La Terre et son sort? Nous sommes jaloux!
N’a-t-elle pas droit aussi bien que vous
À sa part d’amour des lois maternelles ?
u Quelqu’un veille-t-il, aux nuits solennelles?
Qu’on parle! Est-ce oubli, hasard ou courroux?
Pourquoi notre sort? C’est à rendre fous!"…
— Les étoiles d’or rêvaient éternelles…
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Rose, toi, ô chose par excellence complète
qui se contient infiniment
et qui infiniment se répand, ô tête
d’un corps par trop de douceur absent,
rien ne te vaut, ô toi, suprême essence
de ce flottant séjour;
de cet espace d’amour où à peine l’on avance
ton parfum fait le tour.
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013

Chaque jour que je vis est le plus beau de tous:
la beauté est partout où mon regard se pose
depuis que j’ai donné mon coeur à la beauté.
Mon âme dans la nuit mettait son espérance
quand mon coeur ignorait tout de la vérité.
Je m’éloignais du ciel sans m’en apercevoir
quand la jacinthe aimait suprêmement le ciel.
La foudre me disait sa façon de penser,
la foudre qui parlait directement à l’âme.
L’aurore se tenait prête à intervenir,
le jour faisait voler la beauté en éclats,
le tonnerre tenait la douceur dans ses mains.
Mon coeur désespérait presque de la beauté
lorsque j’ai reconnu le doux regard de Dieu.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013

La douceur m’a forcée à aimer la beauté,
la terrible beauté que chérissent les anges
et cette nuit présente au fond de la beauté.
La nuit reconnaissait à peine mon visage,
le lilas blanc avait la couleur de la nuit
lorsque la vérité a remarqué mon coeur.
La beauté me pressait de lui appartenir:
mon âme résistait de toute sa douceur.
La beauté de la nuit épaulait mon chagrin,
les étoiles souffraient en même temps que moi.
Ma souffrance attirait le vrai regard de Dieu,
le dieu qui m’a aimée si cruellement fort.
Le malheur éclairait entièrement mon coeur
lorque mon coeur enfin a vu venir le jour.
La nuit si purement s’est retirée de moi:
les anges ont changé ma tristesse en bonheur,
et j’ai été heureuse en dépit du bonheur.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013

J’ai trouvé ton amour au fond des roses rouges
quand la joie n’espérait même plus me revoir:
le bonheur des amants est moins grand que le mien,
l’amour a échangé son coeur avec le mien.
Ma tristesse rendait la nuit encore plus belle
quand la nuit n’était plus que l’éclat des étoiles:
la nuit avait teint impeccable des lys,
la glycine empruntait sa douceur au chagrin,
la douceur m’apportait le parfum du lilas,
les iris bleus bleus tiraient leur langue de velours,
la beauté m’appelait doucement dans la nuit.
L’amour s’est rapproché terriblement de moi:
la nuit avait sorti ses terribles étoiles,
je n’avais jamais vu le malheur de si près.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 6 mai 2013

Quand mon coeur se battait pour la beauté des lys,
les anges ont ajusté la beauté dans mon coeur.
La vérité m’a dit ce que je devais faire,
le lys blanc m’a montré ce qu’il fallait aimer,
la place que les lys tiennent dans notre coeur.
Mon coeur a désiré arriver le premier:
nous n’avons pas le droit de décevoir le coeur,
puisqu’il n’y a rien d’aussi vrai que le coeur.
Quand le ciel a été certain de mon amour,
les anges m’ont aidée à vaincre la beauté,
le lys blanc a ouvert mon coeur à la beauté.
Les lys ne savent pas l’amour que je leur dois.
Les lys ne savent pas à quel point ils sont doux:
j’ai donné à chacun mon coeur entièrement,
j’ai été aussi loin que mon coeur le pouvait.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

Ainsi tu vieilliras loin de moi, et des peines
Que je ne saurai pas te viendront à pas lents,
Je ne scruterai pas les ombres de tes veines,
Je ne compterai pas tes premiers cheveux blancs.
Au foyer inconnu dans un fauteuil antique,
Près d’un jeune miroir tu t’assiéras, songeant,
Et parmi la douceur des ombres domestiques,
Tu seras grave et douce avec des mains d’argent.
Peut-être avec regret en te voyant moins belle,
Te rappelleras-tu ta grâce et ton éclat ?
Pour t’expliquer l’attrait de ta beauté nouvelle
Et pour te consoler je ne serai pas là.
Je ne connaîtrai pas les meubles et les choses,
Quels livres préférés seront alors les tiens.
Tu chanteras des vers, tu toucheras des roses,
Et des vers et des fleurs, moi je ne saurai rien.
Je ne percerai pas le mystère des chambres
Où tu vivras. L’oubli gardera ta maison.
Et quand l’âge à la fin te glacera les membres,
Un autre pour la mort sera ton compagnon…
(Maurice Magre)
Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Drazenka Kimpel
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Publié par arbrealettres le 29 avril 2013

DOUCEUR
La feuille morte soutient-elle
la lumière qui l’enchante,
ou est-ce la lumière
qui soutient la feuille enchantée ?
***
SUAVIDAD
¿Sostiene la hoja seca
a la luz que la encanta,
o la luz
a la hoja encantada?
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: ArbreaPhotos
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