Articles Tagués ‘douleur’
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013

Un jour rappelle-toi
cette ville dépecée
entre le bruit la bêtise et la douleur.
On a créé l’infidélité,
le bleu des trottoirs d’un autre continent.
La folie est devenue utile.
Nous nous appliquons à dessiner
des portes de sortie
Depuis tes yeux
le vide est à réinventer.
(Emmelie Prophète)
Illustration: Erik Johansson
Publié dans poésie | Tagué: (Emmelie Prophète), bêtise, bleu, bruit, continent, créer, dépecée, dessiner, douleur, folie, infidélité, porte, réinventer, s'appliquer, se rappeler, sortie, trottoir, vide, ville, yeux | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 11 mai 2013
Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.
Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il
s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.
Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.
***
O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.
Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug
sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.
Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.
(Rainer Maria Rilke)
Illustration retirée sur demande de l’artiste
Publié dans poésie | Tagué: nuit, séparer, visage, bouche, ciel, douleur, pleurer, front, caresser, ressemblance, paupière, chambre, connaître, larme, déployer, gémissement, pure, vallée, apparition, multiplier, soeur, double, identité, épaule, consoler, empire, blessé, proue, inépuisable, s'incliner, élue, transpercé, se consumer, délicieuse, attitude, (Rainer Maria Rilke), se terrer, déploration | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Approche, dernière chose que je reconnaisse,
mal incurable dans l’étoffe de peau; [...]
Naïvement pur d’avenir, je suis
monté sur le bûcher trouble de la douleur,
sûr de ne plus acheter d’avenir
pour ce coeur où la source était muette.
Suis-je encore, méconnaissable, ce qui brûle?
Je n’y traînerai pas de souvenirs.
Ô vie, ô vie; être dehors.
Et moi en flammes. Nul qui me connaisse
Suis-je encore, méconnaissable, ce qui brûle ?
Je n’y traînerai
pas de souvenirs.
O vie, ô vie : être dehors.
Et moi en flammes. Nul qui me connaisse.
(Dernière annotation dans son Journal)
(Rainer Maria Rilke)
Illustration: Ethan Cranke
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Tel cheval qui boit à la fontaine,
telle feuille qui en tombant nous touche,
telle main vide, ou telle bouche
qui nous voudrait parler et qui ose à peine -,
autant de variations de la vie qui s’apaise,
autant de rêves de la douleur qui somnole:
ô que celui dont le coeur est à l’aise,
cherche la créature et la console.
(Rilke)
Illustration retirée sur demande de l’artiste
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.
Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.
Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposé à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,
afin que dans la roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.
***
Wie der Abendwind
durch geschulterte Sensen der Schnitter
geht der Engel lind
durch die schuldlose Schneide der Leiden.
Hält sich stundenlang
zur Seite dem finsteren Reiter,
hat denselben Gang
wie die namenlosen Gefühle.
Steht als Turm am Meer,
zu dauern unendlich gesonnen;
was du fühlst ist Er,
im Innern der Härte geschmeidig,
daß im Notgestein
die gedrängte Druse der Tränen,
lange wasserrein,
sich entschlösse zu Amethysten.
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Poète d’été poète d’automne
Soleil de mes moments de défaillance
A l’ombre de tes lèvres
Je masque mes douleurs
Masque de tes poésies
De tes poésies d’amour
De tes poésies de fin du monde
De ton négro spiritual
Poète d’été poète d’automne
Je remâche constamment tes mots
Tes mots désespérés
T’ont libéré enfin
Les poils de ton corps sont
Une forêt sauvage
Tes baisers sur mes yeux sont les quatre saisons
Le jour où tu seras oiseau
Je te volerai dans ta cage
(Marie-Laurette Destin)
Illustration: Brad Kunkle
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

PAYSAGE DE RURALE DOULEUR
Des fruits tombent doucement sur la terre serrée
et le vieillard
au trop court capuchon d’enfant
suit le chemin
d’un pas menu jusqu’à l’extrême.
Un petit jardin de cives
tremblote sous les étoiles.
A l’habitation du tournant
une roue bleue au mur s’appuie,
le charron et ses aides
forment, mangeant debout, un groupe muet
semblant attendre pour réduire
dans un dernier effort
la misère et la peur du monde.
(Jean Follain)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

Je nous oublie dans une ville de désert de douleurs et d’hésitation.
Des exilés sans ailleurs des compagnons de silence.
Mes voyages se meurent au fond d’un tiroir.
Ici on met le temps dans des verres d’eau.
La vie ne dure pas.
Elle m’a raconté enveloppée dans ses rides,
enveloppée dans son âge
l’avoir vu partir avec des morts inconnus.
Jour indiscret.
Saison des larmes.
Ma raison de tristesse est là.
Il y a une fenêtre entre elle et moi,
il y a du savon pour laver nos désirs, nos exils, nos amputations.
Je pousse mes rideaux de futilité et de nécessaire.
(Emmelie Prophète)
Illustration: Vilhelm Hammershoi
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Séparation
Et puis, tu t’en iras. Je te verrai partir
Et je suivrai des yeux la voile qui t’emmène,
Retenant mes sanglots pour ne pas défaillir
Sous le poids accablant de mon immense peine.
Tu t’en iras! Nos mains se désenlaceront,
Et nous ne vivrons plus les minutes divines,
Où, si près l’un de l’autre et ton front sur mon front,
Nous entendions nos coeurs bondir dans nos poitrines.
Et devant ma douleur tu seras impuissant,
Toi, qui fus mon amour, ma joie et ma folie,
Et tu vas emporter la chaleur de mon sang,
Car je t’ai tout donné de ce qui fut ma Vie !
(Ida Faubert)
Illustration: Asit Kumar Patnaik
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Puisque le ciel t’envoie…
Puisque le ciel t’envoie
Fortune, amour et joie
Tu peux bien m’oublier;
Vis sans inquiétude,
Et dans ma solitude,
Pour toi, je vais prier.
Si le bonheur te quitte,
Reçois-tu la visite
De la sombre douleur,
Ami, pense à moi; vole
Vers celle qui console,
Viens pleurer sur mon coeur.
(Virginie Sampeur)
Illustration: Eric Fortune
Publié dans poésie | Tagué: (Virginie Sampeur), amour, bonheur, ciel, coeur, consoler, douleur, fortune, inquiétude, joie, oublier, pleurer, prier, quitter, s'envoyer, sombre | Poster un commentaire »