Articles Tagués ‘doux’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Rêve
Oh ! la fleur de lys !
La noble fleur blanche,
La fleur qui se penche
Sur nos fronts pâlis !
Son parfum suave
Plus doux que le miel
Raconte le ciel,
Console l’esclave.
Son luxe éclatant
Dans la saison douce
Pousse, pousse, pousse.
Qui nous orne autant ?
La rose est coquette ;
Le glaïeul sanglant
Mais le lys est blanc
Pour la grande fête.
Oh! le temps des rois,
Des grands capitaines,
Des phrases hautaines
Aux étrangers froids !
Le printemps s’apprête ;
Les lys vont fleurir.
Oh ! ne pas mourir
Avant cette fête.
(Charles Cros)
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Où les terriers connaissent
Des corps tremblants et doux,
Frêles comme du trèfle
(Guillevic)
Publié dans poésie | Tagué: (Guillevic), connaître, corps, doux, frêle, terrier, trèfle, trembler | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
UN MARIAGE
Un garçon comme ça se rencontre rarement :
bon comme le pain, vif comme la poudre,
fort comme un turc, doux comme un mouton.
Et une fille comme ça :
belle comme le jour, fraîche comme la rose,
pure comme l’or se rencontre rarement.
Eh bien, ils se rencontrèrent.
Ils ont une fille laide comme un pou
et une vie bête comme chou.
(Norge)
Publié dans poésie, méditations, humour | Tagué: (Norge), bête, belle, bon, chou, doux, fille, fort, fraîche, garçon, laide, mariage, mouton, or, pain, pou, poudre, pur, rarement, rencontrer, rose, turc, vie, vif | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Le sublime est un départ.
Quelque chose de nous qui au lieu
de nous suivre, prend son écart
et s’habitue aux cieux.
La rencontre extrême de l’art
n’est-ce point l’adieu le plus doux?
Et la musique: ce dernier regard
que nous jetons nous-mêmes vers nous!
(Rainer Maria Rilke)
Illustration: Michael Cheval
Publié dans poésie | Tagué: (Rainer Maria Rilke), adieu, art, écart, cieux, départ, doux, extrême, musique, nous, quelque chose, regard, rencontre, s'habituer, sublime, suivre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
L’âme oiseau
Souvent au-devant de nous
l’âme oiseau s’élance;
c’est un ciel plus doux
qui déjà la balance,
pendant que nous marchons
sous des nuées épaisses.
Tout en peinant, profitons
de son ardente adresse.
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Mensonge
Ils m’ont menti, ceux qui m’ont dit un jour je serais plus tranquille.
Ils m’ont trompée.
Rien ne meurt avec l’âge.
Ni l’envie d’amour, ni celle des baisers.
Et mon coeur fou me fait parfois oublier ce corps encombrant alourdi par les ans.
Si facilement séduit pourtant, si passe de trop près, un homme aux yeux trop doux.
Et je tressaille du même désir, cent fois retrouvé, quand un danseur me chavire, ses doigts agrafés à mon cou.
Quelle chaleur soudain m’envahit à un éclat de rire?
Me donne envie de mordre à pleines dents ces lèvres heureuses?
Ils m’ont menti.
Je ne fais deuil de rien.
J’ai dans mes jambes des envies de courses à perdre haleine
dans les broussailles inondées de soleil, vert et ciel mélangés, cheveux défaits, épaules nues au vent.
Des envies de culbutes aux membres emmêlés.
De baisers dont la saveur serait celle de la pulpe des mangues, et m’empliraient la bouche de leur sirop de miel.
D’une langue qui aurait la fraîcheur de l’eau d’une fontaine.
J’ai des envies de sexes durs comme du verre.
Des envies de peau chaude et d’aisselles dont je lècherais le sel, et plus bas encore dans l’odeur de fougère.
Je rêve à la brûlure si douce du sable à la plante des pieds.
Du cri arraché au plaisir comme celui de l’oiseau soudain désencagé.
J’ai dans mes mains des envies de caresses, dans mes oreilles le doux gémir qui suit une nuque frôlée.
Et vous passez sans me voir, laissant flotter autour de moi votre parfum de bête libre.
Sans savoir que mes yeux vous ont déjà appuyé contre ce mur, et mes bras cadenassé votre corps.
Que je vous ai de la tête aux pieds, comme une menthe, sucé.
N’avez-vous pas senti mes doigts dans vos cheveux?
Et du plus loin que je me garde, très loin de vous, lorsque je vous regarde, ne sentez-vous pas cette jouissance qui roule en moi?
Vous ne savez donc pas qu’ils m’ont menti,
ceux qui m’ont dit un jour, je serais plus tranquille?
(Michèle Voltaire Marcelin)
Illustration: Bill Viola
Publié dans poésie | Tagué: (Michèle Voltaire Marcelin), aisselle, épaule, brûlure, caresse, chaude, cheveux, culbute, désir, deuil, doux, emmêlé, envie, flotter, fontaine, fougère, fraîcheur, frôlée, gémir, heureuse, jouissance, lécher, manque, mensonge, mourir, nue, nuque, odeur, oiseau, parfum, peau, pulpe, rouler, sable, séduit, sexe, tranquille, tromper, vent | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 26 avril 2013

UNE PETITE FILLE PERDUE
Enfants de l’âge futur,
Lisant ces vers indignés,
Apprenez que, fut un temps,
Amour, le doux amour, fut tenu pour un crime.
Dans le temps de l’Âge d’Or,
Du froid de l’hiver exempts,
Gars et filles, rayonnant
Á la lumière sacrée,
S’ébattent nus aux rayons du soleil.
Un jour un couple de jeunes,
Empli du plus doux souci,
Se rencontre au beau jardin
Où la lumière sacrée
Venait d’ouvrir les rideaux de la nuit.
Là, dans le jour qui se lève,
Ils jouent tous les deux dans l’herbe ;
Les parents étaient au loin,
Aucun étranger ne vint,
Et la vierge eut tôt fait d’oublier ses frayeurs.
Puis, repus de doux baisers,
Ils se donnent rendez-vous
A l’heure où, au ciel profond,
Le sommeil sans bruit déferle,
Où pleure le voyageur épuisé.
Et la fille, radieuse,
Vint à son père tout blanc,
Mais l’amour lu dans ses yeux
Fit, comme le Livre Saint,
Trembler d’effroi ses membres délicats.
« Ona, faible et pâle,
A ton père parle.
Quelle peur tremblante,
Quel affreux souci
Secouent les fleurs de ma tête blanchie. »
***
A LITTLE GIRL LOST
Children of the future age,
Reading this indignant page,
Know that in a former time
Love, sweet love, was thought a crime.
In the Age of Gold,
Free from winter’s cold,
Youth and maiden bright
To the holy light,
Naked in the sunny beams delight.
Once a youthful pair,
Filled with softest care,
Met in garden bright,
Where the holy light
Had just removed the curtains of the night.
There in rising day
On the grass they play;
Parents were afar,
Strangers came not near,
And the maiden soon forgot her fear.
Tired with kisses sweet,
They agree to meet
When the silent sleep
Waves o’er heaven’s deep,
And the weary tired wanderers weep.
To her father white
Came the maiden bright,
But his loving look,
Like the Holy Book,
All her tender limbs with terror shook.
`Ona, pale and weak,
To thy father speak.
Oh, the trembling fear,
Oh, the dismal care,
That shakes the blossoms of my hoary hair.’
(William Blake)
Illustration: Raphaëlle Zecchiero
Publié dans poésie | Tagué: (William Blake), affreux, amour, âge d'or, étranger, baiser, blanchi, crime, déferler, doux, effroi, faible, fleur, frayeur, futur, hiver, indigne, jardin, jouer, lumière, nu, parler, perdue, petite fille, pleurer, radieuse, repus, s'ébattre, sacrée, sommeil, souci, tremblante, trembler, vierge | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 26 avril 2013
Lorsque j’étais oiseau
J’ai grimpé dans le karaka
Pour atteindre un nid fabriqué de feuilles
Mais doux comme un duvet.
J’ai inventé une chanson sans paroles
Qui s’est prolongée d’elle-même,
Ne devenant triste que vers la fin.
Des pâquerettes poussaient dans l’herbe au pied de l’arbre.
Pour les mettre à l’épreuve, je leur ai dit:
«Je vous couperai la tête et la donnerai à manger
A mes petits enfants.»
Mais elles refusèrent de me prendre pour un oiseau
Et restèrent grandes ouvertes.
Le ciel était comme un nid d’azur aux plumes blanches
Et le soleil était la mère oiseau qui le réchauffe.
Voilà ce que disait ma chanson sans paroles.
Le petit frère remonta l’allée en poussant sa brouette.
De ma robe je fis des ailes et restai immobile.
Quand il s’approcha, je criai: «Twit, twit…»
Un instant, il eut l’air étonné,
Puis il me dit: «Allons, tu n’es pas un oiseau;
Je vois tes jambes.»
Que m’importaient les pâquerettes?
Et que m’importait le petit frère?
Je savais bien, moi, ce que j’étais.
***
When I was a bird
I climbed up the karaka tree
Into a nest all made of leaves
But soft as feathers.
I made up a song that went on singing all by itself
And hadn’t any words, but got sad at the end.
There were daisies in the grass under the tree.
I said just to try them:
"I’ll bite off your heads and give them to my little children
to eat".
But they didn’t believe I was a bird;
They stayed quite open.
The sky was like a blue nest with white feathers
And the sun was the mother bird keeping it warm.
That’s what my song said: though it hadn’t any words.
Little brother came up the path, wheeling his barrow.
I made my dress into wings and kept very quiet.
Then when he was quite near I said: "Sweet, sweet !"
For a moment he looked startled;
Then he said: "Pooh, you are not a bird; I can see your legs".
But the daisies didn’t really matter,
And little brother didn’t really matter;
I felt just like a bird.
(Katherine Mansfield)
Illustration: Berthe Morisot
Publié dans poésie | Tagué: (Katherine Mansfield), arbre, azur, étonné, brouette, chanson, ciel, doux, duvet, feuille, fin, frère, grimper, immobile, jambe, nid, oiseau, pâquerette, triste | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 25 avril 2013

J’emporte comme un fardeau léger,
Comme une gerbe de fleurs et de feuilles,
Toute l’ombre de ton verger,
Toute la lumière de ton seuil;
Le poids est si doux qu’il m’enivre
D’un baiser de lys sur la bouche;
Faut-il donc tout ceci pour, enfin, que tu livres
L’aveu de ton âme farouche?
Il est bon de partir quand on aime,
Il est doux de se quitter ainsi:
Puisqu’on ne le sait qu’à ce prix
Et qu’on se découvre soi-même.
(Francis Vielé-Griffin)
Illustration: Júlia Fernández Sánchez
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013

Au bois dormant
Un peu de jour, un peu d’amour,
Un peu de soleil, comme en rêve,
Et son front et ces lys autour,
C’était chose fragile et brève.
Mais c’était si doux à souffrir
Parmi ces eaux, ces fleurs, ces palmes,
Qu’elle n’en pouvait pas mourir ;
Alors elle a clos ses yeux calmes.
Elle s’est endormie au fond
De mon coeur, sur ses mains tranquilles,
Et lys et roses même sont
Dans des silences immobiles.
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Vladimir Volegov
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), amour, bois, brève, calme, clos, coeur, dormant, doux, fleur, fragile, front, immobile, jour, lys, main, mourir, rose, s'endormir, silence, souffrir, tranquille, yeux | Poster un commentaire »