Le silence d’une étoile
échangé contre un peu d’eau
(Tahar Ben Jelloun)
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
Le silence d’une étoile
échangé contre un peu d’eau
(Tahar Ben Jelloun)
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Publié par arbrealettres le 8 mai 2013
Les feuilles qui dansent, ivres,
au bras du vent, n’échangeraient
leur place contre rien au monde.
(Christian Bobin)
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013
Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l’orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d’étoiles,
Contemplent l’occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d’un beau soleil couchant.
Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
Et l’immobilité se fait dans les roseaux
Que l’étang réfléchit au miroir de ses eaux.
En un parfum ému chaque fleur s’évapore
Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.
Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
Mon front se penchera vers ton front qui s’incline ;
Et nos baisers feront des concerts infinis,
Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
Et se demanderont quelle bergeronnette
Ou quel chardonneret est assez débauché
Pour faire l’amour quand le soleil s’est couché.
(François Coppée)
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Publié par arbrealettres le 6 mars 2013
Parfois, j’invite un pays lointain
dans mon château d’argile.
Nous échangeons nos vieux habits,
je deviens ce ruisseau
qui court trop vite vers la mer,
tandis que lui, un peu frileux,
écrit, près de mon feu,
de longs récits
que je lirai plus tard.
Il m’apporte des noms et des images
où tout recommence.
Puis, emportant vin et fromage,
il s’en retourne,
avec la dernière hirondelle,
retrouver ces fruits roses
dont le parfum est sous ma langue.
(Christian Da Silva)
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Publié par arbrealettres le 2 mars 2013
Insoluble contradiction :
le poème tente, avec des mots, une sortie de tout langage.
Je suis d’un seul côté du monde, dit le poète.
Mais pour autant, je ne suis pas prêt à échanger mon poème contre la seule réalité du symbole.
Il faut que je m’en sorte, avec les moyens qui sont les miens, pas contre eux.
Car à force de vouloir court-circuiter les opérations (douteuses ou défectueuses) du cerveau,
on en arrive (il faudrait dire : on en revient) à des automatismes-rois et à légitimer une élaboration zéro.
Il faut donc que je me fasse une idée neuve du sens,
lequel ne coïncide pas avec celui de tous les jours, qui guide la lecture.
Ni pour ni parce que, cela veut dire que le poème ne devient un milieu de réfraction propre
qu’en faisant reculer les limites existantes,
celle aussi bien du préalable qu’à l’autre bout, la preuve par l’utilité.
On n’écrit pas pour atteindre un lecteur.
On écrit quand on est soi-même devenu ce lecteur,
quand on est — tel le traducteur devant son original —
le premier lecteur de ce qu’on écrit (et donc pas le dernier).
(Dominique Grandmont)
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Publié par arbrealettres le 4 février 2013
Aimons-nous tranquillement, en pensant que nous pourrions,
Si nous le voulions, échanger baisers, étreintes et caresses,
Mais qu’il vaut mieux rester assis l’un près de l’autre
A écouter le cours du fleuve et à le voir.
Cueillons des fleurs, et toi prends-les puis garde-les
Entre tes bras, que le parfum rende ce moment doux -
Ce moment-ci où en toute quiétude nous ne croyons en rien,
Païens innocents de la décadence.
Au moins, si avant toi je suis une ombre, lors tu te souviendras de moi
Sans que mon souvenir te brûle ou te blesse ou t’émeuve,
Pour ce que nous n’avons jamais uni nos mains, ni joint nos lèvres,
N’ayant jamais été que des enfants.
Que si me devançant tu apportes l’obole au passeur ténébreux,
A nulle douleur ton souvenir ne me vouera. Douce,
Tu seras douce en ma mémoire, évoquée ainsi – au bord du fleuve,
Païenne triste et des fleurs sur le sein.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 25 décembre 2012
Si les coeurs
Pouvaient s’échanger
Mon amant apprendrait
Combien un amour non partagé
Est chose douloureuse!
(Anonyme)
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Publié par arbrealettres le 22 octobre 2012

mais l’arbre charnel
de désir absolu
tu l’as rêvé peut-être
sur le néant du monde
ô transparence de l’amour
tu l’as rêvé peut-être
mais qu’un signe contre temps
la présence et l’absence échangent leur sens
qu’importe si tu as rêvé
qu’importe si tu as rêvé
si ta fidélité prend nom d’oubli
l’arbre de sang prend corps
la brûlure est réelle
(Martine Broda)
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Publié par arbrealettres le 18 octobre 2012

L’écorce ne suffit pas. Elle roule
des échardes en surnombre, elle échangera
le moellon contre la sève,
le sang contre le tourbillon des vannes,
tandis que la feuille est picorée, tavelée
d’air, et combien de temps encore, ridée
ou enroulée, entre chien et loup,
pendant combien de temps risquera-t-elle
la hache pour se repaître de son avantage ?
(Paul Auster)
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