Articles Tagués ‘élan’
Publié par arbrealettres le 13 mai 2013

Confession
Les lambeaux de notre amour mitigé
Accrochés aux poutres de mes souvenirs
Imprimés en moi éternellement.
Ce savant mélange, ce savant désordre
Cette passion étonnée, détonnée
Cet étrange amalgame de souvenirs
Ce synchronisme parfait, cet élan
Ce lien spirituel, primitif, basique
Donnent à ma vie du relief.
Vie sacralisée, saturée, colorée.
Oui, je t’aime. Oh! Que je t’aime!
Les fibres de mon corps, tendues
Vers un seul être, une seule âme.
Mon grand amour, mon tout amour.
Pourtant, je te confesse:
L’obésité de mon amour pour toi,
Me bloque la respiration. Asphyxie.
Criw, craw, criw, craw!
Gorge raclée, souffle court!
Cet amour cataclysme m’anéantira
Cet amour volcan me consumera.
Si je dois t’aimer, je ne dois exister.
Je ne puis me résoudre à disparaître.
Je t’aimerai de loin, plus fort encore
(Nedjmhartine Vincent)
Illustration: Andrius Kovelinas
Publié dans poésie | Tagué: (Nedjmhartine Vincent), aimer, amalgame, amour, élan, éternellement, confession, consumer, désordre, disparaître, exister, fort, imprimé, lambeau, loin, poutre, relief, respiration, sacralisé, souffle, souvenir, spirituel, synchronisme, tendu, vie, volcan | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 1 avril 2013
Dans le pré qui vers l’eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
Il fuit vers la forêt prochaine.
Une touffe de marjolaine
L’arrête un peu. Faisant le guet,
Il entr’ouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge
Un bond brusque dans le foin rouge.
Et, n’entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.
(Jeanne Marvig)
Publié dans poésie | Tagué: (Jeanne Marvig), assis, élan, détaler, dévaler, guet, humer, inquiet, lapin, lune, marjolaine, nez, oeil, oreille, pré, rêver, saut | 12 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 16 février 2013
La mouette
La mouette, la mouette
n’est pas une pomme blette
ce n’est pas un canard blanc
qui aurait pris trop d’élan
C’est une fille volage
qui a le vent dans son corsage.
(Arthur Haulot)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Arthur Haulot), élan, canard, corsage, fille, mouette, pomme, volage | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 21 janvier 2013

J’ai peu de souffle et peu de force et moins d’élan
Mais je ne me presse plus. J’ai bien le temps d’attendre
Depuis qu’il se fait tard j’ai du temps devant moi
Je suis comme celui qui a fait sa journée
et réfléchit assis les mains à plat sur les genoux
aux choses qu’il veut faire et fera en leur temps
si la source du temps lui compte encore des jours
(Claude Roy)
Publié dans poésie | Tagué: (Claude Roy), élan, force, presser, réfléchir, souffle, source, temps | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 8 janvier 2013

CORPS NOCTURNE
Quand, la nuit, seul, dans les ténèbres,
fatigué de je ne sais quel épuisement
mon corps s’effondre et s’accommode
à l’impassible surface obscure
qui lui sert d’appui et de linceul,
je m’étends aussi et je me limite
au contour désarmé qui me livre
à l’île de l’oubli où l’on se perd.
Séparé de lui et fondu en lui,
je me souviens que je le porte tout le jour
comme prison de fièvre qui m’opprime,
comme lèvres qui tiennent d’autres discours,
comme instinct qui se moque de mes désirs
ou actions déliées de ma force ;
mais à le regarder ainsi, sans le distinguer,
indifférent dans son attitude de pierre,
tigre de bronze, mare de silence,
colonne de cynisme abattue,
figure aveugle dans sa leçon de mort :
je le vois comme une chair intruse,
comme mal d’une plaie étrangère,
complice d’un destin que je ne comprends pas,
mutisme que n’atteint pas ma parole,
bourreau dans l’anesthésie séquestré.
Et pour cela à me sentir divisé de lui,
et à la fois de son moule prisonnier,
j’analyse, je doute, je réfléchis
que ses murs chétifs qui me cernent
sont flamme orpheline, terre spoliée,
eau assujettie à des veines submergées,
et humeur sans air arraché au vent ;
je suis prisonnier d’éléments
en combustion profonde qui cherchent
à fondre les maillons qui les unissent
afin de retrouver la pureté intacte
du lieu universel où ils étaient libres :
la terre demande son repos à la terre,
l’air, son acrobatie diaphane,
le feu, le délice de sa flamme,
et l’eau, la blancheur de son givre,
sa voie ou le prodige d’être nuage.
À son côté, ailé mais enraciné,
je le touche, je l’examine du dedans :
intérieur d’une église ensanglantée,
arcs gothiques, jungles musculaires,
pulsion entrelacée de lierres,
labyrinthe de clarté, de coquelicots,
entrailles de crypte où se dissimule
la numérique blancheur du squelette.
Et moi, en plein milieu, juge et coupable,
envahisseur rebelle et envahi,
voir qui découvre et se découvre,
unité qui contemple ses parties,
questionnement privé de réponse,
spectateur qui souffre en son propre sang,
usure corporelle de qui lui viennent
ses réserves croissantes d’agonie.
Si je suis son maître, pourquoi me semble-t-il étrange au toucher ?
Détaché de moi, ombre d’un arbre,
écorce suffocante de mon angoisse,
pansement qui me dissimule, étaie fragile,
aimant qui me réunit et me diffuse,
matière que je porte et qui m’emporte.
Et je suis en lui, présent inévitable,
uni dans le monologue et l’attente,
grandi malgré lui et trahi
par ses mains, ses yeux, ses passions,
la brûlante angoisse de ses délires,
la brume de ses moments de naufrage
et les éclairs de son allégresse.
Du dedans au dehors, de la racine au faîte,
je m’appuie, je me soulève, je largue mes forces
pour creuser, pour terminer les murs
qui survivent de me garder prisonnier ;
las, un amour naît en moi et me retient,
un fanatisme du refuge vital
l’attachement de l’âme et des cellules,
l’intimité de la forme et du fond,
accouplant leurs aveugles surfaces ;
et je me résigne, paisible
dans la prison ajustée qui m’épouse
afin de continuer de former le noeud de fièvre
par lequel je sais qu’en vérité je suis.
Eau, terre, feu et air, en continuelle
aspersion de leurs cajoleries chimiques,
immergés dans la fougue de leurs appétits,
dans un enchaînement caché d’élans,
ordonnant et aspirant leurs limites,
faisant et défaisant ce qu’ils tracent,
se dévorant eux-mêmes, recréant
la seule valeur de leur structure
en oppositions, attirances et obstacles
parce qu’ils aiment, désirent, cherchent, bâtissent
l’agir persistant qui les rend
à leur forme d’origine.
Cette unité d’éléments, ce nid
de luttes physiques, d’incessantes
réactions, est mon seul appui,
la source tragique de la force
qui me soutient au fond de mes soliloques.
(Elías Nandino)
Illustration: Nicole Helbig
Publié dans poésie | Tagué: flamme, chercher, nuit, corps, forme, parole, comprendre, ténèbres, nocturne, nuage, attente, origine, unir, force, élan, givre, église, angoisse, maillon, lierre, enraciné, délire, soliloque, s'effondrer, divisé, tragique, prodige, monologue, (Elías Nandino), cajolerie | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 novembre 2012

La lumière que je sens
inonder mon cœur quand je te vois,
ne serait-elle une goutte de la lumière
procréée au tout premier jour
par cette autre lumière si profondément assoiffée de vie ?
Le néant gisait à l’agonie,
errant au gré des ténèbres, lorsque, tout à coup,
l’Inconnaissable fit signe :
« Que la lumière soit ! »
Un océan
et un grand tourbillon de lumière
prirent corps au même moment :
il sévissait une soif de péchés, de désirs, d’élans et de passions,
toute une soif de vie et de soleil.
Mais qu’est devenue cette aveuglante
lumière de l’époque – qui peut savoir ?
La lumière que je sens inonder
mon cœur quand je te vois – ô, sublime,
n’est peut-être que la dernière goutte
de la lumière procréée au tout premier jour.
(Lucian Blaga)
Illustration: Charles Courtney Curran
Publié dans poésie | Tagué: (Lucian Blaga), agonie, assoiffée, élan, coeur, désir, errer, goutte, inconnaissable, inonder, lumière, néant, océan, passion, pêche, prendre corps, procréer, sentir, signe, soif, sublime, ténèbres, tourbillon, tout à coup, vie, voir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 26 septembre 2012

QUAND JE REGARDE L’HORIZON BLEU…
Quand je regarde l’horizon bleu
Se perdre au loin,
À travers une gaze de poussière
Dorée et inquiète,
Il me paraît possible de m’arracher
De ce sol misérable,
De flotter avec la brume dorée
En atomes légers, -
Épars comme elle.
Quand, la nuit, je regarde dans le fond
Obscur du ciel
Les étoiles trembler comme d’ardentes
Pupilles de feu,
Il me paraît possible de monter d’un seul vol
Jusqu’où elles brillent,
De me noyer dans leur clarté, et,
Incendié de lumière,
Me fondre avec elles en un baiser.
Sur la mer du doute où je voyage
Je ne sais pas même en quoi je crois.
Cependant, cette inquiétude et ces élans me disent
Que je porte quelque chose
De divin en moi.
***
CUANDO MIRO EL AZUL HORIZONTE…
Cuando miro el azul horizonte
Perderse a lo lejos,
Al través de una gasa de polvo
Dorado e inquieto;
Me parece posible arrancarme
Del mísero suelo
Y flotar con la niebla dorada
En átomos leves
Cual ella deshecho.
Cuando miro de noche en el fondo
Oscuro del cielo
Las estrellas tremblar como ardientes
Pupilas de fuego;
Me parece posible a do brillan
Subir en un vuelo
Y anegarme en su luz, y con ellas
En lumbre encendido
Fundirme en un beso.
En el mar de la duda en que bogo
Ni aun sé lo que creo;
Sin embargo, estas ansias me dicen
Que yo llevo algo
Divino aquí dentro.
(Gustavo Adolfo Bécquer)
Publié dans poésie | Tagué: (Gustavo Adolfo Bécquer), arracher, atome, élan, bleu, briller, brume, divin, dorée, doute, feu, flotter, gaze, horizon, inquiétude, mer, nuit, obscur, poussière, pupille, regarder, se perdre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 22 septembre 2012

BÉGUINAGE FLAMAND
I
Au loin, le Béguinage avec ses clochers noirs,
Avec son rouge enclos, ses toits d’ardoises bleues
Reflétant tout le ciel comme de grands miroirs,
S’étend dans la verdure et la paix des banlieues.
Les pignons dentelés étagent leurs gradins
Par où monte le Rêve aux lointains qui brunissent,
Et des branches parfois, sur le mur des jardins,
Ont le geste très doux des prêtres qui bénissent.
En fines lettres d’or, chaque nom des couvents
Sur les portes s’enroule autour des banderoles,
Noms charmants chuchotés par la lèvre des vents :
La maison de l’Amour, la maison des Corolles.
Les fenêtres surtout sont comme des autels
Où fleurissent toujours des géraniums roses,
Qui mettent, combinant leurs couleurs de pastels,
Comme un rêve de fleurs dans les fenêtres closes.
Fenêtres des couvents ! attirantes le soir
Avec leurs rideaux blancs, voiles de mariées
Qu’on voudrait soulever dans un bruit d’encensoir
Pour goûter vos baisers, lèvres appariées !
Mais ces femmes sont là, le coeur pacifié,
La chair morte, cousant dans l’exil de leurs chambres;
Elles n’aiment que toi, pâle Crucifié,
Et regardent le Ciel par les trous de tes membres !
Oh ! le silence heureux de l’ouvroir aux grands murs,
Où l’on entend à peine un bruit de banc qui bouge,
Tandis qu’elles sont là, suivant, de leurs yeux purs,
Le sable en ruisseaux blonds sur le pavement rouge.
Oh ! le bonheur muet des vierges s’assemblant !
Et comme si leurs mains étaient de candeur telle
Qu’elles ne peuvent plus manier que du blanc,
Elles brodent du linge ou font de la dentelle.
C’est un charme imprévu de leur dire « ma soeur »
Et de voir la pâleur de leur teint diaphane
Avec un pointillé de taches de rousseur
Comme un camélia d’un blanc mat qui se fane.
Rien d’impur n’a flétri leurs flancs immaculés,
Car la source de vie est enfermée en elles
Comme un vin rare et doux dans des vases scellés
Qui veulent, pour s’ouvrir, des lèvres éternelles !
II
Cependant, quand le soir douloureux est défunt,
La cloche lentement les appelle à complies
Comme si leur prière était le seul parfum
Qui pût consoler Dieu dans ses mélancolies !
Tout est doux, tout est calme au milieu de l’enclos;
Aux offices du soir la cloche les exhorte,
Et chacune s’y rend, mains jointes, les yeux clos,
Avec des glissements de cygne dans l’eau morte.
Elles mettent un voile à longs plis; le secret
De leur âme s’épanche à la lueur des cierges
Et quand passe un vieux prêtre en étole, on croirait
Voir le Seigneur marcher dans un jardin de Vierges !
III
Et l’élan de l’extase est si contagieux,
Et le coeur, à prier, si bien se tranquillise,
Que plus d’une, pendant les soirs religieux,
L’été répète encore les Ave de l’église.
Debout à sa fenêtre ouverte au vent joyeux
Plus d’une, sans ôter sa cornette et ses voiles,
Bien avant dans la nuit, égrène avec ses yeux
Le rosaire aux grains d’or des priantes étoiles !
(Georges Rodenbach)
Illustration: Winston Churchill
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Rodenbach), amour, autel, ave, élan, étoile, baiser, béguinage, bonheur, charmé, clocher, consoler, corolle, couvent, crucifié, cygne, Dieu, douloureux, doux, encensoir, extase, fenêtre, fleur, fleurir, jardin, joyeux, lèvres, paix, pastel, pur, rêve, religieux, rideaux, rosaire, rouge, secret, seigneur, soeur, vent, vierge, voile | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 22 juillet 2012
Femmes
La sainte du vitrail se gratte,
sort du corsage un sein
dont le bourgeon
s’enfle comme au printemps
l’annonce d’une rose.
Ah, quelle fleur de chair,
quelle tendre blessure
ici dans le secret de l’ombre se prépare?
Et sur la bouche qui s’entrouvre -
lèvres mordues,
sang vierge qui rutile -
quel songe rôde
dont le baiser l’embrase?
Sur son lit, la fille de joie,
souillée de sueur et de morsures,
dans la nuit chevelure s’endort,
se voit en rêve
grosse d’un dieu
qui bouge, qui la fend,
l’irrigue de lumière.
Femmes, je vous allie
d’un même élan, d’un même
amour,
dans la splendeur indivisée de l’aube.
(Jean Joubert)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean Joubert), allier, amour, annonce, aube, élan, baiser, blessure, chair, chevelure, corsage, Dieu, embraser, femme, fendre, fille de joie, fleur, grosse, irriguer, lèvres, lumière, mordue, morsure, rêver, rose, rutiler, s'endormir, sainte, se gratter, secret, sein, souillée, splendeur, sueur, tendre, vierge, vitrail | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 juin 2012
D’un même élan
l’Univers se fait
se défait
Ses volumes éclatent :
en poussières angles traits
oiseaux de fer brûlures
rocs mordus par les tempêtes
La confusion fourmille
Quelques sentiers de lumière
sabrent ces tourbillons
les pacifient.
(Andrée Chédid)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Andrée Chédid), éclater, élan, brûlure, confusion, oiseau, pacifier, poussière, sabrer, sentier, tourbillon, univers | Poster un commentaire »